
Trois directeurs d'usines d'armement publiques roumaines placés en détention par les procureurs anticorruption pour corruption
Mihai Rafiu, Tiberiu Alexandru Pîrvu et Liliana Sorescu ont été placés en garde à vue dans la nuit et comparaîtront vendredi 24 juillet devant un tribunal pour des allégations de corruption dans des filiales du géant public de la défense Romarm.
Les gardes à vue
Les procureurs de la Direction nationale anticorruption (DNA) ont placé en détention trois directeurs d'usines d'armement publiques dans la nuit du 24 juillet 2026, les accusant d'avoir accepté des pots-de-vin. Il s'agit de Mihai Rafiu, directeur de l'Uzina Mecanică București (UMB) depuis 2017 ; Tiberiu Alexandru Pîrvu, directeur de l'Uzina Mecanică Plopeni (UMP) depuis 2023 ; et Liliana Sorescu, directrice commerciale de l'UMP. Une quatrième personne, décrite comme un représentant d'entreprises privées, a également été placée en garde à vue. Les détentions ont fait suite à des perquisitions menées jeudi dans les usines de Bucarest et Plopeni, ainsi que dans deux unités à Cugir. Les suspects doivent être présentés vendredi au Tribunal de Bucarest, où les procureurs demanderont leur placement en détention provisoire. La DNA n'a pas publié de déclaration officielle sur l'affaire.
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Rafiu, diplômé de l'Université polytechnique de Bucarest avec un master en gestion de l'information pour la sécurité nationale, a passé toute sa carrière à l'UMB, passant de mécanicien en 1983 à directeur. Pîrvu a commencé comme fraiseur à Plopeni avant d'occuper des postes de directeur commercial et général.
Les usines et leurs finances
L'UMB et l'UMP sont toutes deux des filiales de Romarm, le holding national de la défense. L'UMB assemble et modernise des véhicules blindés, notamment le char TR-85M1 et le transporteur Piranha V construit avec General Dynamics Land Systems. L'UMP produit des munitions d'artillerie et de calibre moyen, des composants pyrotechniques et des contre-mesures. En 2025, l'UMB a déclaré un chiffre d'affaires de 344 millions de lei (bénéfice de 12,5 millions de lei) avec près de 200 employés, tandis que l'UMP a affiché 108,5 millions de lei de chiffre d'affaires (bénéfice de 10,6 millions de lei) et 410 employés. Les deux entreprises supportent de lourdes dettes envers le budget de l'État : 115,5 millions de lei pour l'UMB et 72,6 millions de lei pour l'UMP.
- Uzina Mecanică București
- 344 millions de lei
- Uzina Mecanică Plopeni
- 108.5 millions de lei
L'usine de Plopeni avait déjà été impliquée dans une affaire de corruption en 2022, lorsqu'un directeur commercial et un conseiller juridique avaient été accusés de trafic d'influence pour avoir prétendument reçu de l'argent et des biens d'un homme d'affaires en échange de l'approbation de paiements et du maintien de relations commerciales.
Romarm réagit
Răzvan Pîrcălăbescu, le directeur de Romarm, a déclaré à G4Media que l'entreprise n'avait pas été officiellement informée de l'action de la DNA.
Nous soutenons toute action des institutions de l'État. Je souhaite que l'industrie de la défense devienne un pôle économique fort. Je n'ai reçu aucune position officielle sur ce sujet de quiconque.
Dans une déclaration distincte, Romarm est allé plus loin, accusant le ministère de l'Économie, de la Digitalisation, de l'Entrepreneuriat et du Tourisme (MEDAT) d'inaction. L'entreprise a indiqué avoir signalé à plusieurs reprises au ministère les déficiences de ses filiales et avoir élaboré des solutions qui ont été discutées et convenues avec le gouvernement et l'administration présidentielle, puis approuvées par le conseil d'administration de Romarm et envoyées au MEDAT pour approbation finale en avril 2026.
À ce jour, le ministère de l'Économie n'a pris aucune décision et nous ne savons pas s'il en prendra.
Romarm a averti que le processus de démantèlement des actifs dans ses filiales se poursuivrait à moins que le ministère n'engage les mesures nécessaires pour relancer l'industrie de la défense. Il a assuré aux partenaires que les contrats en cours et l'activité opérationnelle légitime n'étaient pas affectés.
Perquisitions à Cugir
La DNA a également mené des perquisitions à l'Uzina Mecanică Cugir et à la Fabrica de Arme Cugir, deux autres filiales de Romarm. Mircea Trifan, le directeur de l'usine mécanique de Cugir, a confirmé que les enquêteurs s'étaient rendus à la fois dans l'unité et à son domicile.
Un contrôle de la DNA, ils ont pris des documents. Je suis visé parce que je suis le directeur. Il s'agit de quelques achats de matériel électrique.
Prochaines étapes
Les trois directeurs doivent comparaître devant un juge du Tribunal de Bucarest plus tard dans la journée du 24 juillet. Si le tribunal accepte la demande des procureurs, ils seront placés en détention provisoire. La DNA n'a pas encore détaillé publiquement les allégations de corruption.

