
Les États-Unis et l'Iran échangent des frappes dans le golfe Persique alors que les pourparlers de cessez-le-feu stagnent et que le pétrole dépasse les 90 $
Des avions de combat américains ont frappé des sites radar et de contrôle de drones iraniens ce week-end, et Téhéran a riposté en lançant des missiles balistiques contre les troupes américaines au Koweït, approfondissant le conflit vieux de trois mois et poussant le brut au-dessus de 90 dollars le baril.
Frappes et représailles du week-end
Le Pentagone a confirmé avoir mené des « frappes de légitime défense » samedi et dimanche contre des installations radar iraniennes et des sites de commandement et de contrôle de drones près de la ville côtière méridionale de Goruk et sur l'île de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz. L'opération était une réponse directe à la destruction par l'Iran d'un drone américain MQ-1 Predator au-dessus des eaux internationales. Des chasseurs américains ont éliminé des défenses aériennes iraniennes, une station de contrôle au sol et deux drones d'attaque à sens unique que le CENTCOM a qualifiés de « menaces claires pour les navires transitant dans les eaux régionales ».
Des chasseurs américains ont rapidement répondu en éliminant les défenses aériennes iraniennes, une station de contrôle au sol et deux drones d'attaque à sens unique qui représentaient une menace claire pour les navires transitant dans les eaux régionales.
Quelques heures plus tard, le Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran a annoncé avoir visé une base aérienne utilisée par les forces américaines pour des opérations contre le sud de l'Iran. L'agence de presse officielle koweïtienne a rapporté que les défenses aériennes interceptaient des missiles et des drones alors que les sirènes retentissaient dans tout le pays. Le CENTCOM a ensuite déclaré que deux missiles balistiques iraniens visant les troupes américaines au Koweït avaient été interceptés et détruits vers 23 heures, heure de la côte Est, et qu'aucun militaire américain n'avait été blessé.
Impasse diplomatique
Cet échange de tirs, le troisième en une seule semaine, intervient alors que les négociations de paix entre Washington et Téhéran sont au point mort. Le président Donald Trump avait affirmé fin avril qu'un accord était « en grande partie négocié », mais une réunion au Situation Room vendredi s'est achevée sans annonce. Les médias américains, dont CBS News, ont rapporté que Trump avait demandé des modifications de dernière minute sur les termes de l'accord, notamment concernant les droits de navigation dans le détroit d'Ormuz et le retrait de l'uranien hautement enrichi de l'Iran.
L'Iran veut vraiment conclure un accord, et ce sera un bon accord pour les États-Unis.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a accusé les États-Unis de « changer constamment de position et de présenter des demandes nouvelles ou contradictoires », avertissant que cela « prolongerait naturellement les négociations ». Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a par ailleurs fait valoir que le blocus naval américain des ports iraniens et l'intensification des opérations israéliennes contre le Hezbollah au Liban constituent « une preuve claire du non-respect par les États-Unis du cessez-le-feu ».
Le Liban complique la donne
Israël a étendu son occupation plus profondément au Liban, et le Hezbollah continue de lancer des drones vers le territoire israélien. Trump a posté sur les réseaux sociaux qu'Israël et le Hezbollah avaient accepté de désamorcer la crise après ses entretiens avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses communications avec le Hezbollah via des médiateurs. Quelques instants plus tard, cependant, Israël a signalé avoir détecté des tirs de missiles depuis le Liban et a averti les habitants du nord d'Israël de se mettre à l'abri.
L'Iran a insisté sur le fait que tout accord global doit inclure un cessez-le-feu au Liban. Un ancien ambassadeur du Pakistan aux États-Unis a noté que les actions d'Israël au Liban compliquent les efforts de médiation menés par le Pakistan entre Washington et Téhéran.
Répercussions économiques et détroit d'Ormuz
La fermeture de facto du détroit d'Ormuz par l'Iran – par lequel transite normalement environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz – continue de perturber les marchés énergétiques mondiaux. Le prix du brut a grimpé de plus de 3 % lundi pour dépasser les 90 dollars le baril, tandis que le prix moyen de l'essence aux États-Unis reste autour de 4,33 dollars le gallon selon l'AAA. L'armée britannique a également signalé qu'un navire cargo a été attaqué au large des côtes irakiennes lundi après-midi.
- L'Iran abat un drone américain MQ-1 Predator au-dessus des eaux internationales.
- Des chasseurs américains frappent des sites radar iraniens, une station de contrôle au sol et deux drones d'attaque près de Goruk et de l'île de Qeshm.
- Les forces américaines interceptent deux missiles balistiques iraniens visant les troupes américaines au Koweït.
- Le Koweït signale des tirs hostiles de drones et de missiles ; les Gardiens de la révolution iraniens revendiquent la responsabilité du ciblage d'une base aérienne américaine.
- Trump affirme qu'Israël et le Hezbollah acceptent de désamorcer la crise ; Israël détecte ensuite des tirs de missiles depuis le Liban.
Trump est sous une pression intérieure croissante pour rouvrir la voie maritime stratégique et faire baisser les prix du carburant avant les élections législatives de novembre, même si les faucons anti-Iran de son propre parti l'avertissent de ne faire aucune concession à Téhéran. Les deux camps restent dans l'impasse sur l'allègement des sanctions et la libération de dizaines de milliards de dollars de recettes pétrolières iraniennes gelées dans des banques étrangères.


