
Băsescu : l'impasse gouvernementale en Roumanie devrait durer jusqu'à l'automne, les partis évitant des élections anticipées
L'ancien président Traian Băsescu affirme que la crise politique en Roumanie ne sera pas résolue avant l'automne, alors que tous les principaux partis et le président évitent de déclencher des élections anticipées et que le pays reste sans gouvernement légitime.
Le diagnostic de Băsescu
L'ancien président Traian Băsescu s'est exprimé sur Facebook lundi pour livrer une évaluation cinglante de la crise gouvernementale prolongée en Roumanie, prédisant qu'un gouvernement complet ne sera pas formé avant l'automne. Son message intervient alors que le pays marque 55 jours sans exécutif pleinement habilité, le Parlement devant entrer en pause estivale le 1er juillet.
Grindeanu ne veut ni d'élections anticipées ni être Premier ministre, car il devrait réparer le désastre laissé par Marcel, sauver le PNRR et corriger les engagements douteux dans SAFE.
Les positions des acteurs
Băsescu a exposé les intérêts divergents des principaux protagonistes. Le chef du PSD, Sorin Grindeanu, évite à la fois des élections anticipées et le poste de Premier ministre pour échapper à la responsabilité des échecs passés du gouvernement. Le Premier ministre démis, Ilie Bolojan, qui a perdu un vote de confiance le 5 mai, veut rester comme Premier ministre par intérim indéfiniment, ignorant ce que Băsescu a appelé un « ordre d'expulsion constitutionnel » du Palais Victoria. Le président Nicușor Dan, quant à lui, veut que les partis se mettent d'accord sur un candidat pour éviter des élections anticipées sans prendre lui-même l'initiative. Le Parlement, désireux de partir en vacances, voterait pour n'importe quel candidat pour éviter la dissolution, mais n'a aucun candidat à examiner.
Bolojan ne veut pas d'élections anticipées, mais veut rester Premier ministre par intérim indéfiniment. Il n'a pas d'importance que par une motion de censure il ait reçu un 'ordre d'expulsion constitutionnel' du Palais Victoria, il veut rester au Palais.
L'impasse s'aggrave
La crise a commencé le 20 avril lorsque le PSD a retiré son soutien politique au gouvernement Bolojan, suivi par la démission des ministres PSD le 23 avril. La motion de censure du 5 mai a renversé le cabinet avec 281 voix, la même marge qui avait renversé Florin Cîțu en 2021. Depuis, deux désignations présidentielles ont échoué : Eugen Tomac a retiré son mandat, et Adrian Veștea a été rejeté par le Parlement. La semaine dernière, le président Dan a convoqué les chefs de parti au Palais Cotroceni, mais les discussions ont échoué après que le PNL a inversé son engagement antérieur de soutenir un gouvernement minoritaire du PSD dirigé par Grindeanu. Des propositions concurrentes incluent désormais un cabinet minoritaire du PSD et une coalition PNL-USR-UDMR sous Siegfried Mureșan, tandis que le groupe PACE a proposé le patriarche Daniel.
- Le PSD retire son soutien politique au Premier ministre Bolojan
- Les ministres PSD démissionnent du gouvernement
- La motion de censure est adoptée ; le gouvernement Bolojan tombe, reste par intérim
- Băsescu publie une critique, affirme qu'il n'y aura pas de gouvernement avant l'automne
- Début de la pause estivale du Parlement
La suite
Avec la session parlementaire se terminant le 30 juin et aucun consensus en vue, les prévisions de Băsescu d'une résolution à l'automne semblent de plus en plus probables. L'ancien président a conclu avec une ironie amère : « Enfin, un consensus. Tout le monde obtient ce qu'il veut. Seul le pays n'obtient pas un gouvernement légitime. On verra à l'automne ! » Cette déclaration souligne la profondeur de l'impasse institutionnelle alors que la Roumanie entre dans un été sans gouvernement pleinement fonctionnel.

