Santé & Éducation · Paris
Une femme sur deux en France a subi des violences gynécologiques ou obstétricales, selon une enquête de référence
Une enquête nationale auprès de plus de 10 000 patientes dresse un tableau saisissant de violations systématiques du consentement, de discriminations et de douleurs ignorées lors des soins intimes en France.
Texte IA fondé sur les articles de 20minutes, Ouest France, BFMTV et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).
En bref
45,1 % des plus de 10 000 répondantes ont subi des violences gynécologiques ou obstétricales, révèle la première enquête nationale du genre.
80,95 % des participantes ont rapporté au moins une violation du consentement lors d'un examen gynécologique ; 88 % ont estimé que leur intimité n'était pas respectée.
Plus de la moitié ont déclaré qu'un examen s'était poursuivi malgré la douleur et une demande d'arrêt, et 4,1 % ont subi un acte après un refus explicite.
Près de 40 % des répondantes ont cité des discriminations (sexisme, grossophobie, racisme et préjugés liés à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre) durant les soins.
Les gynécologues ont été désignés comme auteurs des violences par près de 40 % des victimes, suivis par d'autres médecins (15 %) et les sages-femmes (12,7 %).
La moitié des personnes interrogées ont déclaré avoir déjà renoncé à un suivi médical après une consultation traumatisante.
L'ampleur du problème
Plus de 10 000 personnes ont participé à la première enquête nationale de l'association StopVOG, publiée le 18 juin 2026. Près de la moitié des répondantes (45,1 %) ont déclaré avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales. Les chiffres se décomposent en 28,7 % de violences gynécologiques et 24,5 % de violences obstétricales, de nombreuses personnes ayant subi les deux. Ces résultats interviennent 24 ans après la loi Kouchner de 2002, qui a consacré le droit au consentement libre et éclairé pour tout acte médical.
Le consentement bafoué au quotidien
L'enquête montre que le consentement reste « largement entravé ». Au total, 88 % des répondantes ont rapporté un manque de respect de leur intimité lors des consultations gynécologiques, et 80,95 % ont déclaré avoir subi au moins une violation du consentement lors d'un examen. Plus de la moitié (56,3 %) ont subi au moins une violation grave que l'association classe comme potentiellement assimilable à une violence sexuelle. Plus de la moitié des participantes ont indiqué qu'un examen s'était poursuivi malgré la douleur exprimée et leur souhait d'arrêter ; dans 4,1 % des cas, l'examen a eu lieu même après un refus explicite.
- Intimité non respectée
- 88 %
- Au moins une violation du consentement lors d'un examen
- 80.95 %
- Violation grave (violence sexuelle possible)
- 56.3 %
- Discriminations subies
- 40 %
Données tirées du texte de l’article
Douleur ignorée et voix étouffées
Les répondantes ont décrit le déni de leur douleur et de leurs effets secondaires en matière de menstruations ou de contraception, plus d'une sur deux affirmant que leurs plaintes avaient été minimisées. Une patiente nommée Camille a déclaré à RFI :
« « Montez sur la table, déshabillez-vous, écartez les jambes, les pieds dans les étriers. Détendez-vous, il faut vous détendre… Oui, plus facile à dire qu'à faire ! Donc forcément, je n'étais pas du tout à l'aise. » »
Discriminations au cabinet
Près de 40 % des répondantes ont été confrontées à des discriminations au cours de leur parcours de soins. Le sexisme, la grossophobie, le racisme et les préjugés liés à l'orientation sexuelle, à l'identité de genre, au handicap ou aux choix reproductifs ont tous été cités. L'enquête note que ces expériences poussent les femmes à renoncer aux soins : la moitié des répondantes avaient déjà abandonné un suivi après une mauvaise expérience.
Qui sont les auteurs ?
Les gynécologues ont été cités par près de 40 % des victimes comme étant à l'origine de ces actes. D'autres médecins (radiologues, anesthésistes, échographistes et généralistes) ont été cités par environ 15 % des personnes. Les sages-femmes ont été signalées par 12,7 % des victimes, tandis que les internes, les étudiants en soins infirmiers, les infirmières puéricultrices, les ostéopathes et les kinésithérapeutes ont également été mentionnés. StopVOG pointe un manque de formation au consentement comme cause profonde, ainsi que des cultures médicales hiérarchiques qui réduisent les patientes au silence.
Appels à un changement systémique
L'association, qui fait partie d'une coalition féministe réclamant une législation globale contre les violences sexistes et sexuelles, exige des réformes concrètes. L'enquête elle-même interroge les répondantes sur les moyens d'améliorer les pratiques, beaucoup appelant à une meilleure formation, un contrôle indépendant et une véritable culture du consentement dans les cabinets de gynécologie où le corps est encore trop souvent traité comme un objet.
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Sources et contexte
- 20minutesUn quart des Françaises aurait déjà été victime de violences gynécologiques
- Ouest FranceViolences gynécologiques et obstétricales : le consentement des patientes " encore largement entravé ", pointe une étude
- BFMTVPrès d'une patiente sur deux dit avoir subi des violences obstétricales ou gynécologiques
- RFIReportage France - En France, les violences obstétricales ou gynécologiques pointées par un rapport accablant
- Camille
- Patiente ayant partagé son expérience de se sentir objectivée lors d'une consultation gynécologique avec RFI.
- Lieux
- Paris
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