
Procès de la catastrophe de Tempe : le procureur diffère sa décision sur la requalification des charges, la cour rejette la demande d’annulation
Le procureur du procès de la catastrophe ferroviaire de Tempe, devant la Cour d’appel correctionnelle de Larissa, a différé sa décision concernant les demandes de requalification des charges visant deux dirigeants d’Hellenic Train, tout en recommandant le rejet des appels à annuler l’acte d’accusation. La 15e audience a été ajournée au 1er juillet.
Propositions du procureur
La procureure Angeliki Kourinioti a présenté ses avis sur une série de requêtes formulées par les avocats des parties civiles lors de la 15e audience du procès de la pire catastrophe ferroviaire de Grèce. La Cour d’appel correctionnelle à trois membres de Larissa a entendu les arguments concernant les modifications des charges, de nouveaux témoins et des litiges probatoires au complexe de Gaiopolis.
Kourinioti a différé sa position sur la demande centrale de requalification des charges contre deux responsables d’Hellenic Train, d’homicide par négligence en homicide avec intention éventuelle. Elle a déclaré que de nouveaux faits pourraient émerger au cours de la procédure probatoire.
De nouveaux faits et circonstances peuvent survenir après la procédure probatoire. Il est possible que de nouvelles conditions apparaissent.
Sur les autres motions, le procureur a été catégorique. Elle a recommandé de rejeter une demande d’enquête complémentaire comme étant illégale, et s’est également opposée à l’annulation de l’acte d’accusation et au retrait de l’affaire en vertu de l’article 324 du Code de procédure pénale, qualifiant l’argument d’annulation d’infondé.
Demande de requalification des charges
Les avocats des parties civiles avaient sollicité plusieurs modifications : requalifier les charges contre l’ancien PDG et le directeur technique d’Hellenic Train, d’homicide par négligence (un délit) en homicide avec intention éventuelle (un crime) ; ajouter les charges de mise en danger et d’explosion ; et étendre le crime d’entrave à la sécurité des transports pour inclure les deux dirigeants d’Hellenic Train, qui ne font face actuellement qu’à des accusations correctionnelles liées à des défaillances du système de communication GSM-R.
La procureure a noté que des demandes similaires avaient été rejetées lors de la phase d’instruction principale par le juge d’instruction Sotiris Bakaimis. Elle a souligné que la cour ne pouvait agir en dehors du cadre du procès pénal pour des actes sur lesquels les prévenus n’avaient pas été interrogés pendant l’enquête.
Demandes de témoins et de preuves
Les avocats ont également demandé la convocation de nouveaux témoins et la levée de la confidentialité pour obtenir les échanges électroniques entre le ministère des Transports et les organismes ferroviaires (OSE, ERGOSE, RAS, Hellenic Train) concernant le contrat 717. Kourinioti a différé sa décision sur les demandes de témoins et de documents jusqu’au début des débats probatoires. Elle a également différé les demandes connexes concernant les échanges entre le ministère et les organes de l’OSE, ainsi que les dossiers des procès en cours liés à la catastrophe.
L’avocat Loukas Apostolidis a soumis trois demandes supplémentaires, notamment la convocation comme témoins des anciens secrétaires généraux du ministère des Transports et des Infrastructures de 2016 à 2023, et la confiscation de tous les documents relatifs à la sécurité.
Décisions de la cour et prochaines étapes
La cour a accepté de modifier l’ordre d’examen des témoins, mais a refusé d’adopter les six groupes thématiques proposés par l’avocat des parties civiles Antonis Psaropoulos. Six prévenus étaient présents : Dimitris Nikolaou, Christos Dionelis, Pavlos Kouzis, Ioannis Paliothodoros, Spyros Pateras et Apostolos Tsakiris.
Après les déclarations du procureur, la cour a ajourné l’audience au mercredi 1er juillet, date à laquelle les avocats de la défense répondront aux propositions du procureur.
Moments d’émotion
Avant que le procureur ne prenne la parole, l’avocate Stella Valani, représentant la famille Tilkeridis, a présenté des arguments en faveur de la requalification des charges et soumis des documents. Le père de la victime, Christos Tilkeridis, a crié dans la salle d’audience.
Vous parlez d’un jour, et nous avons perdu nos enfants depuis 3 ans et demi.
Au total, 36 personnes issues de l’OSE, d’ERGOSE, du ministère des Transports et des Infrastructures, d’Hellenic Train et de l’Autorité de régulation des chemins de fer (RAS) sont poursuivies. Le crime principal, intervention dangereuse dans le transport ferroviaire avec intention éventuelle ayant entraîné une mort massive, des blessures graves et des dommages importants aux infrastructures publiques, implique 33 prévenus.


