
Des radicaux basques attaquent des supporters espagnols pendant la finale de la Coupe du monde ; quatre arrestations, des militaires parmi les blessés
Des assaillants masqués armés de matraques, de gaz lacrymogène et de gants renforcés ont pris pour cible des supporters qui regardaient la victoire de l'Espagne en Coupe du monde à Bilbao, Vitoria, Saint-Sébastien et Pampelune, faisant au moins six blessés dont trois militaires.
Manifestations avant le match et premières attaques
Des heures avant que l'Espagne n'affronte l'Argentine en finale de la Coupe du monde, des marches organisées par des groupes de jeunesse réclamant une équipe nationale basque officielle ont dégénéré en violence. Dans le quartier d'Indautxu à Bilbao, un jeune homme portant un maillot de l'Espagne a été attaqué vers 19h00 par plusieurs manifestants armés de matraques télescopiques et de gants de motard avec protections métalliques, selon des sources proches de la victime. Quelques minutes plus tard à Vitoria, un groupe d'environ 30 radicaux a aspergé deux supporters espagnols de gaz lacrymogène avant de les frapper dans la rue Cuchillería. La Brigade mobile de l'Ertzaintza est intervenue rapidement, identifiant trois suspects.
Tentative de sabotage de l'écran géant de Bilbao
Le PP avait loué un écran géant dans le parc Doña Casilda après que le maire PNV de Bilbao ait refusé d'en fournir un, le jugeant non "nécessaire socialement". Environ 10 000 personnes s'y étaient rassemblées. Avant le coup d'envoi, quatre radicaux ont tenté de renverser l'écran et de couper ses câbles. Esther Martínez, porte-parole du PP à Bilbao et secrétaire générale du PP basque, vêtue d'un maillot rouge de l'Espagne, s'est dressée sur leur chemin. "Unos miserables quisieron aguarnos la fiesta ; no podemos dar ni un paso atrás", a-t-elle déclaré à ABC. Un agresseur a frappé le supporter Gonzalo Fernández à la tête avec un mât de drapeau, provoquant une contusion. Des agents de l'Ertzaintza, dont l'unité anti-émeute beltza, ont dispersé le groupe.
Quelques misérables ont voulu gâcher notre fête ; nous ne pouvons pas reculer d'un pas.
Des militaires pris pour cible à Pampelune
Vers 21h15, alors que le match était en cours, dix individus cagoulés armés de barres et de matraques télescopiques ont pris d'assaut une terrasse de bar à Berriozar, un quartier de Pampelune proche de la caserne militaire d'Aizoáin. Ils se sont dirigés directement vers une table de militaires qui regardaient le match. Trois soldats ont été blessés, l'un avec une plaie ouverte à la tête et plusieurs côtes cassées ; une femme a subi une fracture nasale. Au total, une demi-douzaine de personnes ont nécessité des soins médicaux, certaines hospitalisées. Les assaillants ont également endommagé la vitrine et le mobilier du bar avant de prendre la fuite. Aucune arrestation n'avait été effectuée lundi matin ; la Garde civile et la Police forale mènent une enquête conjointe.
- Un jeune homme portant un maillot de l'Espagne est attaqué avec des matraques télescopiques et des gants renforcés dans un bar du quartier d'Indautxu à Bilbao.
- Environ 300 radicaux se rassemblent à Bilbao en criant 'Puta España, puta selección' et tentent ensuite de saboter l'écran géant du parc Doña Casilda.
- Deux supporters espagnols sont aspergés de gaz lacrymogène et frappés par un groupe de 30 personnes dans la rue Cuchillería à Vitoria.
- Dix individus cagoulés armés de barres et de matraques télescopiques attaquent des militaires qui regardent la finale en terrasse à Berriozar, Pampelune.
- Trois hommes cagoulés âgés de 25, 19 et 18 ans sont arrêtés à Vitoria pour agression à caractère haineux ; l'un est également accusé d'agression sur un agent.
- Un homme de 28 ans est arrêté pour agression sur des agents de l'Ertzaintza ; six autres sont sous enquête pour menaces et insultes envers des supporters espagnols.
Arrestations et enquêtes
Le Département basque de la Sécurité a signalé quatre arrestations. À Vitoria, trois hommes cagoulés âgés de 25, 19 et 18 ans ont été arrêtés après 01h00 lundi pour avoir attaqué des personnes portant des maillots de l'Espagne à Judimendi ; deux sont accusés de crimes de haine et le troisième également pour agression sur un agent. Dans la Parte Vieja de Saint-Sébastien, un homme de 28 ans a été arrêté pour avoir attaqué des agents de l'Ertzaintza, et six autres personnes (quatre hommes, deux femmes) sont sous enquête pour menaces et insultes envers des supporters espagnols. Dans l'ensemble des incidents, au moins 35 personnes ont été identifiées et sont sous enquête pour agression et affrontement avec la police.
Condamnation politique
Le leader du PP, Alberto Núñez Feijóo, a posté sur X : "Los de siempre nos quisieron amargar la fiesta, pero no lo lograron. Porque España es muy grande y Esther también. Muy orgullosos de ti y de todo el PP vasco : al totalitarismo se le planta cara. ¡Viva España !" La déléguée du gouvernement central, Marisol Garmendia, a déclaré : "Se puede ser vasco y celebrar los goles de la selección española." La maire socialiste de Vitoria, Maider Etxebarria, qui avait organisé un écran pour 13 000 personnes, a souligné que l'événement avait été apprécié "unidos". Un éditorial d'ABC a décrit les attaques comme une intimidation politique visant à expulser toute expression de l'identité espagnole de l'espace public, et a critiqué l'indulgence perçue du gouvernement compte tenu de ses pactes parlementaires avec la gauche abertzale.
Il faut faire face au totalitarisme. Vive l'Espagne !


