
Effondrement d'un glacier himalayen : 683 morts et 3 000 disparus au Népal et au Tibet
Une coulée de débris provoquée par l'effondrement d'un glacier a tué 683 personnes et laissé 3 000 disparus au Népal et au Tibet, suscitant des appels à une aide à la reconstruction de plusieurs milliards.
Les opérations de recherche confrontées à des conditions difficiles
L'effondrement d'un glacier près de la frontière sino-népalaise de haute altitude a envoyé un torrent d'eau, de glace, de boue et de débris à travers les vallées montagneuses mercredi 26 août. Samedi 29 août, les autorités de secours ont confirmé 683 décès dans la région, dont 675 dans le nord du Népal et sept au Tibet. Des unités de recherche composées de milliers de militaires, de policiers civils et de forces de police armée ont déployé des hélicoptères pour atteindre les vallées isolées où l'accès routier était coupé. Les conditions météorologiques défavorables, les fortes pluies, le brouillard épais et la crainte qu'un lac de barrage en amont ne déborde ont contraint les autorités à suspendre temporairement les opérations de sauvetage samedi.
Environ 3 000 personnes restent portées disparues dans l'Himalaya, dont 2 426 du côté népalais et environ 500 au Tibet. Les autorités chinoises ont déclaré que 260 étrangers figuraient parmi les disparus au Tibet, tandis que le registre des disparus du Népal comprend des ressortissants de plus de 30 pays, dont trois Portugais. Les secouristes ont évacué 184 touristes étrangers vivants via le Nepal Tourism Board, tandis que des équipes spécialisées tentaient d'atteindre des centaines de travailleurs industriels présumés piégés dans des tunnels hydroélectriques inondés.
- Népal
- 2426
- Tibet
- 500
Crise d'identification médico-légale et appels à la reconstruction
Les secouristes ont rencontré des difficultés croissantes alors que l'épaisse boue de la rivière durcissait sur les structures submergées. Trois jours après la catastrophe, les morgues ont atteint leur capacité et les corps retrouvés ont commencé à se décomposer, obligeant les autorités à prélever des échantillons d'ADN avant d'enterrer les victimes non identifiées dans des parcelles forestières communautaires. Le ministre des Affaires étrangères Shisir Khanal a demandé une aide internationale pour des installations mortuaires réfrigérées, du matériel d'identification par ADN et une technologie de détection de vie capable de localiser les survivants sous les décombres.
Nos capacités sanitaires pour conserver ces corps sont limitées.
Khanal a estimé que le rétablissement à long terme et la reconstruction des infrastructures nécessiteront plusieurs milliards de dollars après des évaluations détaillées des dégâts. Plusieurs partenaires internationaux ont annoncé des enveloppes d'urgence initiales pour soutenir les opérations de secours sur le terrain. Ces promesses comprenaient 2 millions d'euros de l'Union européenne, 5 millions de livres sterling (5,8 millions d'euros) du Royaume-Uni et 5 millions de dollars canadiens (3,1 millions d'euros) du Canada.
- Royaume-Uni
- 5.8 €M
- Canada
- 3.1 €M
- Union européenne
- 2 €M
Coopération bilatérale et vulnérabilité climatique
L'Institut d'études géologiques des États-Unis a confirmé que la catastrophe provenait d'une rupture de glacier de haute altitude. Les glaciers himalayens fournissent de l'eau à environ deux milliards de personnes, mais les taux de fonte ont doublé depuis 2000 selon une étude du Centre international pour le développement intégré des montagnes citée par le correspondant environnemental Navin Singh Khadka. Après des entretiens téléphoniques avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, Khanal a annoncé que le Népal et la Chine mettront en place un mécanisme conjoint pour étudier les risques glaciaires et partager en temps réel les données hydrologiques. Wang a confirmé que la Chine avait transmis des images satellite, des relevés hydrologiques et des alertes précoces concernant les lacs de barrage en amont.
S'adressant aux journalistes à Katmandou samedi, Khanal a exhorté la communauté internationale à agir pour protéger l'écosystème himalayen. Il a souligné le contraste marqué entre les émissions minimes du pays et sa grave exposition aux dangers du réchauffement climatique. Le ministre a appelé la communauté internationale à s'unir pour protéger les populations vulnérables des montagnes.
Le Népal émet moins de 0,01 % des gaz à effet de serre, mais nous, le peuple népalais, sommes parmi les premières victimes du changement climatique.


