
Le parquet de Varsovie refuse d'enquêter sur des photos d'autopsie de l'hôpital Sud, invoquant une finalité pédagogique
Le parquet du district de Varsovie a refusé d'ouvrir une enquête sur la publication d'images d'autopsie par un coordinateur de morgue, estimant que les publications avaient un but éducatif et ne profanaient pas les défunts. Une enquête distincte sur des certificats de décès falsifiés se poursuit.
La décision du parquet
Le parquet du district de Varsovie a refusé mercredi d'engager des poursuites concernant des photographies d'autopsies réalisées à la morgue de l'hôpital Sud. Les images, partagées sur les réseaux sociaux par le coordinateur Artur Habowski, montraient des corps sectionnés, brûlés ou portant des blessures par balle, selon le portail Niezalezna.pl. L'ancienne direction de l'hôpital avait déposé deux plaintes pénales : l'une concernant un dispositif d'écoute suspect découvert à la morgue, et l'autre pour violation du secret médical suite à la publication des images.
Aucune des publications ne contenait de contenu indiquant une intention de profaner le défunt. Au contraire, certains articles insistent sur la nécessité de développer les connaissances dans ce domaine, afin d'assurer une sépulture digne aux défunts et de permettre à leurs familles de faire leurs adieux d'une manière qui minimise les traumatismes.
Le dispositif d'écoute et les décisions sur les photographies
Les enquêteurs ont déterminé que le dispositif trouvé dans la morgue ne contenait aucun enregistrement et qu'aucune conversation n'avait été captée. L'enquête a donc été close. Concernant les photographies, le parquet a conclu que les publications visaient à vulgariser les connaissances en thanatologie, les causes de décès et les effets des lésions. Les images ne permettant pas d'identifier les défunts, aucune violation du secret médical n'a été constatée.
Certificats de décès falsifiés
Une enquête distincte reste ouverte pour la falsification de 20 certificats de décès délivrés entre le 22 août et le 9 septembre 2025. Les documents auraient été remplis, tamponnés du sceau du coordinateur de la morgue et signés par une personne non autorisée. L'affaire a débuté après qu'un médecin a signalé que sa signature avait été contrefaite et que son tampon était manquant.
- Début de la période au cours de laquelle 20 certificats de décès auraient été falsifiés
- Fin de la période pour les 20 certificats présumés falsifiés
- Le portail Zero.pl publie une enquête détaillant les irrégularités à la morgue
- Le parquet annonce son refus d'enquêter sur les photos d'autopsie ; l'affaire d'écoute est classée ; l'enquête sur les certificats de décès se poursuit
Accusations de promotion d'une entreprise de pompes funèbres
Le parquet a également examiné les allégations selon lesquelles la direction de la morgue aurait fait pression sur les familles endeuillées pour qu'elles recourent à une entreprise de pompes funèbres spécifique, liée à l'associé d'Artur Habowski, Dominika Jaskuła. Après examen des preuves et audition des témoins, aucune pratique de ce type n'a été confirmée. L'hôpital a indiqué que l'ancien conseil d'administration avait signalé ces irrégularités et que 32 dossiers liés à l'établissement sont désormais traités par les autorités.
Tollé politique
Le scandale a suscité de vives réactions de la part des opposants politiques. Le porte-parole du PiS, Rafał Bochenek, a parlé de « Chasseurs de peaux 2.0 » et l'a liée à la Plateforme civique au pouvoir. Le député Janusz Cieszyński a exigé la démission immédiate du maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski. D'autres voix, dont celle de Marzena Paczuska, membre du KRRiT, ont déclaré que ces révélations la rendaient physiquement malade et ont appelé à des démissions.


