En bref
Wedgewood Polls a indiqué que « la plupart » de ses données avaient été fabriquées et a qualifié l'opération d'expérience. Cet aveu est venu après que FiftyPlusOne a contacté le groupe le mardi 20 octobre.
Le New York Times a retiré 15 sondages Wedgewood de sa collection, selon une note de la rédaction publiée le mercredi 21 octobre. Le Washington Post rapporte que plus d'une douzaine de ses sondages avaient été référencés par des agrégateurs.
Dans un sondage New York Times/Siena, 23 % des électeurs déclarent ne pas croire que les résultats seront exacts, contre 17 % pour l'élection présidentielle de 2024. Environ la moitié se disent inquiets que les républicains tentent d'inverser les résultats.
Mallory McMorrow, battue par Abdul El-Sayed à la primaire sénatoriale du Michigan, affirme qu'un sondage Wedgewood de fin juin la créditant d'un score à un chiffre a coupé ses dons et démoralisé ses bénévoles.
- août 2026Median Strategies reconnaît au Los Angeles Times avoir fabriqué ses résultats
- 20 oct.FiftyPlusOne contacte Wedgewood Polls ; le groupe reconnaît que la plupart de ses données ont été inventées
- 21 oct.Le New York Times publie une note de la rédaction et retire 15 sondages Wedgewood
Ce que l'institut a reconnu
Wedgewood Polls, une organisation américaine de sondages autoproclamée, a reconnu dans un message sur X, depuis supprimé, que « la plupart » de ses données avaient été inventées. Le groupe a présenté l'opération comme une expérience destinée à voir avec quelle facilité un institut fabriqué pouvait gagner en visibilité et être pris au sérieux. Cet aveu fait suite aux questions de l'agrégateur de sondages FiftyPlusOne, qui a contacté le groupe le mardi 20 octobre.
Selon un article du Guardian cité par Spiegel, Wedgewood est apparu en juin, se présentant comme un institut de sondages électoraux menant des recherches politiques indépendantes. FiftyPlusOne a ensuite décrit les vérifications effectuées avant de référencer le groupe.
« On nous a dit que l'organisation était une équipe bipartisane, comprenant le républicain Jack Sims et le démocrate Andrew Prater, et on nous a fourni des informations sur leurs sources de financement et leur méthodologie. »
Comment les faux sondages ont atteint les grands agrégateurs
Le Washington Post rapporte que plus d'une douzaine de sondages Wedgewood ont été référencés par des agrégateurs qui vérifient la légitimité des sondages, dont le New York Times et FiftyPlusOne. Dans une note de la rédaction publiée le mercredi 21 octobre, le Times indique que Wedgewood avait répondu aux questions sur l'identité de ses sondeurs, sur la manière dont ils constituaient et pondéraient leurs échantillons, et sur l'origine de leur financement. Le journal a retiré 15 sondages Wedgewood de sa collection. RealClearPolitics a tenu les enquêtes du groupe à l'écart de ses pages de suivi, selon son responsable de l'agrégation des sondages, parce que l'institut n'avait aucun historique, un site web de type page provisoire, aucun annuaire du personnel et aucun historique sur les réseaux sociaux.
L'affaire en rappelle une précédente. En août, un groupe nommé Median Strategies avait déclaré au Los Angeles Times avoir fabriqué ses résultats dans le cadre d'une expérience sociale. La plupart des médias et des agrégateurs avaient ignoré Median Strategies, alors que les chiffres de Wedgewood ont été largement repris. Ces révélations interviennent alors que les outils d'intelligence artificielle rendent la production de faux sondages plus facile.
Des candidats démocrates pénalisés par les faux chiffres
Mallory McMorrow, une démocrate du Michigan battue par Abdul El-Sayed à la primaire sénatoriale, affirme qu'un sondage Wedgewood publié fin juin la créditait d'un score à un chiffre. Selon son récit, les dons se sont taris, les bénévoles ont été démoralisés et des journalistes l'ont pressée de se retirer. Elle a écrit sur X que l'épisode avait de fait mis fin à sa campagne.
Francesca Hong, une socialiste démocrate, était donnée en tête dans un sondage Wedgewood sur la primaire démocrate au poste de gouverneur du Wisconsin. Peu de sondages publics existaient alors, ce qui a contribué à donner l'impression qu'elle menait la course. Elle a ensuite perdu la primaire.
Mike Nellis, stratège démocrate et ancien conseiller de Kamala Harris, a déclaré à Fox News que le groupe avait menti sur ses données de sondage et l'a accusé de fraude. Il a estimé que ses membres pourraient tenter de revendiquer une supériorité morale, bien qu'ils aient été pris à fabriquer des chiffres.
La confiance dans les résultats des midterms
Un sondage New York Times/Siena a établi que près de trois quarts des électeurs font confiance à l'exactitude des élections, y compris de larges majorités de démocrates, de républicains et d'indépendants. Pourtant, 23 % déclarent désormais ne pas croire que les résultats seront exacts, contre 17 % qui disaient la même chose à propos de l'élection présidentielle de 2024. Environ la moitié des électeurs se disent inquiets que les républicains tentent d'inverser les résultats. Ces données paraissent alors que le président Trump met fréquemment en doute l'intégrité des élections et que son administration relaie des allégations infondées de fraude généralisée.
- Élection présidentielle de 2024
- 17 %
- Sondage NYT/Siena actuel
- 23 %
Données tirées du texte de l’article
Avertissements du régulateur et du secteur
Brendan Carr, président de la Commission fédérale des communications, a reconnu une forte hausse des sondages entièrement faux destinés à perturber le processus électoral. Il a appelé les médias à ne pas amplifier de tels canulars. L'American Association for Public Opinion Research a mis en garde dans un communiqué contre les acteurs malveillants qui produisent et diffusent des données fabriquées, ce qui, selon elle, mine la confiance dans les sondages. L'association a déclaré que les sondages électoraux légitimes ne doivent pas être confondus avec ce type d'activité frauduleuse.