
Plus de 100 anciens diplomates britanniques et français réclament un embargo sur les armes et des sanctions commerciales contre Israël
Un groupe de 102 anciens ambassadeurs a envoyé une lettre conjointe à Emmanuel Macron et Andy Burnham exigeant une interdiction immédiate des ventes d'armes et la suspension des traités commerciaux.
Appel conjoint pour des sanctions
Plus de 100 anciens diplomates britanniques et français ont exhorté leurs gouvernements à cesser les ventes d'armes, à imposer des interdictions commerciales et à suspendre les traités commerciaux existants avec Israël afin de contraindre à l'acceptation d'un État palestinien indépendant. Dans une lettre conjointe adressée au président français Emmanuel Macron et au Premier ministre britannique Andy Burnham, les 102 signataires ont fait valoir que la pression diplomatique seule n'a pas réussi à empêcher l'effacement systématique du territoire palestinien. Le document appelle spécifiquement à la suspension de l'accord d'association Union européenne-Israël ainsi que de l'accord commercial bilatéral entre le Royaume-Uni et Israël. Il marque une tentative d'anciens hauts envoyés d'inciter Londres et Paris à prendre des mesures économiques et juridiques directes.
- France
- 52 diplomates
- Royaume-Uni
- 50 diplomates
Allégations de nettoyage ethnique
Le texte abandonne le langage diplomatique traditionnel, affirmant que les actions militaires et de colonisation d'Israël ont compromis son statut démocratique. Les signataires détaillent les conditions dans les deux territoires palestiniens, soulignant les déplacements massifs et les pertes militaires continues après des accords de trêve nominaux.
À Gaza, deux millions de Palestiniens sont confinés à 30% de leur territoire dévasté, affamés, manquant de médicaments et d'abris. Plus de 1 200 Palestiniens ont été tués depuis le soi-disant cessez-le-feu.
Les signataires ont également souligné des actions coordonnées à travers Jérusalem-Est et l'ensemble de la Cisjordanie. Ils ont déclaré que la destruction des propriétés palestiniennes et l'activité coloniale incontrôlée, menées avec la complicité des forces militaires et policières israéliennes, constituent un nettoyage ethnique. La lettre ajoute que cette politique d'occupation et de destruction territoriale s'étend au Liban et à la Syrie.
Contexte diplomatique et politique régionale
L'initiative a été organisée par 52 anciens diplomates français et 50 anciens ambassadeurs britanniques, dont beaucoup ont occupé des postes élevés en Égypte, en Iran, à Bahreïn, en Israël, en Syrie, en Turquie, au Koweït, en Arabie saoudite et au Qatar. Parmi les signataires britanniques notables figurent les anciens envoyés des Nations unies Jeremy Greenstock et Emyr Jones Parry, ainsi que l'ancien directeur pour le Moyen-Orient au Foreign Office, Edward Chaplin. Les signataires français incluent Patrice Paoli, ancien directeur pour le Moyen-Orient au ministère français des Affaires étrangères, et Stanislas de Laboulaye, ancien consul général à Jérusalem.
Rappelant que Paris et Londres ont officiellement reconnu l'État palestinien en 2025, les signataires ont fait valoir que les deux nations portent un devoir historique remontant à leurs rôles dans la formation du Moyen-Orient moderne. Ils ont déclaré que les deux gouvernements doivent établir une cause commune autour de l'égalité des droits pour les Israéliens et les Palestiniens.
Appels d'offres de colonisation et opérations militaires
La lettre, remise au Monde et au Guardian, a suivi une déclaration conjointe officielle publiée deux jours plus tôt par le Royaume-Uni, la France, l'Italie et huit autres nations. Cette déclaration conjointe condamnait l'annonce par le gouvernement israélien d'appels d'offres de construction pour le corridor de colonisation E1, avertissant les entreprises nationales que la participation à la construction illégale de colonies entraîne des risques juridiques et de réputation. En réponse au développement E1, le gouvernement britannique sous la direction du secrétaire aux Affaires étrangères Ed Miliband a envisagé des restrictions sur le commerce de biens et services liés aux colonies de Cisjordanie.
Pendant ce temps, la violence s'est poursuivie sur plusieurs fronts. Les Forces de défense israéliennes ont signalé la mort d'un commandant du Hamas à Gaza, tandis que des avions israéliens ont mené des frappes dans le sud du Liban entre les villages de Sarbin et Rashaf dans le gouvernorat de Nabatieh.


