
Le déficit de la Roumanie réduit de plus de 40 % sur les cinq premiers mois, le Premier ministre par intérim Bolojan prévient que le populisme pourrait annuler les progrès budgétaires
Le Premier ministre par intérim Ilie Bolojan a annoncé que le déficit budgétaire de la Roumanie a baissé de plus de 40 % au cours des cinq premiers mois de 2026, à 36 milliards de lei, contre 64 milliards de lei un an plus tôt. Il a qualifié cette baisse de première correction sérieuse après des années de dépenses excessives et a prévenu que le populisme pourrait anéantir ces progrès.
Correction du déficit annoncée
Le Premier ministre par intérim Ilie Bolojan s'est exprimé samedi sur Facebook pour souligner une nette amélioration des finances publiques roumaines. L'exécution budgétaire de janvier à mai 2026 montre un déficit réduit à 36 milliards de lei, contre 64 milliards de lei sur la même période en 2025, soit une baisse de plus de 40 %.
- 2025 (janv.-mai)
- 64 mds lei
- 2026 (janv.-mai)
- 36 mds lei
La réduction de plus de 28 milliards de lei est la première correction sérieuse après des années où les dépenses de l'État ont largement dépassé ce que l'économie produit, a écrit Bolojan.
C'est un signe clair que l'État commence à dépenser plus près de ce qu'il peut se permettre.
Il a comparé l'ajustement budgétaire à un traitement médical, notant que la phase initiale peut être douloureuse avant la guérison.
Corriger le déficit, c'est comme traiter une maladie. Pour se sentir bien et guérir, la première phase du traitement peut vous faire sentir plus mal. C'est le chemin de la guérison.
Contexte de blocage politique
Cette déclaration intervient dans un contexte de formation gouvernementale dans l'impasse. Bolojan dirige un cabinet intérimaire depuis son renversement par une motion de censure des partis PSD et AUR le 5 mai. Les discussions restent bloquées : le PSD a nommé Sorin Grindeanu au poste de Premier ministre, tandis que le PNL, l'USR et l'UDMR soutiennent le député européen Ilie Siegfried Mureșan. Le président Nicușor Dan a convoqué une réunion au palais Cotroceni vendredi soir, mais aucun camp n'a cédé.
Mise en garde contre un retour en arrière
Bolojan a mis en garde contre le fait que la discipline budgétaire ne peut être tenue pour acquise. Sans efforts soutenus, les gains pourraient s'évaporer.
La maladie peut revenir. Le populisme, le clientélisme et le gaspillage peuvent nous remettre au pied du mur.
Il a remercié les Roumains pour leur patience durant la période d'ajustement.
Perspectives budgétaires
Pour l'avenir, Bolojan a soutenu qu'un déficit plus faible libérera des dizaines de milliards de lei actuellement consacrés au paiement des intérêts. Ces ressources, a-t-il dit, peuvent être redirigées vers le développement, la prospérité et de meilleurs services publics, à condition que l'État reste en bonne santé budgétaire.

