Sécurité · Prato
La police italienne démantèle une « banque fantôme » ayant blanchi jusqu'à 100 millions d'euros par an pour des cartels et la mafia
Les autorités italiennes ont démantelé une banque clandestine à Prato qui utilisait un système de paiement intraçable pour transférer entre 80 et 100 millions d'euros par an pour le trafic de drogue et le commerce illicite depuis au moins trois ans.
Texte IA fondé sur les articles de The Guardian, ANSA.it, Fanpage et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
La banque clandestine a transféré entre 80 et 100 millions d'euros chaque année pendant au moins trois ans via des virements hawala intraçables.
La police a exécuté 41 mesures conservatoires, dont 17 incarcérations et 16 assignations à résidence, et a saisi environ 60 millions d'euros d'actifs.
La banque a blanchi l'argent de la drogue, facilité le trafic international de stupéfiants et organisé l'immigration clandestine de ressortissants chinois en Italie.
Des clans italiens (Sacra Corona Unita, ’ndrangheta, Camorra), des groupes chinois et des organisations de trafic de drogue albanaises utilisaient la banque fantôme.
Un réseau de passeurs transportait les victimes vers la Serbie puis vers l'UE via la Hongrie, facturant jusqu'à 9 500 euros pour un passage vers Prato, Turin ou Vérone.
L'opération
La police italienne, en collaboration avec ses homologues espagnols, a arrêté 41 personnes et saisi environ 60 millions d'euros d'actifs après avoir découvert une banque souterraine servant de courtier financier mondial au crime organisé. L'opération, dirigée par la Direction antimafia de Florence (DDA) et le parquet de Prato, a visé un réseau actif depuis au moins 2021, acheminant des paiements illégaux à travers l'Europe sans transfert physique de fonds.
Un système bancaire parallèle
La banque s'appuyait sur le système hawala, connu en Chine sous le nom de « flying money », un mécanisme informel de transfert de valeur basé sur la confiance entre intermédiaires. Des coursiers collectaient l'argent sale en Italie et, grâce à un réseau dense de contacts en Espagne, en France et au Portugal, réglaient les paiements à l'étranger en puisant dans les recettes du marché noir plutôt qu'en transportant des devises physiques. Les enquêteurs estiment que le réseau a déplacé 80 à 100 millions d'euros par an, mélangeant l'argent de la drogue avec les flux de trésorerie non déclarés des entreprises textiles de fast-fashion gérées par des ressortissants chinois à Prato. Des usines à Madrid, Malaga, Valence et Séville faisaient partie du circuit de compensation.
« Les enquêtes révèlent l'existence d'un système bancaire parallèle et clandestin qui sert à de multiples fins. »
Il a ajouté que la structure intégrait différentes organisations criminelles et étrangères, qualifiant les groupes albanais d'« acteurs extraordinaires du blanchiment d'argent et du trafic de drogue ».
Clients criminels
La police a déclaré que la banque offrait « des canaux sécurisés pour payer d'énormes cargaisons de drogue sans aucun mouvement physique d'argent, garantissant l'anonymat total des flux financiers ». Trois associations criminelles distinctes en auraient bénéficié : l'une dédiée au blanchiment des recettes de la drogue, l'autre au trafic international de stupéfiants, et une troisième au passage de migrants chinois en Italie. Parmi les clients italiens figuraient le clan Briganti de Lecce (Sacra Corona Unita), la ’ndrina Fiare-Razionale-Gasparro de Vibo Valentia et le groupe Aquino-Annunziata de la Camorra. Les organisations de trafic albanaises, décrites comme des clients majeurs, utilisaient la banque pour recycler leurs propres revenus issus de la drogue.
La filière d'immigration clandestine
Une branche de l'organisation gérait un réseau d'immigration illégale qui faisait voyager des ressortissants chinois vers Belgrade, en Serbie, pays situé hors de la zone Schengen, avant de les transporter ou de les forcer à traverser des terrains montagneux jusqu'à la frontière hongroise, puis vers l'UE. Les destinations incluaient Prato, Turin et la province de Vérone. Les migrants devaient payer jusqu'à 9 500 euros par trajet, selon la police.
Réponse officielle
Le juge d'instruction a ordonné la saisie préventive d'actifs d'une valeur d'environ 60 millions d'euros. Sur les 41 mesures émises, 17 étaient des mandats de dépôt, 16 des assignations à résidence et huit obligeaient à un signalement régulier auprès de la police judiciaire. Au total, 57 personnes ont été placées sous enquête. Les accusés font face à des chefs d'accusation d'association de malfaiteurs avec facilitation mafieuse, blanchiment d'argent, activité bancaire illégale, trafic international de drogue et aide à l'immigration clandestine.
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Sources et contexte
- The GuardianItalian police dismantle illicit bank used by drug traffickers as global broker
- ANSA.itLa banca fantasma, movimentati 100 milioni tra droga e merci - Notizie
- FanpagePrato, smantellata banca-fantasma da 100 milioni l'anno: era al servizio di clan mafiosi e narcos
- ANSA.it'Ghost bank' discovered, moving €100 million a year in drugs and goods - General News
- Giovanni Melillo
- Procureur national antimafia italien ayant commenté le démantèlement de la banque fantôme
- Lieux
- Pays-Bas
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