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Deux militants de Code Rouge placés sous surveillance électronique après 19 perquisitions ; 15 arrestations ; 56 organisations dénoncent la « criminalisation des mouvements sociaux »

La police belge a mené mercredi 19 perquisitions visant des militants de Code Rouge, arrêtant 15 personnes et plaçant deux d'entre elles sous surveillance électronique, suscitant la condamnation de 56 organisations de la société civile pour « criminalisation des mouvements sociaux ».

Perquisitions et arrestations

Mercredi 11 juin, la police belge a effectué 19 perquisitions à travers le pays visant des personnes liées au groupe de militants climatiques Code Rouge (Code Rood en néerlandais). Dans le cadre d'une opération coordonnée menée par un juge d'instruction à Gand, les policiers sont entrés dans les domiciles vers 5 heures du matin, ont enfoncé les portes et saisi téléphones portables, ordinateurs portables et carnets de notes. Quinze personnes ont été emmenées pour interrogatoire ; six ont été présentées au juge d'instruction jeudi. Le juge a ordonné que deux personnes soient placées sous surveillance électronique, les obligeant à porter des bracelets électroniques. Elles doivent comparaître devant la chambre du conseil le 16 juin. Le parquet de Flandre-Orientale a confirmé que l'opération a été menée dans le cadre d'une enquête ouverte après deux plaintes avec constitution de partie civile.

Actions à l'origine de l'enquête

Les deux plaintes proviennent de manifestations organisées par Code Rouge en 2025. En mars 2025, plusieurs centaines de militants ont occupé l'installation de l'entreprise agroalimentaire Cargill dans le port de Gand pour dénoncer les impacts écologiques et sociaux de l'agro-industrie. Plus de 125 manifestants ont été interpellés lors de cette action, et Cargill a ensuite déposé une plainte directement auprès du juge d'instruction.

En octobre 2025, des militants ont bloqué l'usine Industeel, propriété du géant de l'acier ArcelorMittal, à Marchienne-au-Pont près de Charleroi. Le groupe accusait l'entreprise de complicité dans l'expédition d'acier à l'armée israélienne. La manifestation a causé d'importants dégâts : selon le communiqué du parquet, des câbles ont été coupés, des arrêts d'urgence actionnés et des clôtures détruites, créant un risque d'explosion et de fuites de gaz mortelles. Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire, a également engagé des poursuites judiciaires après que des manifestants ont occupé des voies ferrées, perturbant le trafic ferroviaire.

Des dégâts importants ont été causés, des câbles coupés, des arrêts d'urgence actionnés et des clôtures détruites. Ces actions ont entraîné un risque d'explosion et de fuites de gaz mortelles, ainsi que des dommages matériels majeurs.

East Flanders public prosecutor's office
Chronologie des actions de Code Rouge et de l'enquête
  1. Manifestation de Code Rouge chez Cargill à Gand ; plus de 125 arrestations. L'entreprise dépose une plainte civile.
  2. Des militants bloquent l'usine Industeel d'ArcelorMittal à Charleroi, causant des dégâts ; l'entreprise dépose une plainte.
  3. 19 perquisitions effectuées, 15 arrestations ; deux personnes placées sous surveillance électronique.
  4. Deux militants sous surveillance électronique doivent comparaître devant la chambre du conseil.

Réaction de Code Rouge et de la société civile

Code Rouge a immédiatement dénoncé les perquisitions. Dans un communiqué publié jeudi, le groupe a qualifié l'opération policière d'« expérience traumatisante et disproportionnée » et d'exemple de « répression violente de l'État ».

La police a enfoncé leurs portes, fouillé leurs domiciles, saisi leurs téléphones, ordinateurs portables et carnets de notes, ainsi que ceux de leurs partenaires et colocataires. Tout cela devant leurs enfants, amis ou famille. Une expérience traumatisante et disproportionnée pour toutes les personnes concernées.

Code Rouge

Jeudi, 56 organisations de la société civile – dont Greenpeace Belgique, la Ligue des droits humains (LDH), les ONG CNCD-11.11.11, Oxfam, et les syndicats FGTB et CSC – ont publié une déclaration commune condamnant « la tendance à la criminalisation des mouvements sociaux de plus en plus observée en Belgique ». Elles ont appelé à un large soutien pour défendre le droit de manifester et l'État de droit.

Nous appelons à un large soutien pour défendre le droit de manifester et notre État de droit.

56 civil society organisations

Contexte politique et juridique plus large

Les perquisitions interviennent dans le cadre d'un débat plus large sur le contrôle des manifestations radicales. L'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) avait précédemment averti dans un rapport d'une possible radicalisation de certains membres de Code Rouge. Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) promeut un projet de loi qui permettrait l'interdiction administrative des « organisations radicales ». Code Rouge est souvent cité par les partisans du texte comme une cible. Cependant, en janvier 2026, le Conseil d'État a rejeté une partie du texte, invoquant de multiples vices juridiques. Le projet de loi reste en suspens.

Prochaines étapes

Les deux militants sous surveillance électronique doivent comparaître devant la chambre du conseil le 16 juin. Le parquet n'a pas divulgué si d'autres accusations seront portées contre d'autres personnes interrogées.

Gand · Charleroi

6 sources

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