
Selon une enquête Ipsos, un tiers des Polonais acceptent les châtiments corporels infligés aux enfants
Une nouvelle enquête Ipsos révèle que 32 % des adultes polonais tolèrent encore les châtiments corporels dans certaines circonstances, alors que des associations de protection de l'enfance lancent à Varsovie une campagne nationale de sensibilisation de six semaines.
Résultats de l'enquête sur les châtiments corporels et verbaux
Le 5 octobre 2026, la fondation Dajemy Dzieciom Siłę et Ipsos Pologne ont présenté le Baromètre des attitudes face à la maltraitance infantile 2026 lors d'une manifestation d'ouverture à la Diète, à Varsovie. L'enquête montre que 32 % des Polonais considèrent encore les châtiments corporels comme acceptables dans certaines situations, alors que ceux-ci sont interdits en Pologne depuis 2010. La connaissance de cette interdiction légale reste limitée : seuls 53 % des sondés déclarent savoir que frapper un enfant est interdit par la loi. À l'inverse, 65 % des répondants affirment que la violence physique contre les enfants ne devrait jamais être utilisée, quelles que soient les circonstances.
L'acceptation des châtiments psychologiques reste nettement plus élevée dans le pays. Seuls 20 % des sondés estiment qu'il ne faudrait jamais crier sur un enfant, tandis que 75 % jugent les cris acceptables dans certaines circonstances.
Témoignages d'incidents et obstacles à l'intervention
L'étude a mesuré l'exposition du public aux mauvais traitements infligés aux enfants au cours des douze mois précédents. Parmi les répondants, 68 % ont déclaré avoir vu un adulte crier sur un enfant, 25 % avoir vu un enfant insulté et 18 % avoir assisté à des châtiments corporels infligés à un enfant. Les témoins ont réagi avec des degrés d'intervention variables selon le type de comportement observé.
- Adulte criant sur un enfant
- 68 %
- Enfant insulté
- 25 %
- Châtiment corporel
- 18 %
Face à la violence physique, 50 % des répondants sont intervenus en s'adressant directement à l'adulte. Pour les insultes, 45 % des témoins sont intervenus, contre seulement 22 % en cas de cris. Parmi ceux qui ont assisté à des cris, 38 % n'ont pris aucune mesure. La principale raison invoquée pour ne pas intervenir, toutes catégories confondues, est la conviction que l'éducation des enfants relève de la sphère privée des parents : cette justification est avancée par 35 % des témoins de châtiments corporels, 41 % des témoins de cris et 36 % des témoins de comportements insultants.
- Châtiment corporel
- 50 %
- Enfant insulté
- 45 %
- Adulte criant sur un enfant
- 22 %
Effets de la violence psychologique sur le développement
Les experts participant à la campagne ont souligné que l'agressivité verbale et les mauvais traitements émotionnels causent des dommages durables au développement neurologique de l'enfant. Renata Szredzińska, vice-présidente de la fondation Dajemy Dzieciom Siłę, a indiqué que l'exposition à un stress constant déclenche des libérations de cortisol qui altèrent les fonctions cognitives, les relations avec les pairs et les résultats scolaires.
Szredzińska a évoqué l'impact invisible de l'agressivité verbale :
La violence psychologique ne laisse pas de traces sur le corps de l'enfant, elle est donc plus difficile à repérer. Or, à long terme, ses conséquences peuvent être encore plus graves et plus dangereuses que celles de la violence physique, y compris la gifle.
Szredzińska a ajouté que les enfants qui subissent des humiliations répétées ou de l'agressivité verbale développent souvent une moindre estime d'eux-mêmes et adoptent des schémas comportementaux hostiles.
Déploiement de la campagne nationale de sensibilisation
Les résultats de l'enquête accompagnent le lancement de la troisième édition de la campagne Enfance sans violence, coordonnée conjointement par la fondation Dajemy Dzieciom Siłę et la Coalition nationale pour la protection de l'enfance sous le slogan « La violence prive les enfants de leur force ». L'initiative de six semaines comprend des milliers d'ateliers locaux, de réunions éducatives et de discussions communautaires à travers la Pologne pour promouvoir une éducation non violente.
- Lancement de la campagne à la Diète, en parallèle de la présentation de l'enquête Ipsos
- Clôture de la campagne avec l'illumination en rouge de bâtiments publics à travers la Pologne
L'initiative s'achèvera le 19 novembre 2026 par une manifestation nationale au cours de laquelle des bâtiments publics à travers la Pologne s'illumineront en rouge pour symboliser l'opposition à la maltraitance infantile.
