Plusieurs centaines de personnes marchent pour Adama Traoré pour le 10e anniversaire de sa mort, alors que sa famille cherche justice en Europe
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi à Persan et Beaumont-sur-Oise pour marquer une décennie depuis la mort d'Adama Traoré en garde à vue, alors que sa famille a promis de porter son combat devant la Cour européenne de justice après que les tribunaux français ont classé l'affaire.
Une décennie de deuil
Le 19 juillet 2016, Adama Traoré, un homme noir de 24 ans, est mort après avoir été interpellé par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise. Dix ans plus tard, samedi 4 juillet 2026, plusieurs centaines de personnes ont marché de Persan à Beaumont-sur-Oise dans une atmosphère calme et festive, scandant « Justice pour Adama, on n'oublie pas » et « Pas de justice, pas de paix ». Les organisateurs ont également lu les noms d'autres personnes tuées ou blessées par les forces de l'ordre ces dernières années. Plus tôt dans la journée, une plaque portant le nom d'Adama Traoré a été installée près de la mairie où il a été arrêté.
La justice française a prononcé un non-lieu, mais nous connaissons tous la vérité. Nous savons que ces gendarmes sont responsables de la mort d'Adama Traoré.
Impasse judiciaire
Début 2026, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu en faveur des gendarmes, rendant la décision définitive. La famille a constamment rejeté cette issue. Assa Traoré, devenue une figure de proue de la lutte contre les violences policières en France, s'est adressée à la foule devant la gendarmerie où son frère est mort.
Nous avons pris dix ans et nous en prendrons dix de plus pour mener d'autres combats, pour continuer la lutte.
Recours européen
Les voies judiciaires françaises étant épuisées, la famille espère désormais obtenir une condamnation de la France devant la Cour européenne de justice. La marche a servi à la fois de commémoration et de tremplin pour cette prochaine phase.
- Adama Traoré meurt après son interpellation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise
- La Cour de cassation confirme le non-lieu, mettant fin aux procédures judiciaires françaises
- Une plaque au nom d'Adama Traoré est installée près de la mairie de Beaumont-sur-Oise
- Plusieurs centaines de personnes marchent ; Assa Traoré annonce que la famille demandera une condamnation de la France devant la Cour européenne
Une loi qui alarme
Le rassemblement a été assombri par une proposition de loi du parti Les Républicains (LR) qui établirait une présomption de légitime usage des armes par les forces de l'ordre. Ce texte a suscité une vive inquiétude parmi les participants. Assa Traoré a prévenu qu'une telle loi entraînerait davantage de morts.
Il y a encore des Adama Traoré ! Il y a eu des morts après Adama Traoré et il y en aura d'autres.
Le député LFI Éric Coquerel, qui a participé à la marche aux côtés de plusieurs élus de gauche, a appelé à la mobilisation pour bloquer ce texte. Une pétition exhortant les députés à rejeter le projet de loi a également été diffusée.
Si cette loi passe, ce ne seront plus des dizaines de morts que nous pleurerons, mais des centaines.


