
Le ministre de la Justice français soutient les fichiers de surveillance pour les pédocriminels après le meurtre de Lyhanna
Gérald Darmanin a déclaré à l’Assemblée nationale qu’il soutient la création de fichiers administratifs pour surveiller les délinquants sexuels condamnés, sur le modèle des 'fiches S' utilisées pour les suspects de terrorisme, après le meurtre de Lyhanna, 11 ans.
La proposition
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin s'est dit « très favorable » à une proposition du député Antoine Vermorel-Marques (Les Républicains) visant à créer un « fichier de pré-détection des risques d'infractions sexuelles sur mineurs ». Ce fichier regrouperait les données des bases judiciaires existantes par des interconnexions. Darmanin a indiqué que le principe et les dispositions seraient adoptés dans le projet de loi du gouvernement sur la protection de l'enfance, dont l'examen commence à l'Assemblée nationale en juillet.
Je suis personnellement très favorable à la proposition que vous faites.
L'affaire Lyhanna
La proposition intervient quelques semaines après la mort de Lyhanna, une écolière de 11 ans tuée dans le Gers à la fin du mois de mai. Le principal suspect, Jérôme Barella, avait fait l'objet de plusieurs plaintes et signalements pour viol avant le meurtre, mais aucune action n'a été entreprise par la justice ou la gendarmerie. L'affaire a suscité un examen minutieux de la manière dont la France traite les signalements préalables concernant les délinquants sexuels sur mineurs.
L'obstacle de la CNIL
Darmanin a reconnu que la création de tels fichiers administratifs nécessiterait l'approbation de la CNIL, l'autorité française de protection des données. Il a noté que la CNIL refuse d'autoriser ce type de fichier pour les services de renseignement, de police, de gendarmerie et de justice « depuis les années 2000 et 2010 ». Le ministre a proposé au président de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, de demander conjointement à la CNIL de « débloquer très rapidement ces interconnexions de fichiers qui, en effet, nous font défaut, et qui sont autorisées dans d'autres pays européens ».
Pour cela, le ministère de l'Intérieur devrait créer un fichier administratif, même s'il est alimenté par des mesures de renseignement, y compris judiciaires.
Prochaines étapes
Le projet de loi sur la protection de l'enfance est prévu pour un débat parlementaire à partir de juillet. Le soutien de Darmanin indique que le gouvernement entend intégrer le mécanisme de surveillance dans cette législation, même si la position de la CNIL reste un obstacle important.


