Le tribunal valide la reprise de Duralex par Cédric Meston, 155 emplois sur environ 220 préservés
Le tribunal de commerce d'Orléans a validé mercredi 14 octobre le plan de reprise porté par la holding Tomé de Cédric Meston, qui prendra les rênes de la verrerie. Le plan préserve 155 emplois sur environ 220 sur le site de La Chapelle-Saint-Mesmin et s'appuie sur un financement de 16 millions d'euros.
Une reprise validée par la justice
Mercredi 14 octobre, le tribunal de commerce d'Orléans a validé le plan de reprise présenté par Cédric Meston, qui contrôlera la verrerie via sa holding Tomé. Le plan préserve 155 emplois sur les quelque 220 du site de La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret, dont plus de 70 % des contrats à durée indéterminée. Le tribunal a statué deux jours après la dernière audience, alors que deux offres lui étaient soumises. Meston a déclaré à l'AFP que l'issue était scellée.
C'est gagné ! Nous sommes les nouveaux propriétaires de Duralex.
Meston, 32 ans, a cofondé la start-up de substituts de viande végétale HappyVore et a repris Tupperware France en 2025. Duralex avait été placée en redressement judiciaire le 1er juin, et la décision du tribunal met fin à des semaines d'incertitude sur l'avenir de l'entreprise.
Financement et direction
Le plan de financement s'élève à 16 millions d'euros, dont 6 millions de soutien public. Ce soutien comprend des prêts de la région Centre-Val de Loire et d'Orléans Métropole, ainsi que des financements de l'État. Le milliardaire Xavier Niel est associé au projet via sa holding NJJ Capital.
- Financement total
- 16 millions d'euros
- Soutien public
- 6 millions d'euros
Silham El Kasmi devient le nouveau directeur général de Duralex, après 23 ans chez Saint-Gobain puis chez Saur. Meston a indiqué qu'il adapterait la production aux ventes futures et renouvellerait la gamme pour répondre à l'évolution des attentes des consommateurs. Évoquant la responsabilité qui lui incombe désormais, il a déclaré :
C'est une vraie responsabilité ; nous ferons tout pour en être à la hauteur et rendre l'entreprise pérenne dans le temps.
Une offre rivale et l'historique de l'entreprise
Une seconde offre, portée par le groupe Carlesimo, proposait de reprendre 129 salariés et n'a pas été retenue. Le tribunal a tranché entre les deux candidatures.
- Plan Meston
- 155 salariés
- Offre du groupe Carlesimo
- 129 salariés
Duralex, fondée en 1945 et connue pour sa vaisselle quasi incassable, avait été fragilisée par la hausse des prix de l'énergie, qui a contraint à de longs arrêts des fours. En septembre 2024, le tribunal d'Orléans avait validé une reprise par les salariés, organisés en coopérative. Moins de deux ans plus tard, ce montage a échoué et l'entreprise a été placée en redressement judiciaire pour la cinquième fois en une vingtaine d'années.
- Le tribunal d'Orléans valide une reprise de Duralex par les salariés en coopérative
- Duralex est placée en redressement judiciaire, sa cinquième fois en une vingtaine d'années
- Le tribunal valide le plan de reprise de Cédric Meston, préservant 155 emplois
- Conversion prévue du four à gaz à une technologie 100 % électrique
Projets pour le site et réactions
Le plan prévoit une conversion à 100 % électrique du four à gaz d'ici 2029, ce qui, selon la holding, éliminerait l'essentiel des émissions de CO2 du site. La consommation d'énergie pèse actuellement sur l'entreprise, à près de 20 % de son chiffre d'affaires. Meston a qualifié la décarbonation de « l'une des priorités » du site.
Un technicien de maintenance, 24 ans d'ancienneté dans l'entreprise, a indiqué que les salariés attendraient de voir la suite et ne voulaient pas de faux espoirs. Le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien Martin, s'est félicité de la décision dans un message, y voyant un nouveau chapitre pour le savoir-faire industriel de l'entreprise.