
Andy Burnham confirmé comme chef du Labour, il deviendra lundi le septième Premier ministre britannique en une décennie
L'ancien maire de Manchester a obtenu le soutien de 95 % des députés travaillistes et prêtera serment lundi après la démission de Keir Starmer, devenant ainsi le septième Premier ministre britannique depuis 2016.
Andy Burnham a été formellement proclamé chef du Parti travailliste britannique vendredi, levant le dernier obstacle procédural avant de remplacer Keir Starmer comme Premier ministre lundi. L'ancien maire du Grand Manchester, âgé de 56 ans, a obtenu le soutien de 379 des 403 députés du parti, faisant de lui le seul candidat et transformant la course à la direction en une simple formalité.
Un couronnement sans contestation
La voie de Burnham vers la direction était scellée mercredi lorsqu'il a dépassé le seuil des 81 députés avec 379 soutiens, écartant mathématiquement tout rival. L'ancien ministre de la Défense Al Carns, qui avait envisagé de se présenter, a confirmé qu'il ne le ferait pas et a apporté son soutien public à Burnham. À l'échéance des candidatures jeudi, Burnham avait également obtenu le soutien d'au moins trois organisations affiliées, dont les syndicats Unite, Unison et ASLEF, ce dernier représentant 1,3 million de travailleurs des services publics.
Sous la direction de Keir Starmer, nous sommes passés de notre pire défaite à l'une des meilleures victoires de notre histoire. Il a remis le Parti travailliste en position de changer la vie des gens, et c'est ce que nous faisons depuis deux ans.
La conférence spéciale du parti vendredi n'était qu'une simple confirmation du résultat. Burnham, qui avait échoué à remporter la direction en 2010 et 2015, avait plaisanté plus tôt ce mois-ci : « J'espère que la troisième fois sera la bonne. »
La chute rapide de Starmer
La démission de Starmer, annoncée le 22 juin, a fait suite à une série d'élections locales et régionales punitives le 7 mai, au cours desquelles le Labour a perdu plus de 1 400 conseillers. Ces défaites, combinées aux démissions de ses ministres de la Défense et de la Santé et à la controverse entourant la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington (Mandelson entretenait une relation étroite avec le défunt délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein), ont érodé son autorité au-delà de toute réparation.
C'est la fin de ma carrière politique.
Starmer se rendra au palais de Buckingham lundi matin pour présenter sa démission au roi Charles III. Le monarque recevra ensuite Burnham et l'invitera à former un gouvernement. Aucune élection générale n'est nécessaire ; le Labour conserve la majorité qu'il a remportée en juillet 2024, et le prochain scrutin national n'est pas prévu avant 2029.
Le « Roi du Nord » et son programme
Burnham, souvent surnommé le « Roi du Nord » pour son mandat de dix ans en tant que maire du Grand Manchester, a promis un gouvernement « sans équivoque travailliste ». Il a critiqué la centralisation et la privatisation des années 1980 et s'est engagé à construire une économie « qui fonctionne pour tout le monde ». Ses projets incluent le transfert de certaines institutions gouvernementales de Londres à Manchester, l'augmentation des budgets des conseils municipaux et la priorisation des soins sociaux.
Je suis prêt à diriger et à bâtir sur les fondations posées.
En matière d'immigration, Burnham a signalé qu'il maintiendrait des politiques restrictives et n'a indiqué aucune accélération du prudent rapprochement de Starmer avec l'Union européenne.
Ce qui se passe ensuite
Burnham deviendra le septième Premier ministre britannique depuis 2016, une liste qui comprend David Cameron, Theresa May, Boris Johnson, Liz Truss, Rishi Sunak et Keir Starmer. Les six transitions ont eu lieu sans élection générale, un schéma qui marque la politique britannique depuis le référendum sur le Brexit.
- Le Labour perd plus de 1 400 conseillers aux élections locales, augmentant la pression sur Starmer
- Burnham remporte l'élection partielle de Makerfield, obtenant un siège à la Chambre des communes
- Starmer annonce sa démission en tant que chef du Labour
- Les primaires pour la direction du Labour s'ouvrent ; Burnham est le seul candidat
- Burnham obtient le soutien de 379 députés et de trois syndicats affiliés
- Burnham proclamé chef du Labour lors d'une conférence spéciale
- Starmer remet sa démission au roi Charles III ; Burnham nommé Premier ministre
Lundi, après l'audience formelle avec le roi, Burnham se rendra au 10 Downing Street pour prononcer son premier discours en tant que Premier ministre et commencer à annoncer son cabinet. Son défi immédiat est d'enrayer la montée du parti de droite Reform UK et de restaurer la confiance du public dans un gouvernement qui a connu sept dirigeants en une décennie.

