
Les partis roumains s'affrontent sur la loi d'intégrité risquant 770 millions d'euros de fonds européens
La Roumanie fait face à un conflit politique autour de la législation sur l'intégrité liée à 770 millions d'euros de fonds de relance PNRR, après une intervention des dirigeants des partis européens.
Blocage législatif autour du projet de loi sur l'intégrité
La Chambre des députés roumaine a approuvé un projet de loi révisé sur l'intégrité le 24 août 2026, avec 183 voix pour, 84 contre et trois abstentions. Le Parti social-démocrate (PSD) et le Parti national libéral (PNL) ont voté en faveur de la législation, tandis que l'Union sauvez la Roumanie (USR) et l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR) ont voté contre. Le projet de loi était revenu au Parlement après une décision de la Cour constitutionnelle de Roumanie (CCR) et introduisait des fiches d'intérêt financier public en remplacement des déclarations de patrimoine traditionnelles. En réponse aux dispositions susceptibles de mettre fin aux mandats locaux, l'USR a soumis une proposition législative alternative le 25 août 2026. Les réunions des commissions spécialisées du Sénat ont été reportées au 26 août 2026, avant l'échéance législative finale du 31 août 2026.
- La Chambre des députés adopte le projet de loi sur l'intégrité avec 183 voix pour.
- L'USR soumet un projet alternatif sans l'amendement contesté sur les mandats locaux.
- La commission juridique du Sénat se réunit pour examiner la législation.
- Date limite visée pour l'adoption de la législation requise pour le jalon du PNRR.
Intervention européenne sur les fonds de relance
Le conflit intérieur a atteint Bruxelles après que le président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, et la présidente de Renew Europe, Valérie Hayer, ont envoyé une lettre conjointe à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Les deux dirigeants ont demandé l'intervention de la Commission et ont demandé que le décaissement de 770 millions d'euros au titre du Plan national de relance et de résilience (PNRR) de la Roumanie soit conditionné à la modification des règles d'intégrité contestées. Le chef des sénateurs USR, Sorin Șipoș, a qualifié le projet alternatif de filet de sécurité pour empêcher la Roumanie de perdre les fonds de relance et de subir des sanctions liées à l'État de droit, similaires à celles de la Hongrie.
Sous la forme adoptée par la Chambre des députés, la loi ANI ne satisfait pas aux exigences de la Commission européenne et nous risquons non seulement de perdre l'argent en n'atteignant pas les jalons assumés dans le cadre du PNRR, mais aussi d'autres sanctions plus graves.
Mandats contestés et responsables locaux
La controverse porte sur un amendement au cadre de l'Agence nationale d'intégrité (ANI) que les opposants appellent la disposition anti-Fritz. L'USR affirme que cet amendement vise à destituer le maire de Timișoara, Dominic Fritz, qui a fait l'objet de décisions de conflit d'intérêts de la part de deux instances judiciaires. Les responsables du PSD ont rejeté les accusations de ciblage politique, déclarant que la loi est conforme aux exigences de la Cour constitutionnelle et entraînera le retrait de 47 autres élus locaux en situation d'incompatibilité ou de conflit d'intérêts. Les représentants de l'USR ont déclaré que le cadre doit respecter la non-rétroactivité, l'application uniforme et la modernisation des mécanismes de prévention.
- Pour
- 183 voix
- Contre
- 84 voix
- Abstentions
- 3 voix
Les partis politiques s'accusent mutuellement d'hypocrisie
La délégation du PSD au Parlement européen a critiqué le PNL et l'USR pour avoir porté des conflits politiques intérieurs devant les institutions européennes. Le PSD a noté que les députés du PNL ont voté pour le projet de loi sur l'intégrité à Bucarest tandis que leur affilié européen, le PPE, contestait la même mesure à Bruxelles. Les représentants du PSD ont également déclaré que lorsqu'ils étaient dans l'opposition, ils ont fourni des votes pour remplir les jalons législatifs du PNRR et que les intérêts des partis ne doivent pas mettre en danger les fonds européens pour la Roumanie. L'eurodéputée du PSD, Gabriela Firea, a déclaré que la Roumanie ne négociera pas son État de droit avec des partenaires externes.
Maintenir en fonction un maire reconnu coupable de conflit d'intérêts, au mépris des décisions judiciaires définitives, ne signifie pas l'État de droit.
Firea a affirmé que le PSD votera pour la version approuvée par la Cour constitutionnelle lorsque le projet de loi arrivera en séance plénière au Sénat.


