
Des radicaux basques brûlent le drapeau espagnol, agressent des supporters et sabotent la retransmission de la finale de la Coupe du monde à Bilbao et Vitoria
Des individus cagoulés ont brûlé un drapeau espagnol à Eibar, un groupe de trente personnes a attaqué deux supporters au gaz poivré à Vitoria, et des manifestants ont coupé des câbles pour interrompre la diffusion sur écran géant à Bilbao, alors que l'Espagne affrontait l'Argentine en finale de la Coupe du monde 2026.
Graffitis et marche préparatoires
Quelques heures avant la finale Espagne-Argentine, des inconnus ont tagué « Puta España », « Puta selección » et « Combatir el españolismo » sur un mur de la place Unzaga à Eibar. Ils ont également apposé des autocollants à l'effigie du drapeau basque (ikurriña) sur des poteaux. À Bilbao, le mouvement pro-sélection basque Zazpi Baietz a organisé une marche en après-midi, du pavillon La Casilla au Musée des Beaux-Arts, réclamant le statut officiel pour une équipe nationale basque. Le Parti populaire avait installé un écran géant dans le parc Doña Casilda après que le maire Juan Mari Aburto (PNV) a refusé d'en mettre un, arguant qu'il n'y avait pas de « necesidad social ». Bilbao était la seule capitale basque sans écran municipal.
Bilbao : câbles coupés, diffusion interrompue
Environ quarante minutes avant le coup d'envoi, certains participants à la marche se sont détachés du groupe et sont entrés dans le parc par l'arrière de l'écran. Ils ont renversé des barrières métalliques, causé des dégâts et lancé des bouteilles, faisant fuir une partie des centaines de supporters rassemblés. Les agresseurs ont coupé les câbles et interrompu la retransmission. Des agents de l'Ertzaintza ont rapidement formé un cordon et la transmission a été rétablie plus tard. La porte-parole du PP, Esther Martínez, présente sur les lieux, a confronté le groupe et lui a adressé des reproches. La police a identifié vingt personnes âgées de 15 à 46 ans ; l'une d'elles est soupçonnée d'avoir menacé des participants avec un couteau et d'avoir jeté des objets, et quatre ont fait l'objet d'une proposition de sanction en vertu de la loi organique sur la protection de la sécurité citoyenne.
Vitoria : gaz poivré et coups
À Vitoria-Gasteiz, une trentaine d'individus, apparemment liés aux ultras d'Alavés, ont attaqué deux jeunes hommes portant des maillots de l'Espagne rue Cuchillería, dans la vieille ville, une demi-heure avant le match. Les agresseurs les ont aspergés de gaz poivré, puis les ont frappés à coups de poing et de pied. À l'arrivée de l'Ertzaintza, les victimes avaient le visage tuméfié et étaient désorientées. Aucune arrestation n'a été effectuée pour cette agression. Dans un incident distinct, sur le portail de Legutiano, trois jeunes ont attaqué un autre homme portant un maillot de l'Espagne ; la police a identifié les suspects, mais la victime n'a pas porté plainte. Plus tard, vers 20 h 50, un homme de 35 ans a été arrêté pour avoir agressé un agent qui répondait à un appel à l'aide lors des troubles. Il est accusé de violence contre une personne dépositaire de l'autorité publique.
Eibar : drapeau brûlé pendant le match
Sur la place Unzaga, où des milliers de personnes s'étaient rassemblées pour regarder le match sur un écran installé par la mairie, un groupe d'environ six individus cagoulés est apparu sur un point de vue surélevé quinze minutes après le début de la première mi-temps. Ils ont allumé des fumigènes rouges et mis le feu à un drapeau espagnol, puis l'ont jeté au sol et ont pris la fuite. Ils ont déployé une grande banderole portant l'inscription « Gurea Euskal Selekzioa » (Notre sélection basque) avec les drapeaux espagnol et français barrés et le bouclier Zazpiak bat, ainsi qu'une autre indiquant « Esto no es España ni tampoco Francia ». Plus tôt, une banderole avec « Inposiorik ez » (Pas d'impositions) et « gazte langileok espainolismoari aurre egin » (Jeunes travailleurs, affrontez le nationalisme espagnol) avait été accrochée, ainsi qu'une banderole « boicot » montrant un blason espagnol barré. La foule a hué et sifflé, puis est retournée regarder le match. Eibar est la ville natale de l'attaquant espagnol Mikel Oyarzabal.
Réponse policière et chiffres
Le département basque de la Sécurité a indiqué que vingt personnes ont été identifiées à Bilbao et trois en Álava, avec des âges allant de 15 à 46 ans à Bilbao et de 22 à 29 ans en Álava. Une arrestation a été effectuée à Vitoria pour agression contre un policier. L'Ertzaintza a maintenu une présence importante tout au long de la soirée, et aucun autre incident n'a été signalé après l'incendie du drapeau.
- Graffitis et autocollants à Eibar ; marche de Zazpi Baietz à Bilbao
- Des manifestants prennent d'assaut l'écran du PP à Bilbao, coupent les câbles, interrompent la diffusion
- Un groupe de trente personnes attaque deux supporters espagnols au gaz poivré à Vitoria
- Des individus cagoulés brûlent le drapeau espagnol à Eibar
- L'Ertzaintza identifie vingt personnes à Bilbao, trois en Álava ; une arrestation à Vitoria
- Bilbao (identifiés)
- 20 personnes
- Álava (identifiés)
- 3 personnes
- Vitoria (arrêtés)
- 1 personnes


