
La Cour suprême du Brésil suspend la décision sur l'enquête visant le juge Alexandre de Moraes
Le juge Flávio Dino a demandé un délai d'examen supplémentaire mardi soir, suspendant pour 90 jours au maximum la décision de la Cour suprême sur l'opportunité d'enquêter sur le juge Alexandre de Moraes.
Séance plénière interrompue par une demande de révision
La Cour suprême fédérale du Brésil a reporté mardi une décision sur l'opportunité d'ouvrir une enquête contre le juge Alexandre de Moraes, soupçonné de liens avec un établissement financier en faillite. Le juge Flávio Dino a demandé un réexamen formel du dossier lors du vote de procédure, suspendant la séance avant que les juges n'entament les délibérations formelles sur le fond. Selon le règlement intérieur de la cour composée de 11 membres, la demande de Dino interrompt les procédures pour 90 jours maximum, pouvant être prolongés de 90 jours supplémentaires. L'audience à Brasília s'est déroulée sous haute sécurité, les autorités judiciaires ayant déployé du personnel armé et des chiens détecteurs d'explosifs. Le président de la Cour, Edson Fachin, avait convoqué la session plénière pour examiner la validité des conclusions de la police et évaluer d'éventuelles mesures disciplinaires ou de suspension contre Moraes.
- Daniel Vorcaro est arrêté par la police fédérale après l'effondrement de la Banco Master.
- Le juge André Mendonça rend public un rapport de police détaillant les messages entre Vorcaro et Moraes.
- Le juge Alexandre de Moraes soumet un document de 44 pages niant toute faute et demandant l'annulation.
- Le juge Flávio Dino demande un réexamen du dossier, reportant le vote plénier pour 90 jours maximum.
- Le Brésil organise son élection présidentielle entre Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro.
Allégations liées à l'effondrement de la Banco Master
La controverse découle d'une enquête sur le banquier Daniel Vorcaro, ancien dirigeant de la Banco Master, arrêté par la police fédérale en novembre 2025 pour fraude, corruption et corruption active. Les dossiers de police officiels soumis au juge André Mendonça, rapporteur désigné de la procédure Vorcaro, contenaient des historiques de messages envoyés par Vorcaro à un numéro de téléphone associé à Moraes. Les fichiers indiquaient que Vorcaro avait sollicité une assistance judiciaire lors de l'enquête pour fraude, tandis que l'épouse de Moraes, Viviane de Moraes, était l'avocate principale du banquier. Mendonça a rendu public le rapport de police deux semaines avant la session de mardi, après avoir signalé des menaces à son encontre, déclenchant un conflit au sein de l'institution vieille de 135 ans.
Arguments de la défense et contestations procédurales
Quelques heures avant le début de la séance plénière, Moraes a soumis à Fachin un mémoire de défense de 44 pages demandant l'annulation immédiate de l'affaire. Le juge de 57 ans a déclaré n'avoir jamais statué sur des procédures judiciaires impliquant Vorcaro ou la Banco Master, n'avoir reçu aucune demande illicite et que le rapport de police n'identifiait aucune infraction pénale. Moraes a également soutenu que les notes extraites du téléphone portable de Vorcaro ne prouvaient pas qu'elles lui aient été envoyées, qualifiant l'enquête de manœuvre inconstitutionnelle motivée par des considérations politiques. Dans son mémoire, Moraes a affirmé que Mendonça avait agi illégalement en avançant l'enquête sans autorisation préalable de la cour plénière ni demandes du bureau du procureur général et de la police fédérale. Tout au long de la séance, Moraes, Dino et le juge Gilmar Mendes ont déposé des pétitions répétées contestant les directives procédurales de Fachin.
Tensions et échanges verbaux dans la salle d'audience
La séance plénière a été diffusée en direct sur les chaînes nationales et YouTube, avec de vives confrontations verbales entre les juges. Moraes a directement interpellé Mendonça sur les motivations politiques, faisant référence aux procès qui ont suivi l'élection de 2022.
Vous êtes au service d'un groupe politique qui a tenté de fomenter un coup d'État dans ce pays !
Mendonça a immédiatement nié l'accusation depuis le banc. Les tensions sont montées d'un cran lorsque Mendes a accusé Mendonça d'utiliser les dossiers judiciaires pour perturber l'environnement institutionnel avant l'élection présidentielle du 4 octobre.
Ne pointez pas le doigt vers moi, ministre Gilmar ! Ne pointez pas le doigt ! Vous ne parlez pas à n'importe qui ! Montrez un peu de respect pour cette cour !
Le respect se gagne, il ne se donne pas.
Frictions politiques avant l'élection présidentielle
Ce conflit institutionnel intervient dans les dernières semaines de la campagne présidentielle brésilienne, où les sondages montrent une course serrée entre le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva et le sénateur Flávio Bolsonaro. Moraes a précédemment dirigé les procédures judiciaires qui ont abouti à une peine de 27 ans de prison pour l'ancien président Jair Bolsonaro pour tentative de coup d'État. Mendonça, pasteur presbytérien nommé à la cour par Jair Bolsonaro, a été accusé par des députés de gauche d'agir en coordination politique avec l'opposition. Pendant ce temps, le chef adjoint du Parti libéral, Sóstenes Cavalcante, a décrit la séance de la cour comme plus importante qu'une finale de Coupe du monde, tandis que Lula a appelé à la plus grande transparence dans l'enquête.


