
Des ministres français condamnent les propos antisémites d'une tenancière de buvette aux Deux Alpes, une enquête ouverte
Une vidéo virale montrant une tenancière de buvette à la station de ski des Deux Alpes en Isère disant à un client juif « vous êtes trop nombreux » a suscité la condamnation de deux ministres français et l'ouverture d'une enquête pénale par le parquet de Grenoble le samedi 15 août.
Vidéo virale aux Deux Alpes
Une vidéo postée vendredi 14 août sur X par le compte « Jugé coupable », qui se présente comme luttant contre la haine en ligne, a capté un échange entre la tenancière d'une buvette et un client à la station de montagne des Deux Alpes en Isère. La femme dit au client que « la communauté juive, vous êtes trop nombreux » et que « à un moment donné, ça lasse les gens ». Lorsque le client demande « Et alors ? », une femme à proximité défend la tenancière, affirmant : « C'est son commerce, elle fait ce qu'elle veut, ce sont ses chaises et ses tables. » Le client rétorque qu'il existe des lois contre la discrimination fondée sur la religion, à quoi la tenancière répond « Alors déformez les choses » avant d'être interrompue. La vidéo, estampillée du label « Balance ton antisémite », a dépassé 790 000 vues vers 18 h 30 samedi et plus de 870 000 vues plus tard dans la soirée, selon Mediapart. Le Parisien a rapporté plus de 660 000 vues plus tôt dans la journée.
- Samedi (Le Parisien)
- 660000 vues
- Samedi ~18h30
- 790000 vues
- Samedi après 21h00
- 870000 vues
Réponse du gouvernement
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé sur X samedi 15 août que la gendarmerie nationale avait ouvert une enquête en coordination avec le parquet.
La personne concernée devra répondre des propos tenus, que je condamne fermement, et qui n'ont pas leur place dans notre République.
Aurore Bergé, ministre de la Lutte contre les discriminations, a publié un communiqué séparé sur X, déclarant qu'aucun acte antisémite ne pouvait être toléré et que « l'antisémitisme et le racisme ne sont pas des opinions mais des délits ». Bergé a indiqué avoir demandé au préfet de l'Isère de signaler immédiatement les faits au procureur de la République en vertu de l'article 40 du code de procédure pénale. Elle a ajouté qu'elle interviendrait « systématiquement pour ne rien laisser passer et rappeler notre droit et nos valeurs ».
Aucun acte antisémite, aucun acte raciste, aucun acte de haine ne saurait être toléré.
- Vidéo postée sur X par le compte « Jugé coupable » montrant des propos antisémites de la tenancière de buvette aux Deux Alpes
- Le ministre de l'Intérieur Nuñez annonce une enquête de la gendarmerie sur X ; Bergé condamne les propos et demande un signalement au titre de l'article 40
- La suspecte entendue par la gendarmerie, reconnaît les propos, explique le contexte
- Le parquet de Grenoble confirme l'enquête pour provocation publique à la haine
Procédure judiciaire
Le parquet de Grenoble a confirmé samedi soir qu'une enquête avait été ouverte pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine ou de la religion », confiée à la brigade de gendarmerie des Deux Alpes. La suspecte a été entendue samedi après-midi et a « reconnu les propos tenus, en expliquant le contexte dans lequel ils ont été prononcés », a indiqué le parquet dans un communiqué. Aucune décision n'avait été prise à l'issue de son audition, « dans la mesure où des témoins doivent encore être entendus ». Bergé avait indiqué plus tôt que la tenancière, identifiée comme l'auteure des propos, avait été convoquée pour être auditionnée par la gendarmerie nationale samedi après-midi.
Contexte de la station et incident précédent
Les Deux Alpes est une destination estivale prisée des membres de la communauté juive orthodoxe, et la station accueille chaque année en août le séminaire d'été Beth Loubavitch, attirant des centaines de participants de toute la France, selon Le Dauphiné Libéré. La mairie de la commune a publié un message sur Facebook samedi soir, rappelant les « valeurs d'ouverture, de respect et d'inclusion » et notant que les « circonstances précises » de l'incident restaient à établir par les enquêteurs. Le gouvernement avait déjà condamné « avec la plus grande fermeté » des menaces antisémites proférées contre un couple australien par un ressortissant irlandais dans un supermarché d'Avignon jeudi, deux jours avant la diffusion de la vidéo des Deux Alpes.


