
L'OMS affirme que la Russie n'a pas confirmé la cause du décès d'une employée de laboratoire à Irkoutsk
L'OMS affirme que la Russie n'a pas confirmé la cause du décès d'une employée de laboratoire de 28 ans à Irkoutsk et n'a vu aucun signe de transmission en cours. Les autorités russes indiquent qu'aucun cas de peste n'a été enregistré dans la région et évoquent une pneumonie d'étiologie indéterminée.
Le rapport de l'OMS laisse la cause du décès en suspens
L'Organisation mondiale de la santé a publié un rapport sur une flambée épidémique le week-end des 10 et 11 octobre concernant le décès d'une employée de laboratoire de 28 ans à l'Institut de recherche anti-peste d'Irkoutsk, en Sibérie. L'agence indique que la Russie n'a pas encore signalé de cause de décès confirmée, ce qu'elle qualifie d'incertitude majeure empêchant d'évaluer le risque de l'événement ou le caractère adéquat des mesures de santé publique russes. Selon Wprost, elle a été hospitalisée le 29 septembre avec des symptômes de pneumonie sévère et est décédée le 2 octobre. L'OMS n'a vu aucun signe de transmission en cours, mais écrit dans son rapport :
Toutefois, la confiance dans l'évaluation reste limitée par l'absence d'un diagnostic étiologique confirmé et par l'incertitude persistante quant à la source et au mode d'exposition.
Wprost rapporte que le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que l'évaluation des risques est entravée parce que la Russie n'a pas fourni d'informations complètes sur l'événement.
La version russe et la question de la peste
Le 2 octobre, la branche d'Irkoutsk de Rospotrebnadzor a indiqué qu'une commission spéciale d'experts en hygiène et épidémiologie s'était réunie au sujet d'un cas suspecté d'agent pathogène hautement dangereux, et que tous les contacts avaient été testés négatifs à ces agents. Wprost rapporte qu'environ 200 personnes ont été placées en quarantaine et sous observation. Le 6 octobre, le point focal national russe pour le Règlement sanitaire international a informé l'OMS qu'aucun cas de peste n'avait été enregistré dans l'oblast d'Irkoutsk et que l'employée était décédée d'une pneumonie d'étiologie indéterminée après que les tests de plusieurs agents pathogènes hautement dangereux se sont révélés négatifs. Les responsables russes ont également affirmé qu'aucune procédure de sécurité biologique n'avait été enfreinte sur son lieu de travail, selon Wprost. Les premiers articles de médias locaux avaient suggéré qu'elle était morte de la peste après un accident de laboratoire, peut-être un tube à essai brisé, une affirmation que les conclusions officielles ne corroborent pas.
Chronologie des demandes d'information
L'OMS indique avoir appris le décès par des articles de presse le 2 octobre, puis avoir demandé des informations aux autorités russes les 3, 6, 7 et 8 octobre. La première réponse russe est venue le 6 octobre, quatre jours après le début des demandes. La séquence est présentée ci-dessous.
- L'employée est hospitalisée avec des symptômes de pneumonie sévère
- L'employée décède ; l'OMS apprend le décès par des articles de presse
- L'OMS demande des informations aux autorités russes
- La Russie indique qu'aucun cas de peste n'a été enregistré dans l'oblast d'Irkoutsk et que la cause est une pneumonie d'étiologie indéterminée
- Dernière demande d'information de l'OMS répertoriée auprès des autorités russes
Contexte politique
Donald Trump avait déclaré qu'il soulèverait la question de la peste avec Vladimir Poutine, mais après leur appel du vendredi 9 octobre, il a annoncé un accord sur les importations de diesel russe vers les États-Unis. Dans une chronique du Guardian, Devi Sridhar a soutenu que le manque de transparence des autorités russes rend ce cas inhabituel, compte tenu des inquiétudes de longue date sur la recherche sur les armes biologiques. Les premiers articles de médias locaux décrivaient l'institut comme soupçonné d'être impliqué dans de telles recherches, une affirmation qu'aucune source officielle n'a confirmée. Ashish Jha, ancien coordinateur de la réponse au Covid-19 de la Maison-Blanche, a écrit sur les réseaux sociaux que le renseignement américain estime que les scientifiques russes continuent de développer des capacités en armes biologiques.


