
Le roi Charles abandonne Buckingham Palace comme résidence et révèle une facture fiscale volontaire de 12,9 millions de livres
Le roi Charles III a annoncé qu'il n'emménagerait pas à Buckingham Palace une fois sa rénovation décennale achevée, et est devenu le premier monarque britannique à publier le détail de ses paiements d'impôts.
Une rupture avec la tradition
Le roi Charles III ne vivra pas à Buckingham Palace après la fin de sa rénovation de 370 millions de livres sur dix ans, l'année prochaine, a confirmé le monarque aux côtés du rapport financier annuel de la Maison royale. Cette décision met fin à une tradition de près de deux siècles faisant de ce monument londonien la résidence privée principale du monarque. Le roi et la reine continueront plutôt de vivre à Clarence House, le palais quelque peu retiré juste au nord du Mall où ils résident depuis 2003 et où Charles a vécu enfant.
Buckingham Palace sera une ruche bourdonnante d'activité royale à tous autres égards, même si le roi n'y vit pas.
Cette décision a été motivée en partie par le désir d'élargir l'accès du public à Buckingham Palace. Les protocoles de sécurité requis lorsque le souverain est en résidence limitent à la fois le nombre de visiteurs et les zones ouvertes au public. Le château de Windsor restera la résidence de week-end, Sandringham accueillera les festivités de Noël et Balmoral continuera d'être la maison d'été de la famille. Highgrove House, le domaine qui incarne le mieux la vision environnementale du roi, complète le portefeuille de résidences royales dont les rôles restent inchangés.
Une divulgation fiscale sans précédent
Le roi est devenu le premier monarque des temps modernes à révéler sa facture fiscale, payant 12,9 millions de livres au cours du dernier exercice fiscal et un total de 24,6 millions de livres sur les deux dernières années. Il n'est pas légalement tenu de payer l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les plus-values ou les droits de succession. Ces paiements sont effectués volontairement dans le cadre d'un protocole d'accord avec le gouvernement, un arrangement remontant à 1993 suite à la pression publique sur les finances royales. Le protocole a été mis à jour pour la dernière fois en 2023 pour refléter le changement de monarque.
Si c'est volontaire, ce n'est pas un impôt.
Le montant déclaré de 12,9 millions de livres combine l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les plus-values sur les revenus privés du roi provenant du duché de Lancaster, qui a reçu 25,2 millions de livres pour l'exercice clos le 31 mars. Le duché est un portefeuille de terres, de biens immobiliers (dont l'hôtel Savoy de Londres) et d'entreprises dont les revenus reviennent au monarque régnant. Cependant, la Maison royale n'a fourni aucune ventilation de la manière dont le chiffre final de l'impôt a été calculé, ni la proportion des revenus de la cassette privée dépensée à titre personnel par rapport aux fonctions officielles. Le monarque ne paie volontairement l'impôt que sur les revenus dépensés à titre personnel, ce qui signifie que les affaires royales officielles réduisent effectivement le montant imposable.
Double flux de financement
Le travail officiel du roi est financé par deux canaux exonérés d'impôt. La subvention souveraine, versée par le Trésor à la Maison royale, couvre les frais de personnel, les dépenses de fonctionnement et les vastes rénovations du palais. Cette subvention a atteint environ 150 millions de livres par an ces dernières années en raison des coûts de rénovation et devrait presque doubler d'ici trois ans. Par ailleurs, les fonds non imposés de la cassette privée peuvent financer les revenus personnels des membres actifs de la famille royale, une catégorie qui n'a pas d'équivalent pour les contribuables ordinaires.
Bien que les finances royales puissent parfois sembler complexes, le système sous-jacent est clair dans son principe, structuré par la loi et affiné au fil du temps pour garantir que le monarque puisse servir avec indépendance, responsabilité et dans l'intérêt à long terme de la nation.
Le domaine de la Couronne, qui génère plus d'un milliard de livres par an grâce aux loyers, aux baux et aux parcs éoliens offshore, est détenu au nom de la Couronne mais ses revenus sont directement versés au budget national. Le monarque n'a aucun accès personnel à ces fonds.
Appels à la transparence et ce qui reste caché
Le palais de Buckingham a décrit la publication des chiffres fiscaux du roi et du prince William comme faisant partie d'un « engagement en faveur de la transparence » visant à favoriser une meilleure compréhension de la responsabilité royale. Cette révélation place le roi parmi les 100 plus gros contribuables britanniques. L'historienne Anna Whitelock a noté que la divulgation fournit un chiffre global mais peu d'informations sur sa composition, tandis que l'analyse de la BBC a souligné que la part exacte des 12,9 millions de livres attribuable aux dépenses personnelles, par opposition aux dépenses officielles, reste non divulguée.
- Protocole d'accord sur la fiscalité royale volontaire établi après la pression publique sur les coûts.
- Charles emménage à Clarence House, où il a vécu enfant et où sa grand-mère, la reine mère, résidait.
- Début de la rénovation de Buckingham Palace sur dix ans, d'un coût de 370 millions de livres.
- Charles devient roi après la mort de la reine Elizabeth II.
- Protocole d'accord mis à jour pour refléter le changement de monarque.
- Le roi Charles confirme qu'il ne vivra pas à Buckingham Palace après la rénovation et publie sa facture fiscale de 12,9 millions de livres.
- Rénovation de Buckingham Palace prévue pour être achevée.


