Castilla y León conteste deux décrets du gouvernement espagnol sur l'immigration devant les tribunaux
Le gouvernement régional de Castilla y León engage une action en justice contre deux décrets distincts du gouvernement central concernant les mineurs migrants non accompagnés et la régularisation des immigrants, arguant qu'ils sont unilatéraux et disproportionnés.
Décret sur le quota de mineurs contesté
La Junta de Castilla y León a annoncé dimanche qu'elle ferait appel du Real Decreto 556/2026, approuvé le 30 juin, qui fixe la capacité ordinaire du système de protection des mineurs étrangers non accompagnés. Le décret attribue à la région une capacité de 833 mineurs, contre 783 dans un précédent décret d'août 2025 également contesté.
Le gouvernement espagnol agit une fois de plus unilatéralement, sans l'accord unanime de toutes les communautés et sans respecter les compétences qui reviennent à chaque communauté en matière de protection de l'enfance.
L'exécutif régional soutient que la capacité est fixée selon des critères politiques plutôt que selon la capacité d'accueil réelle de chaque territoire, ce qui rend difficile une planification adéquate des ressources et compromet la pérennité du système de protection.
- Décret août 2025
- 783 mineurs
- Décret juin 2026
- 833 mineurs
Augmentation disproportionnée
La Junta souligne que si la population de Castilla y León n'a augmenté que de 0,72 % entre août 2025 et mai 2026, le nombre de mineurs attribués a augmenté de 6,38 %, passant de 783 à 833. Cela démontre, selon elle, un manque de proportionnalité dans les critères appliqués par le gouvernement central et un mépris pour la réalité de la région.
Les services juridiques de l'administration autonome, à la demande du Département de la déréglementation, de la famille et de l'aide sociale dirigé par le vice-président Carlos Pollán, déposeront le recours dans les prochains jours.
Décret de régularisation admis par le Tribunal suprême
Par ailleurs, le Tribunal suprême a admis un recours déposé par Castilla y León contre le décret de régularisation des immigrants du gouvernement. Le gouvernement régional remet en question l'ampleur sans précédent du processus, l'assouplissement des exigences d'accréditation et le manque de participation des communautés autonomes.
Il existe des raisons juridiques solides et suffisamment fondées pour remettre en question la légalité de ce décret royal, dont la dimension et le contenu justifient pleinement le dépôt du recours par la Junta de Castilla y León.
- Estimation initiale
- 500000 personnes
- Estimation récente
- 1100000 personnes
Préoccupations concernant l'ampleur et la compatibilité
La Junta note que l'estimation initiale du gouvernement des bénéficiaires potentiels était d'environ 500 000 personnes, mais des estimations plus récentes portent ce chiffre à environ 1 100 000, sans aucune analyse des effets. Le recours soutient également que le décret n'exige pas de preuve de résidence effective et d'ancrage, ni d'activité professionnelle effective en Espagne, modifiant ainsi les principes qui avaient inspiré ces procédures.
Enfin, le gouvernement régional estime que le décret est incompatible avec le cadre des engagements pris par les États membres de l'UE en matière de contrôle des migrations.


