En bref
La température moyenne mondiale de l'air en surface a atteint 15,81 °C, soit 0,55 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020 et 1,42 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Seul mai 2024 a été plus chaud dans les relevés remontant à 1940.
Un passage rapide de conditions fraîches à des conditions estivales a apporté des températures mensuelles record et des conditions difficiles en France, au Royaume-Uni, en Irlande et au Portugal.
Le Pacifique équatorial passe de conditions neutres à des conditions El Niño, avec une probabilité de 82 % de transition d'ici juillet 2026 et une probabilité supérieure à 90 % qu'il persiste jusqu'à la fin de l'année.
Les températures de surface de la mer dans le Pacifique tropical ont été inhabituellement élevées en mai, contribuant à l'anomalie de température mondiale.
Copernicus a averti que la canicule précoce illustre comment les phénomènes climatiques extrêmes passent d'exceptions à la nouvelle norme, conformément à la tendance au réchauffement rapide de l'Europe.
- 1 juinIndice ENSO en phase neutre à 0,5 °C au-dessus de la moyenne ; l'IPMA publie une mise à jour
- juin 2026Les modèles de prévision montrent le début de la transition vers El Niño (probabilité de 82 % d'ici juillet)
- décembre 2026Les conditions El Niño devraient persister jusqu'à la fin de l'année (probabilité supérieure à 90 %)
Record de température mondial
Mai 2026 a été le deuxième mois de mai le plus chaud jamais enregistré à l'échelle mondiale, à la fois sur terre et en mer, selon le service Copernicus sur le changement climatique (C3S) de l'UE. La température moyenne mondiale de l'air en surface a atteint 15,81 °C, soit 0,55 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020 pour le mois. Seul mai 2024 a été plus chaud dans l'ensemble de données ERA5, qui remonte à 1940. La température du mois était de 1,42 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle estimée pour 1850-1900.
« Mai 2026 a été le deuxième mois de mai le plus chaud jamais enregistré à l'échelle mondiale, prolongeant la période de chaleur exceptionnelle dans le monde, avec des températures proches des records à la fois dans l'atmosphère et dans l'océan. En Europe, une canicule inhabituellement précoce et intense montre à quelle vitesse les phénomènes climatiques extrêmes deviennent la nouvelle norme, plutôt qu'une exception. »
Une canicule précoce en Europe de l'Ouest
Le mois a été marqué par une transition rapide de conditions beaucoup plus fraîches que la moyenne à l'une des canicules les plus intenses jamais observées si tôt dans l'année en Europe de l'Ouest. En quelques jours, le continent est passé d'un temps relativement frais à des températures typiques du milieu de l'été. Copernicus a noté que la situation est devenue « particulièrement difficile » en France, au Royaume-Uni, en Irlande et au Portugal, où les thermomètres ont grimpé bien au-dessus des normes saisonnières et où de nombreux nouveaux records mensuels ont été établis.
Températures océaniques et El Niño approchant
Les températures de surface de la mer ont été exceptionnellement élevées dans le Pacifique tropical en mai, alors que le Pacifique équatorial poursuit sa transition vers des conditions El Niño. El Niño est un phénomène naturel, apparaissant tous les deux à sept ans, dans lequel l'affaiblissement des alizés entraîne un réchauffement des eaux dans l'est du Pacifique. Ses effets incluent une hausse des températures mondiales et des régimes de précipitations irréguliers, apportant la sécheresse dans certaines régions et de fortes pluies dans d'autres.
Prévisions El Niño pour les mois à venir
L'Institut portugais de la mer et de l'atmosphère (IPMA) a publié une mise à jour le 1er juin montrant que l'indice ENSO reste en phase neutre, avec une valeur de 0,5 °C au-dessus de la moyenne. Les modèles de prévision saisonnière indiquent une transition de la phase neutre à des conditions El Niño entre juin et juillet 2026, avec une probabilité de 82 %. Le phénomène devrait persister jusqu'à la fin de l'année 2026, avec une probabilité supérieure à 90 %. L'IPMA s'attend à une manifestation modérée à forte, amplifiée par la crise climatique, tout en précisant que les effets au Portugal ne sont ni directs ni facilement prévisibles.
Une tendance à long terme
Copernicus a souligné que la canicule de mai, bien que remarquable, s'inscrit dans le schéma plus large d'un réchauffement rapide de l'Europe et d'une tendance à long terme vers des canicules plus fréquentes, plus intenses et survenant plus tôt dans la saison. Le bulletin climatique mondial mensuel de l'institut a noté que les événements extrêmes deviennent la norme. Les données soulignent la pression soutenue exercée sur le système climatique par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz depuis l'ère préindustrielle.