Diplomatie · Caracas et Miami

Début des négociations de transition orchestrées par les États-Unis au Venezuela : la députée d'opposition exilée Dinorah Figuera rencontre le dirigeant chaviste Jorge Rodríguez

La députée d'opposition exilée Dinorah Figuera est revenue à Caracas jeudi pour le premier dialogue public avec le parti au pouvoir en près de trois ans, formant une commission conjointe chargée de concevoir une feuille de route démocratique sous l'orchestration de Washington.

Texte IA fondé sur les articles de ANSA.it, France 24, La Razón et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

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En bref

Caracas, Miami · Venezuela, États-Unis
Comment on en est arrivé là
  1. 9 janv.Mandat d'arrêt émis contre Figuera pour usurpation de fonctions, blanchiment d'argent, trahison et conspiration.
  2. 3 janv.Nicolás Maduro capturé lors d'une opération militaire américaine ; Delcy Rodríguez devient présidente par intérim.
  3. 19 juinFiguera rentre d'exil, rencontre Jorge Rodríguez ; une commission conjointe est établie ; elle rencontre également le chargé d'affaires américain John Barrett avant de s'envoler pour Miami.

Le médiateur inattendu

Dinorah Figuera, médecin ayant passé huit ans d'exil en Espagne, est rentrée à Caracas jeudi et est immédiatement devenue le centre du premier dialogue public entre le parti au pouvoir vénézuélien et l'opposition depuis 2023. Son rôle a été orchestré par le département d'État américain, qui l'a invitée à négocier après avoir mis de côté la figure plus importante de l'opposition, María Corina Machado. Figuera, qui a succédé à Juan Guaidó à la tête de l'Assemblée nationale de l'opposition de 2015, vivait à Valence sous le coup d'un mandat d'arrêt émis en janvier 2023. Elle a déclaré que sa mission était institutionnelle, et non politique.

« Je vais à Miami pour évaluer les prochains développements. J'ai de nombreuses réunions. »

Dinorah Figuera, présidente de l'Assemblée nationale de l'opposition de 2015

Un agenda orchestré par Washington

La réunion de jeudi entre Figuera et Jorge Rodríguez, frère de la présidente par intérim Delcy Rodríguez et président de l'actuelle Assemblée nationale, a donné lieu à une commission technique et politique conjointe. Cette commission est chargée d'élaborer une feuille de route pour la reconstruction démocratique, notamment la reconstruction de la Cour suprême et du Conseil national électoral (CNE), et la garantie des conditions de participation politique. Le département d'État américain a rapidement approuvé les pourparlers, son porte-parole Tommy Pigott les qualifiant de « premier pas ».

« Les États-Unis comprennent que cet agenda inclut des priorités clés telles que la reconstruction des institutions démocratiques du Venezuela, le renforcement du CNE, le rétablissement de garanties durables pour la participation politique et la sécurisation des libertés civiques essentielles pour un débat politique ouvert. »

Tommy Pigott, porte-parole du département d'État américain

Machado exclue

Manque notable dans les négociations : María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de proue de l'opposition vénézuélienne, qui avait plaidé pour un dialogue « sérieux » avec Delcy Rodríguez dans le cadre du Manifeste de Panama signé en mai. Figuera a confirmé n'avoir pas parlé à Machado ni aux autres membres de la Plateforme démocratique unie, révélant que les États-Unis avaient contourné la direction établie de l'opposition. Le gouvernement chaviste a choisi de dialoguer avec des factions anti-Maduro extérieures à l'orbite de Machado, une démarche qui signale la volonté de Washington de fragmenter l'opposition pour une transition gérable.

La suite

Figuera a annoncé qu'elle se rendrait à Miami immédiatement après la réunion de Caracas pour de nouvelles consultations. Parallèlement, des réunions de suivi sont prévues la semaine prochaine à Caracas, avec six députés de l'opposition de l'assemblée de 2015 (dont Ramón López et Marco Aurelio Quiñones) et six techniciens gouvernementaux censés mettre au point les détails des réformes judiciaires et électorales. Le chargé d'affaires américain John Barrett, décrit comme un expert en transitions institutionnelles grâce à son expérience au Guatemala, continuera de superviser le processus. L'objectif est une voie électorale à progression lente, priorisant la reconstruction de la Cour suprême et du CNE avant tout vote.

Le paysage post-Maduro

Ces pourparlers interviennent six mois après une opération militaire américaine qui a capturé Nicolás Maduro le 3 janvier, installant Delcy Rodríguez comme présidente par intérim sous la pression américaine. Le gouvernement Rodríguez a depuis accordé l'amnistie à plusieurs figures de l'opposition, dont Figuera, et abrogé de nombreuses menaces juridiques de l'ère Maduro. Cependant, la route vers les élections reste longue, sans date fixée et avec une méfiance profonde entre les parties. L'image surréaliste de deux présidents de parlements parallèles se reconnaissant mutuellement, bien qu'avec une tension visible, saisit le moment extraordinaire que traverse le Venezuela.

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