
Quatre organisations de défense des droits de l'homme attaquent Trump en justice pour les sanctions contre la CPI
Human Rights Watch et trois autres organisations ont déposé une plainte de 101 pages à New York le 11 août, visant à annuler le décret de Donald Trump de février 2025 imposant des interdictions d'entrée et des gels d'avoirs aux responsables de la CPI.
Plainte déposée à New York
Quatre organisations de défense des droits de l'homme ont déposé une plainte de 101 pages mardi 11 août 2026 devant le tribunal de district sud de New York, cherchant à annuler les sanctions imposées par le président Donald Trump à la Cour pénale internationale (CPI). Les plaignants sont Human Rights Watch, l'American Friends Service Committee, le Center for Constitutional Rights et l'Open Society Institute, qui fait partie des Open Society Foundations. La plainte nomme Trump ainsi que le secrétaire d'État Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et le procureur général Todd Blanche comme défendeurs. Les organisations soutiennent que les sanctions violent les premier et cinquième amendements de la Constitution américaine, le Religious Freedom Restoration Act et les obligations internationales.
La plainte indique que les sanctions ont causé un "préjudice profond et irréparable" et ont obligé les organisations à limiter leurs interactions avec la CPI par crainte d'être sanctionnées. Les plaignants affirment que le décret excède les pouvoirs présidentiels et repose sur une déclaration infondée d'"urgence nationale".
- Création de la CPI à La Haye pour juger les génocides, crimes de guerre et crimes contre l'humanité
- Les juges Bossa et Ibanez Carranza rejoignent la CPI
- Bossa et Ibanez Carranza contribuent à la décision autorisant une enquête sur les présumés crimes de guerre américains en Afghanistan
- La CPI émet des mandats d'arrêt contre Netanyahu, Gallant et Al-Masri pour des présumés crimes de guerre à Gaza
- Trump signe un décret autorisant des sanctions contre les responsables, juges et partenaires de la CPI
- Quatre organisations de défense des droits de l'homme déposent une plainte de 101 pages dans le district sud de New York pour contester les sanctions
Arguments constitutionnels et juridiques
Le recours soutient que les sanctions violent le droit à la libre expression protégé par le premier amendement, ainsi que la liberté d'association et la liberté religieuse. Le document de 101 pages décrit les mesures comme "un abus de pouvoir illégal qui constitue une attaque directe contre l'État de droit, l'indépendance des juges, des procureurs et des avocats, les principes fondamentaux de l'ordre juridique international et le principe d'égal accès à la justice". Les restrictions "compromettent gravement la capacité de poursuivre les auteurs de génocides, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité", ajoute la plainte.
L'avocat Andrew Loewenstein du cabinet Foley Hoag LLP, représentant les plaignants, a déclaré que l'ampleur des organisations participant à ce recours démontre les dégâts causés par le décret.
Le fait que tant d'organisations de défense des droits se soient réunies pour contester le décret illégal de Trump montre l'ampleur des dégâts qu'il cause parmi les groupes de la société civile dédiés à traduire en justice les responsables de crimes graves.
Sanctions et leurs origines
Trump a signé le décret le 6 février 2025, autorisant des sanctions contre les responsables, juges et autres personnes coopérant avec la CPI. Les sanctions comprennent des interdictions d'entrée aux États-Unis et le gel des avoirs financiers et immobiliers. L'administration a imposé des sanctions à quatre juges de la CPI. Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré que les sanctions sont intervenues après que des juges se sont impliqués dans ce qu'il a appelé des actions illégales et infondées de la Cour visant les États-Unis ou Israël.
La CPI est politisée et prétend faussement avoir toute liberté d'enquêter, d'accuser et de poursuivre les citoyens des États-Unis et de nos alliés.
La CPI a condamné ces mesures comme une tentative de saper l'indépendance de l'institution. Un responsable de la Maison-Blanche a accusé la Cour d'excéder illégalement son autorité judiciaire et l'a qualifiée de menace pour la sécurité nationale américaine.
Mandats d'arrêt et lien avec Israël
Les sanctions ont principalement été adoptées en réaction aux enquêtes de la CPI sur Israël, allié clé des États-Unis. En 2024, la Cour a émis des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant et le dirigeant du Hamas Ibrahim Al-Masri, en lien avec des présumés crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza. La CPI a également mené des enquêtes concernant l'Afghanistan, où les juges Bossa et Ibanez Carranza, membres de la Cour depuis 2018, ont contribué en 2020 à une décision autorisant l'enquête sur les présumés crimes de guerre commis par les troupes américaines.
La CPI, créée en 2002 et basée à La Haye, a ouvert 18 enquêtes à travers le monde, notamment en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Libye, aux Philippines, au Darfour (Soudan) et en Ukraine. Plus de 120 pays ont signé le Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour. Les États-Unis et Israël n'en font pas partie. L'hostilité de Washington envers la CPI n'est pas exclusive à l'administration Trump : les précédentes administrations démocrates ont également critiqué la Cour.


