
L'UE ordonne à Google d'ouvrir Android aux IA concurrentes et de partager les données de recherche en vertu du DMA, à partir de 2027
La Commission européenne a adopté deux décisions contraignantes au titre du règlement sur les marchés numériques, obligeant Google à donner accès à 11 fonctionnalités d'Android aux assistants IA concurrents et à partager des données de recherche anonymisées avec ses concurrents à partir de janvier 2027.
Deux décisions contraignantes
La Commission européenne a adopté deux décisions contraignantes au titre du règlement sur les marchés numériques le 16 juillet 2026, précisant comment Google doit se conformer aux obligations d'interopérabilité et de partage de données. Ces mesures visent Android et Google Search, dans le but d'ouvrir l'écosystème de l'entreprise aux assistants IA concurrents et aux moteurs de recherche. Les décisions font suite à des procédures de spécification ouvertes six mois plus tôt, après que la Commission a identifié que les pratiques de Google limitaient la concurrence.
Interopérabilité Android
Google doit accorder aux assistants IA tiers l'accès à 11 fonctionnalités de son système d'exploitation Android, les mettant sur un pied d'égalité avec son propre service Gemini. Actuellement, les assistants IA concurrents n'ont qu'un accès restreint aux fonctions clés d'Android, ce qui, selon la Commission, limite leur capacité à offrir des services innovants aux 60 % d'utilisateurs de l'UE possédant un appareil Android. En vertu des nouvelles règles, les utilisateurs pourront activer un assistant IA concurrent par commande vocale, similaire à la commande « hey Google », et déléguer des tâches telles que la réservation d'un taxi, la réservation de restaurant ou la récupération d'informations sur un lieu récemment visité. Les changements prendront effet à partir de juillet 2027 avec la prochaine mise à jour majeure d'Android. Google n'offrira les 11 fonctionnalités qu'aux concurrents répondant aux critères de sécurité et de confidentialité, et la Commission affirme que les mesures contiennent des garanties solides pour protéger la vie privée des utilisateurs et la sécurité des appareils.
Partage des données de recherche
La deuxième décision oblige Google à partager les données qu'il collecte pour optimiser ses propres services de recherche avec OpenAI et d'autres chatbots IA dotés de fonctionnalités de recherche. Les données doivent être anonymisées, et Google peut d'abord évaluer si les concurrents présentent des risques de cybersécurité ou de protection des données avant d'accorder l'accès. La mesure comprend une formule pour calculer le prix des données partagées et sera mise en œuvre à partir de janvier 2027. La Commission espère ainsi rééquilibrer le terrain de jeu en donnant aux moteurs de recherche tiers accès à des données que seul Google Search peut collecter à grande échelle.
- La Commission européenne adopte deux décisions contraignantes dans le cadre du DMA
- Google doit commencer à partager des données de recherche anonymisées avec ses concurrents
- La mise à jour Android ouvre 11 fonctionnalités aux assistants IA tiers
Google riposte
Le président des affaires mondiales de Google, Kent Walker, a vivement critiqué les décisions, avertissant qu'elles pourraient compromettre la vie privée et la sécurité des utilisateurs.
Les décisions d'aujourd'hui risquent de compromettre des garde-fous essentiels en matière de vie privée et de sécurité pour des millions d'Européens.
Walker a déclaré que la société avait proposé à plusieurs reprises des solutions pour protéger les utilisateurs tout en répondant aux objectifs du DMA, mais que la Commission « écarte les preuves substantielles de préjudices subis par les utilisateurs ». Il a fait valoir que les assistants IA utilisent déjà les capacités d'Android en toute sécurité, les fabricants de téléphones jouant un rôle clé dans la validation, et que la décision sur Android menace la sécurité des appareils en accordant aux applications externes des autorisations sensibles sans ces garanties. Concernant le partage des données de recherche, Walker a averti que les recherches privées des Européens seraient exposées à des entreprises inconnues sans anonymisation adéquate ni consentement de l'utilisateur, affaiblissant la vie privée des citoyens, mettant en danger les secrets commerciaux des entreprises et menaçant la sécurité nationale.
L'UE défend cette décision
La responsable technologique de l'UE, Henna Virkkunen, a déclaré que les mesures visent à créer des alternatives aux services de Google.
Grâce à ces mesures, nous espérons voir émerger des alternatives à Google Search et aux services d'IA de Google, comme Gemini, et que les utilisateurs de l'UE puissent bénéficier d'un plus grand choix de services.
La vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Teresa Ribera, a ajouté que la société traverse une profonde transformation numérique et que l'UE doit garantir que le processus soit équitable et que les citoyens aient des choix. Elle a déclaré que la décision aiderait les petits concurrents, les moteurs de recherche et les assistants IA à être compétitifs tout en protégeant la vie privée des utilisateurs. La Commission a souligné que les mesures contiennent des garanties solides et que Google n'ouvrira ses fonctionnalités qu'aux concurrents répondant aux critères de sécurité et de confidentialité. L'UE a récemment imposé des exigences d'interopérabilité similaires à Apple et a exigé que Meta démantèle des fonctionnalités addictives telles que les flux infinis, renforçant ainsi son rôle de leader mondial dans la régulation des gardiens du numérique.


