
Les constructeurs chinois gagnent du terrain au Mondial de Paris, l'UE plafonne les importations d'hybrides et Stellantis et Renault plaident pour l'inclusion du Royaume-Uni
Le Mondial de l'automobile de Paris a ouvert ses portes lundi 12 octobre 2026, avec environ 20 marques chinoises exposantes, alors que l'UE a confirmé un plafond annuel de 350 000 voitures hybrides importées de Chine. Stellantis et Renault ont soutenu l'inclusion du Royaume-Uni dans les règles proposées du « fabriqué en Europe ».
Les marques chinoises gagnent du terrain à Paris
Le Mondial de l'automobile de Paris a ouvert ses portes lundi 12 octobre 2026 et se tient jusqu'au 18 octobre. Le décompte des exposants chinois varie selon les sources : Ouest France a compté 21 stands sur 49, RFI a recensé 20 constructeurs chinois, soit autant que de marques européennes, et France 24 avance un chiffre supérieur à 20, le double d'il y a deux ans. Courrier international, citant The Economist et la Frankfurter Allgemeine Zeitung, écrit qu'une vingtaine des quelque 60 marques présentes viennent d'Asie de l'Est. RFI rapporte également que les exportations de véhicules hybrides vers l'UE ont triplé au premier semestre, atteignant 7,5 milliards de dollars.
Li Auto, que RFI présente comme le premier fabricant chinois de voitures électriques et hybrides haut de gamme, expose à Paris et en Europe pour la première fois. Un porte-parole de l'entreprise a déclaré que son modèle i6 avait été conçu pour les clients européens. SAIC, Chery et BYD, qui représentent selon RFI 90 % des ventes de véhicules chinois dans le bloc européen, sont arrivés avec de grands stands et une dizaine de modèles chacun.
Lionel French Keogh, directeur des opérations du groupe Chery en France, attend un demi-million de visiteurs pendant le salon. Il a déclaré que les prix chinois sont plus compétitifs que ceux des constructeurs européens traditionnels malgré les droits de douane à l'importation de l'UE.
Quota européen et question britannique
L'UE a confirmé lundi qu'elle limiterait les importations de véhicules électriques hybrides en provenance de Chine à 350 000 voitures par an, le quota entrant en vigueur en décembre. L'UE s'attend à ce qu'il réduise de moitié la part de marché chinoise, que le Guardian chiffre à 6 %, dans le cadre d'un accord de quatre ans conclu la semaine dernière à Pékin. Selon le projet de loi sur l'accélérateur industriel, les voitures devront être « fabriquées en Europe » et contenir suffisamment de pièces et de matériaux européens pour être éligibles aux aides à l'achat de véhicules électriques et aux marchés publics.
Emanuele Cappellano, qui dirige les marques européennes de Stellantis, et François Provost, directeur général de Renault, ont estimé que le Royaume-Uni devrait être effectivement compté comme l'un des 27 États membres de l'UE pour les règles proposées. Ils ont également exhorté le gouvernement britannique à envisager de limiter les importations de voitures chinoises. La Grande-Bretagne risque l'exclusion si Bruxelles adopte une définition stricte de « européen » couvrant uniquement les pays de l'UE. Stellantis possède encore une usine britannique à Ellesmere Port, dans le Merseyside, qui produit de petits utilitaires.
La part européenne et l'avertissement du tsunami
Ouest France rapporte que les marques chinoises représentent désormais plus de 10 % des ventes de voitures en Europe, un niveau que les spécialistes attendaient vers 2030. Bernard Jullien, économiste spécialiste du secteur automobile, attribue cette progression à la naïveté européenne et à une protection insuffisante.
Il faut endiguer le tsunami en Europe.
Jullien a déclaré que les constructeurs japonais avaient mis plus de 30 ans à atteindre 10 % de part de marché. Il a jugé insuffisants les droits de douane actuels sur les voitures électriques chinoises et souligné que les hybrides et hybrides rechargeables ne font l'objet d'aucune taxe à l'importation. Il a noté que le secteur emploie 13,6 millions de personnes en Europe. Ouest France cite également la marque Jaecoo, arrivée en France en avril et déjà vendue chez des concessionnaires discount ce même mois.
Lancements et stratégie industrielle
Emmanuel Macron a assisté au salon lundi, inaugurant la 91e édition. Le point d'orgue est la réédition électrique de la 2 CV, selon France 24. Stellantis mise sur des petites voitures électriques abordables pour reconquérir des clients, et le directeur général de Citroën, Xavier Chardon, s'est entretenu avec France 24 de la renaissance de la Citroën 2CV. John Bozzella, directeur général de l'Alliance for Automotive Innovation, a évoqué avec France 24 le défi que représentent les concurrents chinois pour les constructeurs européens et nord-américains.


