
L'UE trouve un accord sur les droits des passagers aériens : bagage à main inclus dans le tarif de base, seuils d'indemnisation maintenus
Après plus d'une décennie de blocage, l'UE est parvenue à un accord de réforme obligeant les compagnies aériennes à afficher un tarif de base incluant le bagage à main, tout en maintenant inchangée l'indemnisation pour les retards de vol.
L'accord historique
Après plus d'une décennie de blocage, les États membres de l'UE ont approuvé le 12 juin un accord politique qui remanie les droits des passagers aériens. L'accord a été conclu entre les négociateurs du Conseil et du Parlement et doit désormais passer un vote final en commission au Parlement européen lundi 15 juin. La réforme entrera en vigueur douze mois après son adoption formelle.
Bagage à main et tarification
Les compagnies aériennes seront tenues d'afficher un tarif de base incluant par défaut un bagage à cabine (trolley). Les passagers qui choisissent de voyager sans ce type de bagage peuvent bénéficier d'une réduction. L'accord ne va pas jusqu'à reconnaître un droit inconditionnel à un bagage à cabine gratuit, mais garantit que chaque passager peut emporter à bord au moins un petit effet personnel (par exemple un sac à main ou une pochette pour ordinateur portable de dimensions maximales 40×30×15 cm) sans frais supplémentaires.
Il est parfaitement légal de proposer un tarif moins cher aux passagers qui n'emportent qu'un bagage à main.
Le bagage à main gratuit est un droit reconnu des passagers, comme l'ont défendu des dizaines de décisions de justice en Espagne et comme l'a énoncé un arrêt de la CJUE, sur lequel le ministère de la Consommation a fondé ses sanctions à l'encontre de cinq compagnies aériennes low-cost.
Seuils d'indemnisation inchangés
La réforme maintient les règles existantes qui déclenchent une indemnisation après un retard de vol de trois heures. Les montants restent de 250 € pour les vols jusqu'à 1 500 km, 400 € pour les trajets intra-UE de 1 500 à 3 500 km et 600 € pour toutes les autres liaisons. Le ministère espagnol de la Consommation a critiqué l'absence de mise à jour des montants, notant qu'ils sont gelés depuis 20 ans.
- Jusqu'à 1 500 km
- 250 €
- 1 500–3 500 km (intra-UE)
- 400 €
- Plus de 3 500 km
- 600 €
Placement familial et protection des personnes handicapées
L'accord interdit aux compagnies aériennes de facturer des frais supplémentaires aux familles ou aux personnes dépendantes pour garantir qu'elles soient assises ensemble. Un responsable de la présidence chypriote a qualifié le résultat de « pragmatique et équilibré ». Le texte renforce également les droits en cas d'embarquement refusé et propose des systèmes de bons d'échange plus équitables et des protections pour les billets retour.
Aucun accord n'est jamais parfait, mais l'accord des ambassadeurs montre pourquoi le Parlement s'est battu si dur : des droits des passagers plus clairs, des sièges gratuits pour les familles, une meilleure protection des personnes handicapées, des bons d'échange plus équitables et une meilleure protection des billets retour.
Opposition et prochaines étapes
L'Espagne et la Lettonie ont voté contre l'accord en commission du Conseil, tandis que la Finlande et l'Autriche se sont abstenues. L'association des compagnies aériennes ALA s'est félicitée de l'accord, arguant qu'environ 40 % des passagers des transporteurs sanctionnés ne transportent pas de bagage à roulettes et que l'obligation d'inclusion n'est pas conforme aux règles de l'UE sur les services optionnels. La commission de conciliation du Parlement votera lundi après-midi ; si elle est approuvée, le règlement entrera en vigueur 12 mois plus tard.
- La commission du Conseil approuve l'accord, malgré les votes contre de l'Espagne et de la Lettonie
- Vote de la commission de conciliation du Parlement


