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Santé & Éducation·-2 h

Une femme sur deux en France a subi des violences gynécologiques ou obstétricales, selon une enquête de référence

Une enquête nationale auprès de plus de 10 000 patientes dresse un tableau saisissant de violations systématiques du consentement, de discriminations et de douleurs ignorées lors des soins intimes en France.

L'ampleur du problème

Plus de 10 000 personnes ont participé à la première enquête nationale de l'association StopVOG, publiée le 18 juin 2026. Près de la moitié des répondantes (45,1 %) ont déclaré avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales. Les chiffres se décomposent en 28,7 % de violences gynécologiques et 24,5 % de violences obstétricales, de nombreuses personnes ayant subi les deux. Ces résultats interviennent 24 ans après la loi Kouchner de 2002, qui a consacré le droit au consentement libre et éclairé pour tout acte médical.

Le consentement bafoué au quotidien

L'enquête montre que le consentement reste « largement entravé ». Au total, 88 % des répondantes ont rapporté un manque de respect de leur intimité lors des consultations gynécologiques, et 80,95 % ont déclaré avoir subi au moins une violation du consentement lors d'un examen. Plus de la moitié (56,3 %) ont subi au moins une violation grave que l'association classe comme potentiellement assimilable à une violence sexuelle. Plus de la moitié des participantes ont indiqué qu'un examen s'était poursuivi malgré la douleur exprimée et leur souhait d'arrêter ; dans 4,1 % des cas, l'examen a eu lieu même après un refus explicite.

Principaux résultats de l'enquête sur le consentement et les discriminations · %
Intimité non respectée
88 %
Au moins une violation du consentement lors d'un examen
80.95 %
Violation grave (violence sexuelle possible)
56.3 %
Discriminations subies
40 %

Douleur ignorée et voix étouffées

Les répondantes ont décrit le déni de leur douleur et de leurs effets secondaires en matière de menstruations ou de contraception, plus d'une sur deux affirmant que leurs plaintes avaient été minimisées. Une patiente nommée Camille a déclaré à RFI :

« Montez sur la table, déshabillez-vous, écartez les jambes, les pieds dans les étriers. Détendez-vous, il faut vous détendre… Oui, plus facile à dire qu'à faire ! Donc forcément, je n'étais pas du tout à l'aise. »

Environ une répondante sur dix a signalé des attouchements inappropriés sur des parties intimes, et 4,5 % ont dénoncé des mouvements de « va-et-vient » dans le vagin effectués par des professionnels de santé.

Discriminations au cabinet

Près de 40 % des répondantes ont été confrontées à des discriminations au cours de leur parcours de soins. Le sexisme, la grossophobie, le racisme et les préjugés liés à l'orientation sexuelle, à l'identité de genre, au handicap ou aux choix reproductifs ont tous été cités. L'enquête note que ces expériences poussent les femmes à renoncer aux soins : la moitié des répondantes avaient déjà abandonné un suivi après une mauvaise expérience.

Qui sont les auteurs ?

Les gynécologues ont été cités par près de 40 % des victimes comme étant à l'origine de ces actes. D'autres médecins (radiologues, anesthésistes, échographistes et généralistes) ont été cités par environ 15 % des personnes. Les sages-femmes ont été signalées par 12,7 % des victimes, tandis que les internes, les étudiants en soins infirmiers, les infirmières puéricultrices, les ostéopathes et les kinésithérapeutes ont également été mentionnés. StopVOG pointe un manque de formation au consentement comme cause profonde, ainsi que des cultures médicales hiérarchiques qui réduisent les patientes au silence.

Appels à un changement systémique

L'association, qui fait partie d'une coalition féministe réclamant une législation globale contre les violences sexistes et sexuelles, exige des réformes concrètes. L'enquête elle-même interroge les répondantes sur les moyens d'améliorer les pratiques, beaucoup appelant à une meilleure formation, un contrôle indépendant et une véritable culture du consentement dans les cabinets de gynécologie où le corps est encore trop souvent traité comme un objet.

Paris

4 sources

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