En bref
La Pologne, l'Italie et le groupe de Visegrad demandaient un report à au moins 2030, mais le document du sommet ne l'a pas accordé. ETS2 reste prévu pour 2028 en l'état actuel des règles.
Le texte final demande à la Commission de réévaluer tous les effets d'ETS2, en particulier sa conception et ses mécanismes de sauvegarde, ce qui, selon RMF FM, ouvre la voie à un possible report.
Tusk s'est opposé à l'affectation d'une partie des recettes de l'ETS au budget de l'UE pour 2028-2034. RMF FM estime que si 30 % des recettes de l'ETS allaient au budget, la Pologne enverrait plus d'un milliard d'euros par an à Bruxelles.
Le président Karol Nawrocki est présenté par RMF FM comme un opposant ferme à l'ETS, et toute règle créant de nouvelles recettes pour le budget de l'UE nécessiterait sa signature.
- 18 avr.Vote final sur la directive de révision de l'ETS, cité par Jacek Ozdoba
- 15 oct.Le sommet de l'UE s'achève sans le report d'ETS2 à 2030 demandé par la Pologne
- 2028Date d'entrée en vigueur d'ETS2 en l'état actuel des règles
- 2030Objectif de report demandé par la Pologne, l'Italie et le groupe de Visegrad
Issue du sommet
Le jeudi 15 octobre, les dirigeants de l'UE réunis à Bruxelles n'ont pas accordé le report d'ETS2 à au moins 2030 que la Pologne réclamait avec l'Italie et le groupe de Visegrad, rapporte RMF FM. En l'état actuel des règles, ETS2 doit entrer en vigueur en 2028 et étend la tarification carbone au transport routier et aux bâtiments. Le document final du sommet demande en revanche à la Commission européenne de réévaluer tous les effets du système, en particulier sa conception et ses mécanismes de sauvegarde. Des diplomates polonais ont déclaré à RMF FM que cette formulation ouvrait une porte, mais qu'un report à 2030 n'est pas décidé et que le sujet reste ouvert.
Une nuit de discussions
Le premier ministre tchèque Andrej Babiš a déclaré à RMF FM que les discussions sur les prix de l'énergie et sur l'ETS s'étaient poursuivies jusqu'à minuit et que le groupe avait bloqué à plusieurs reprises l'adoption des conclusions du sommet. Il a indiqué que Giorgia Meloni et lui avaient présenté deux graphiques qui, selon lui, montraient qu'ETS1 ne correspondait pas aux prévisions de la Commission de 2020 et pénalisait l'industrie européenne. La Pologne, l'Italie et le groupe de Visegrad soutenaient que les prix élevés de l'énergie laissent les entreprises sans marge de manœuvre. La Suède, la Finlande et le Danemark ont pris la position inverse, avertissant qu'affaiblir le système pourrait compromettre les investissements que leurs usines ont déjà réalisés dans des solutions bas carbone.
Recettes et bataille budgétaire
Selon RMF FM, Donald Tusk s'est battu sur trois fronts lors du premier jour du sommet : contre l'affectation des recettes de l'ETS au nouveau budget de l'UE, pour protéger l'industrie européenne des coûts du système, et pour reporter ETS2. Tusk a lié son opposition à la défense de la frontière orientale et a déclaré qu'il était difficile d'attendre de la Pologne qu'elle paie davantage dans le pot commun. RMF FM estime que si 30 % des recettes de l'ETS allaient au budget de l'UE, la Pologne enverrait plus d'un milliard d'euros par an à Bruxelles. Le texte final indique aussi que la révision en cours de l'ETS devrait viser la compétitivité industrielle et prévenir les fuites de carbone, c'est-à-dire le déplacement d'usines vers des pays aux règles climatiques plus souples. Le président Karol Nawrocki, rapporte RMF FM, s'oppose fermement à l'ETS, et toute règle créant de nouvelles recettes pour le budget de l'UE nécessiterait sa signature.
Réactions politiques en Pologne
Anna Bryłka, eurodéputée de Confederation, a averti que la Pologne se heurterait à l'Union européenne quel que soit le gouvernement après 2027.
« Nous devons entrer en collision avec l'Union européenne, et je m'attends à ce que quiconque gouvernera après 2027 devra entrer dans cette collision. »
L'eurodéputé PiS Jacek Ozdoba a réagi sur X, accusant Tusk de simuler un combat contre le report et rappelant le vote final sur la révision de la directive ETS du 18 avril 2023. Selon lui, tous les eurodéputés de la Coalition, du PSL et de la Gauche ont voté pour, tandis que le PiS votait contre, et le gouvernement polonais au Conseil de l'UE l'a également soutenu. Ozdoba a ensuite publié une liste des votes de 2023 en marquant plusieurs noms d'eurodéputés de KO et de Lewica.
Et maintenant
La Commission doit désormais réexaminer ETS2, et RMF FM rapporte que la Pologne doit encore bâtir une coalition plus large d'États pour obtenir le report. Bryłka a déclaré dans l'émission Graffiti qu'aucune majorité n'existait parmi les États membres pour un report. Elle a indiqué que les pays de la région, l'Italie et la Grèce s'opposent à ETS2, tandis que d'autres États soutiennent son entrée en vigueur en 2028. Elle a aussi affirmé que le coût pourrait atteindre 60 groszy par litre de diesel et a appelé la Pologne à dire dès maintenant à la Commission qu'elle n'appliquera pas le système à partir de 2028.