
Les responsables électoraux russes signalent des cyberattaques alors que le vote parlementaire de trois jours commence
Les responsables électoraux ont signalé des cyberattaques contre la plateforme de vote en ligne de Moscou et un sabotage des communications en Extrême-Orient lors du premier scrutin parlementaire russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.
Infrastructures de vote perturbées
Les responsables électoraux russes ont annoncé samedi que la plateforme de vote électronique à distance de la capitale avait subi des cyberattaques soutenues pendant le scrutin parlementaire. La présidente de la Commission électorale centrale, Ella Pamfilova, a rapporté que l'assaut numérique avait commencé dans la nuit du vendredi 18 septembre et s'était poursuivi sans interruption jusqu'au samedi 19 septembre. Pamfilova n'a pas fourni de détails techniques précis sur la nature de l'attaque ni identifié les auteurs présumés, déclarant seulement que les spécialistes avaient maintenu le contrôle et que le vote en ligne se déroulait normalement. Au-delà de la capitale, des pannes du système de vote en ligne ont été signalées dans plusieurs régions russes à partir de vendredi. À Moscou, les responsables ont reconnu des dysfonctionnements opérationnels dans une partie des terminaux de vote, laissant ouverte la possibilité que les défaillances matérielles soient liées à la perturbation numérique plus large. Les défenseurs des droits humains critiquent depuis longtemps l'architecture du vote électronique en Russie, arguant que l'absence de transparence publique rend le système vulnérable à la manipulation administrative.
Sabotage physique et accusations d'ingérence étrangère
En plus des perturbations numériques, le ministère russe du Développement numérique a signalé une tentative de sabotage physique des infrastructures de communication en Extrême-Orient russe. Le ministère a déclaré que la perturbation avait été déjouée avant de pouvoir interrompre le déroulement du scrutin, les lignes de communication ayant été entièrement rétablies peu après l'incident. Les autorités russes n'ont fourni aucune preuve indépendante pour corroborer l'origine des incidents physiques ou numériques. Avant l'ouverture des bureaux de vote, le président russe Vladimir Poutine a accusé l'Ukraine de tenter de perturber le processus électoral, une accusation non étayée par des preuves publiques. Les responsables à Kiev n'ont pas émis de réponse officielle aux affirmations de Poutine.
Scrutin parlementaire en temps de guerre et exclusions politiques
Le scrutin de trois jours, qui se déroule du 18 au 20 septembre 2026, décide de l'attribution des 450 sièges de la Douma d'État pour un mandat de cinq ans, ainsi que des élections régionales et municipales. Cette élection est la première élection parlementaire organisée en Russie depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par l'armée en février 2022. Environ 111 millions de citoyens sont inscrits pour voter, le Kremlin considérant le résultat global comme un indicateur du soutien public à la guerre en cours en Ukraine. Le parti pro-présidentiel Russie unie vise à conserver sa majorité législative dominante dans un cadre électoral marqué par une concurrence restreinte. Les candidats ouvertement critiques de la guerre ont été largement exclus de la participation après une décision de la Cour suprême en août qui a interdit le parti libéral Iabloko, le seul groupe politique enregistré prônant un cessez-le-feu immédiat en Ukraine, pour des violations des règles électorales. Les groupes d'opposition indépendants ont signalé des pressions supplémentaires sur les observateurs électoraux et documenté de multiples irrégularités administratives dans les bureaux de vote.
Territoires contestés et friction diplomatique
La portée géographique de l'élection a suscité une opposition diplomatique en dehors des frontières internationalement reconnues de la Russie. Des bureaux de vote ont été installés dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, une initiative que le gouvernement de Kiev et l'Union européenne ont condamnée comme illégale. Dans la région séparatiste de Transnistrie en Moldavie, le projet du Kremlin d'ouvrir 15 bureaux de vote a provoqué une confrontation diplomatique avec les autorités de Chișinău. Moscou a justifié les lieux de vote en déclarant que 220 000 résidents de Transnistrie, qui a fait sécession de la Moldavie en 1990 après la fin de la domination soviétique, sont titulaires de passeports russes et restent éligibles pour participer. Les responsables électoraux s'attendent à publier les premiers résultats partiels dimanche après 16h00 heure polonaise, suivis des décomptes quasi définitifs lundi.
- La Cour suprême russe disqualifie le parti anti-guerre Iabloko de la course
- Le vote de trois jours s'ouvre pour les 450 sièges de la Douma d'État à travers la Russie et les territoires occupés
- Les responsables électoraux signalent des cyberattaques sur le vote à Moscou et un sabotage en Extrême-Orient
- Le vote se clôture avec des résultats partiels préliminaires attendus après 16h00 heure polonaise
- Les résultats quasi définitifs des élections sont prévus pour publication officielle


