
Des frappes israéliennes tuent au moins cinq personnes au Liban quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec le Hezbollah
Des avions de combat et des drones israéliens ont frappé le sud du Liban vendredi soir, tuant au moins cinq personnes, quelques minutes après l'entrée en vigueur d'une trêve négociée par les États-Unis entre Israël et le Hezbollah.
Un cessez-le-feu annoncé, puis violé
Un haut responsable américain a déclaré vendredi à Reuters qu'Israël et le Hezbollah étaient parvenus à un cessez-le-feu, sous la médiation de négociateurs américains et qataris avec l'aide de l'Iran. La trêve devait entrer en vigueur à 16 heures, heure locale, et était destinée à satisfaire une condition clé du protocole d'accord préliminaire américano-iranien signé plus tôt dans la semaine, une cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris le Liban.
Le Hezbollah et Israël sont convenus d'un cessez-le-feu.
Deux sources proches du Hezbollah ont confirmé que le groupe avait mis en œuvre le cessez-le-feu de son côté. Les Forces de défense israéliennes ont également annoncé une trêve, tout en précisant que leurs forces resteraient dans les zones de sécurité à l'intérieur du Liban et répondraient à toute attaque.
Des frappes en quelques minutes
Malgré l'accord, l'armée israélienne a lancé 12 frappes aériennes dans le sud du Liban au cours des 45 minutes qui ont suivi l'échéance de 16 heures, selon une chronologie établie par Al Jazeera. Les cibles comprenaient Kfar Reman, Nabatieh al-Fawka (frappée trois fois), Kfar Sir (frappée trois fois), Jabal al-Rafie, al-Rayhan, Ansit et Masir Habush. Des tirs d'artillerie ont été signalés dans la région de Nabatieh à partir de 16 h 48.
- Raid aérien sur Kfar Reman
- Raid aérien sur Nabatieh al-Fawka
- Raid aérien sur Kfar Sir
- Deuxième raid aérien sur Kfar Sir
- Raid aérien sur la zone de Nabatieh-Zibdin-Tchukin
- Deuxième raid aérien sur Nabatieh al-Fawka
- Troisième raid aérien sur Nabatieh al-Fawka et frappe sur Jabal al-Rafie
- Raid aérien sur al-Rayhan
- Raids aériens sur Ansit et Masir Habush
- Troisième raid aérien sur Kfar Sir
Les médias d'État libanais ont indiqué qu'au moins cinq personnes avaient été tuées lors de raids nocturnes et matinaux qui ont détruit des immeubles d'habitation. Des responsables libanais ont déclaré que des femmes et des enfants figuraient parmi les morts. L'armée israélienne a indiqué avoir frappé 150 cibles et tué « des dizaines de terroristes du Hezbollah ». Au total, au moins 47 personnes ont péri dans les raids israéliens au Liban depuis jeudi soir, et quatre soldats israéliens ont été tués dans des affrontements avec le Hezbollah, selon les rapports.
Netanyahu salue l'armée
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n'a pas mentionné le cessez-le-feu dans ses déclarations publiques. Il a plutôt publié sur les réseaux sociaux que l'armée israélienne avait agi « exactement comme je le leur ai ordonné » et que le Hezbollah paierait « un prix très lourd » pour toute agression. Après la mort des quatre soldats, dont l'un identifié comme le lieutenant-colonel Dor Gandliah Ben Shimhon, Netanyahu a déclaré avoir ordonné à l'armée israélienne de « frapper le Hezbollah de toutes ses forces ».
Ma directive est claire : Israël ne tolérera pas d'attaques contre ses soldats ou son territoire, et le Hezbollah paiera un prix très lourd pour toute agression de ce type.
L'Iran suspend les pourparlers et met en garde contre des conséquences plus larges
L'Iran a immédiatement condamné les frappes israéliennes comme une violation du protocole d'accord américano-iranien. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré que la fin de la guerre au Liban faisait partie intégrante de l'accord de cessation des hostilités sur tous les fronts. L'Iran a suspendu la deuxième phase de l'accord de 60 jours, se retirant des pourparlers prévus vendredi à Genève.
La nouvelle direction iranienne considère le Liban comme faisant partie intégrante de sa propre sécurité nationale, car les précédentes attaques israéliennes contre le Hezbollah en 2024 ont ouvert la voie à un conflit direct avec l'Iran.
Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé Israël de rechercher une « guerre perpétuelle » après que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a déclaré que « tout le Liban doit brûler ». Les gardiens de la Révolution iraniens ont également menacé de fermer à nouveau le détroit d'Ormuz et de prendre des mesures de représailles contre Israël.
Trump intervient, une nouvelle voie diplomatique s'ouvre
Face au risque d'un effondrement de l'accord et d'une re-fermeture du goulet d'étranglement d'Ormuz, le président Donald Trump a personnellement fait pression sur les responsables israéliens pour qu'ils cessent leurs opérations. « Ils ont juste besoin de se calmer parfois et d'utiliser leur cerveau », a-t-il déclaré à NBC News, sans confirmer s'il avait parlé directement avec Netanyahu.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a ensuite appelé le président libanais Joseph Aoun et a réaffirmé la nécessité de désarmer le Hezbollah. Le département d'État a ensuite annoncé qu'un nouveau cycle de pourparlers directs entre Israël et le Liban aurait lieu à Washington du 23 au 25 juin.
Un cessez-le-feu global serait la base fondamentale du progrès dans les pourparlers directs avec Israël.
Rami Khouri, chercheur en politiques publiques à l'Université américaine de Beyrouth, a qualifié le moment d'épreuve pour toutes les parties.
Nous sommes vraiment arrivés à un moment de confrontation ici pour les États-Unis, pour Israël, pour les États arabes, et pour les médiateurs. Tout le monde est mis à l'épreuve.


