
Un cas de fièvre hémorragique de Crimée-Congo confirmé à Salamanque chez un homme de 68 ans
Un homme de 68 ans dans la province de Salamanque a été diagnostiqué avec la fièvre hémorragique de Crimée-Congo après une morsure de tique. Il a été transféré le 14 juin vers l'hôpital de référence de Madrid, où il demeure dans un état stable mais grave.
Le cas de Salamanque
Les autorités sanitaires de Castille-et-León ont confirmé lundi un cas de fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC) chez un homme de 68 ans originaire de la province de Salamanque. Il s'est présenté au Complejo Asistencial Universitario de Salamanca avec des symptômes correspondant à la maladie et a été transféré le dimanche 14 juin à l'hôpital Gómez Ulla de Madrid, centre national de référence pour les pathogènes à haut risque. Le patient présente une morsure de tique confirmée et son état est stable, bien que les cliniciens le décrivent comme cliniquement sévère. Des mesures d'isolement et de protection strictes pour le personnel soignant ont été mises en place.
La section épidémiologie du service de santé territorial de Salamanque, en collaboration avec le personnel hospitalier, a retracé les contacts étroits de l'homme. Les personnes identifiées font l'objet d'un suivi : elles doivent vérifier leur température régulièrement et signaler immédiatement tout changement à l'épidémiologiste désigné. Des échantillons sanguins ont été envoyés au Centre national de microbiologie de Majadahonda (Institut de santé Carlos III), qui a confirmé l'infection par le virus de Crimée-Congo.
Transmission de la maladie
La FHCC est causée par un bunyavirus transmis principalement par la morsure de tiques du genre Hyalomma, une espèce de plus en plus établie en Espagne. Une transmission interhumaine secondaire est possible par contact direct avec du sang ou des fluides corporels infectés, un risque particulièrement pertinent pour les travailleurs de santé non protégés. Le virus est endémique en Afrique, dans les Balkans, au Moyen-Orient et en Asie, selon l'Organisation mondiale de la santé. Aucun vaccin n'est actuellement disponible et le taux de létalité peut atteindre 40 %.
Les vecteurs qui la transmettent, à savoir les tiques, sont présents en Espagne. Les oiseaux migrateurs peuvent transmettre le virus ; il y a eu plusieurs cas en Castille-et-León qui ont ensuite été transférés à Madrid.
La situation en Espagne
Entre 2013 et 2024, l'Espagne a enregistré 15 cas confirmés de FHCC, dont deux mortels (les deux patients présentaient des comorbidités). La Catalogne n'a rapporté aucun cas jusqu'à présent, mais l'équipe Ubuntu de l'hôpital Clínic de Barcelone, qui gère les virus inconnus ou à haut risque nécessitant un confinement maximal, reçoit entre 10 et 20 cas suspects par an nécessitant un isolement extrême, incluant des cas possibles de FHCC, de fièvre de Lassa et d'Ebola. Environ 10 % de ces suspects finissent dans l'unité d'isolement de soins intensifs, et même dans ce cas, un résultat positif n'est pas garanti ; les échantillons doivent être transportés dans un conteneur de haute sécurité vers l'Institut Carlos III à Madrid pour analyse.
Prévention et sensibilisation
Les sites de santé régionaux proposent désormais des conseils détaillés sur la prévention des morsures de tiques. Les autorités recommandent aux personnes se promenant à la campagne de porter des vêtements et des chaussures appropriés, de rester sur les sentiers et d'utiliser des répulsifs sur eux-mêmes et sur leurs animaux de compagnie. Toute tique fixée doit être retirée le plus rapidement possible et de manière correcte, idéalement par un professionnel de santé. Des symptômes tels que fièvre, frissons, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête, changements de couleur de la peau ou écoulements au site de la morsure dans les jours suivant une rencontre avec une tique nécessitent une attention médicale rapide.


