En bref
La Marine nationale a indiqué le 21 octobre 2026 que des drones non autorisés avaient été détectés dans la zone interdite au survol, à proximité et au-dessus de sites militaires, pendant l'exercice Typhon du 5 au 16 octobre.
La Marine affirme qu'aucune infrastructure sensible n'a été menacée à ce stade et qu'une enquête judiciaire a été ouverte.
La Marine n'a pas précisé le nombre d'incidents, le type de drones ni si certains ont été neutralisés, tandis qu'une source anonyme citée par Ici Provence évoque plusieurs gros drones à chaque fois.
Ici Provence a rapporté des vols de nuit au-dessus de la base navale de Toulon, du site de la Direction générale de l'armement à Toulon et du 54e régiment d'artillerie à Hyères.
- 5 oct.Début de l'exercice Typhon dans la région de Toulon
- 16 oct.Fin de l'exercice Typhon après des manœuvres à Toulon et dans les communes voisines
- 21 oct.Le communiqué de la Marine confirme des vols de drones non autorisés et annonce l'ouverture d'une enquête judiciaire
Ce que la Marine a révélé
La Marine nationale a indiqué mercredi 21 octobre 2026 que des drones non autorisés avaient été détectés dans la zone interdite au survol, à proximité et au-dessus de sites militaires du sud-est de la France, pendant l'exercice Typhon, qui s'est déroulé du 5 au 16 octobre. Ici Provence avait rapporté ces survols avant que le communiqué de la Marine ne les confirme. Selon la Marine, les mesures de sécurité prévues ont été déclenchées à chaque fois, avec des dispositifs anti-drones déployés en coordination avec les forces de sécurité intérieure. Le communiqué précise également qu'une enquête judiciaire a été ouverte. La Marine rappelle enfin que le survol de ces sites est interdit.
« À ce jour, aucune infrastructure sensible n'a été menacée. Une enquête judiciaire a été ouverte. »
Où les drones ont été aperçus
Ici Provence a rapporté que les drones ont survolé de nuit la base navale de Toulon, le site de la Direction générale de l'armement à Toulon et le 54e régiment d'artillerie à Hyères. La Marine n'a pas précisé le nombre d'incidents, le type de drones impliqués, ni si certains ont été neutralisés. Une source non identifiée citée par la radio évoque plusieurs gros drones à chaque fois, sans qu'il soit possible d'établir le nombre exact ni les modèles, même avec des systèmes de brouillage électromagnétique en service. La Marine n'a pas publié de chiffre de son côté. Toulon est l'une des plus grandes bases navales de France et accueille le porte-avions Charles de Gaulle ainsi que des sous-marins d'attaque. L'exercice Typhon était précisément conçu pour entraîner les forces à ce type d'activité de drones.
L'exercice Typhon
Typhon combinait des manœuvres terrestres, aériennes et navales visant à protéger les sites militaires autour de la rade de Toulon et à l'intérieur de celle-ci, en coordination avec les forces de sécurité intérieure. Le vice-amiral Laurent Hermann, qui commande les forces françaises dans la zone Méditerranée, coordonnait les manœuvres. L'exercice prévoyait des mouvements d'unités, de navires, de véhicules et d'aéronefs à Toulon et dans les communes voisines de Carqueiranne, Hyères, La Crau, La Garde, La Seyne-sur-Mer, La Valette-du-Var, Le Revest-les-Eaux, Ollioules, Saint-Mandrier-sur-Mer et Six-Fours-les-Plages. Certaines de ces opérations se déroulaient également de nuit. Un document de présentation de la Marine présentait l'objectif comme la protection des installations autour de la rade et à l'intérieur de celle-ci. Les survols ont donc eu lieu pendant un exercice lui-même consacré à la défense de ces mêmes sites.
Un phénomène européen plus large et des questions ouvertes
Les signalements de drones suspects se sont multipliés dans plusieurs pays européens, dont le Danemark, l'Allemagne et la France, souvent près de sites militaires et d'usines de l'industrie de défense. En juillet, un Moldave a été arrêté pour suspicion d'espionnage après avoir fait voler un drone au-dessus d'une usine KNDS à Munich. Certaines de ces incursions sont attribuées à la Russie, qui a intensifié ses attaques hybrides contre les pays européens. Pour Toulon, l'enquête devra établir l'origine des drones et la manière dont ils ont pénétré l'espace aérien restreint. Tant que ce travail n'est pas achevé, le nombre de drones, leur origine et une éventuelle neutralisation restent non confirmés.
« Les vols de drones non autorisés à proximité ou au-dessus de sites militaires sont strictement interdits. Les contrevenants s'exposent à des poursuites judiciaires. »