
La coalition allemande se divise sur le projet du ministère des Finances de taxer le sucre et les boissons sans calories
Le ministère allemand des Finances a proposé une taxe progressive sur les boissons sucrées et édulcorées à partir de 2027, suscitant des objections du ministère de l'Agriculture et des députés de l'Union sur le champ d'application et les objectifs de recettes.
Portée de la proposition du ministère des Finances
Le ministère fédéral des Finances, dirigé par le vice-chancelier Lars Klingbeil (SPD), a rédigé un projet de taxe à trois niveaux sur les boissons sucrées à partir de 2027. Selon le document d'orientation, les boissons contenant 4,5 grammes de sucre pour 100 millilitres seraient soumises à une taxe de 26 centimes par litre. Le taux passerait à 32 centimes pour les boissons contenant sept grammes de sucre, et atteindrait 38 centimes par litre pour celles contenant dix grammes ou plus. Outre les boissons sucrées, le ministère des Finances propose d'appliquer le taux de base de 26 centimes par litre aux boissons sans sucre édulcorées avec des substituts artificiels. La taxe couvrirait les limonades, les nectars de fruits, les jus de fruits à base de concentré, le lait d'avoine, les cafés prêts à boire, les thés glacés, ainsi que la bière et le vin sans alcool. Le lait pur et les jus de fruits à 100 % resteraient exonérés.
Le ministère a expliqué sa justification pour élargir le champ d'application dans son document interne.
L'inclusion des sirops, concentrés et granulés dans le champ de la taxe est nécessaire pour éviter les tendances à la substitution connues dans d'autres pays.
- Boissons édulcorées artificiellement
- 26 cents/L
- 4,5 g de sucre pour 100 ml
- 26 cents/L
- 7,0 g de sucre pour 100 ml
- 32 cents/L
- 10,0 g et plus de sucre pour 100 ml
- 38 cents/L
Opposition du ministère de l'Agriculture
Le ministère fédéral de l'Alimentation et de l'Agriculture, dirigé par Alois Rainer (CSU), a émis une réserve formelle contre le projet dans une lettre datée du 12 août 2026. Le ministère de l'Agriculture a fait valoir que le projet de Klingbeil s'écarte considérablement du cadre établi par la Commission de financement de la santé (FKG). La commission d'experts indépendante avait recommandé une taxe à deux niveaux calquée sur le système britannique, avec des seuils de 25 centimes par litre à cinq grammes de sucre pour 100 millilitres et de 32 centimes à huit grammes. Le département de Rainer a soutenu que l'ajout d'un seuil d'entrée inférieur à 4,5 grammes, de trois niveaux et des édulcorants non sucrés dépasse le mandat des experts.
Le ministère de l'Agriculture a également noté que la taxation des édulcorants artificiels supprime les incitations pour les consommateurs et les fabricants à s'éloigner des recettes riches en sucre. En outre, le ministère a demandé de reporter la mise en œuvre au-delà de 2027 pour donner à l'industrie agroalimentaire le temps d'adapter ses formulations et sa logistique.
Projections de recettes et allocations budgétaires
Les projections financières constituent une autre division centrale entre les partenaires de la coalition. Le paquet de réforme de la santé initial adopté par le cabinet fin avril 2026 visait à ce que la taxe sur les boissons stabilise le système d'assurance maladie légale, avec un objectif de 650 millions d'euros en 2027 et d'au moins 450 millions d'euros par an à partir de 2028. Cependant, les calculs conjoints des ministères de l'Économie et de l'Agriculture estiment que la taxation des boissons gazeuses selon le nouveau projet générerait environ deux milliards d'euros par an. Le ministère des Finances a l'intention d'affecter les recettes excédentaires au budget fédéral général pour combler les déficits budgétaires.
- Objectif du fonds de santé 2027
- 650 M€
- Objectif annuel du fonds de santé à partir de 2028
- 450 M€
- Recettes estimées des boissons gazeuses
- 2000 M€
Opposition parlementaire et médiation
L'opposition au sein de la coalition au pouvoir s'étend au groupe parlementaire de l'Union au Bundestag. La porte-parole en matière de politique de santé, Simone Borchardt, a clairement exprimé sa résistance à l'inclusion des produits sans sucre dans l'assiette fiscale.
Je rejette une taxe sur les boissons sans sucre dans les termes les plus clairs.
Borchardt a fait valoir que la taxation des substituts du sucre contredit les objectifs de la politique de santé et enfreint les accords de coalition antérieurs. Alors que le ministère de l'Agriculture bloque le document d'orientation, le ministère fédéral de la Santé, dirigé par Carsten Linnemann (CDU), est chargé de servir de médiateur entre les positions du SPD et de la CSU. Alors que le ministère des Finances a déclaré que la responsabilité principale du projet incombe au ministère de la Santé, le bureau de Linnemann n'a pas immédiatement répondu aux demandes des médias concernant le calendrier des négociations de la coalition.


