Gouvernement · Istanbul, Izmir et Ankara
La police turque interpelle des dizaines de personnes devant un tribunal d'Istanbul après des raids anti-LGBTQ+ à travers le pays
Les forces de l'ordre ont dispersé manifestants et journalistes au palais de justice de Çağlayan alors que les protestations s'intensifiaient contre l'opération « Ma famille est en sécurité » visant 162 suspects dans 15 provinces.
Texte IA fondé sur les articles de BBC, Washington Post, N-tv et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait
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En bref
La police turque a interpellé entre 80 et 150 manifestants et journalistes devant le palais de justice de Çağlayan à Istanbul le 15 septembre 2026.
Le ministre de la Justice, Akin Gürlek, a confirmé que l'opération Ma famille est en sécurité visait 162 suspects, neuf associations et 13 entreprises dans 15 provinces.
Un tribunal d'Izmir a ordonné le placement en détention provisoire de 16 personnes le 14 septembre 2026, après les descentes du week-end.
Les autorités ont bloqué l'accès au site web de KAOS GL, au compte X d'Amnesty International Turquie et à environ 20 autres comptes sur les réseaux sociaux.
- 13 sept.La police mène les descentes Ma famille est en sécurité dans 15 provinces
- 14 sept.Le tribunal d'Izmir emprisonne 16 suspects et des comptes numériques sont restreints
- 15 sept.La police disperse une manifestation devant le tribunal et interpelle des dizaines de manifestants
Dispersion et interpellations devant le tribunal
La police turque a encerclé et dispersé mardi une manifestation devant le palais de justice de Çağlayan à Istanbul, interpellant des dizaines de participants venus protester contre une vague nationale de descentes visant les organisations LGBTQ+. Les manifestants brandissaient des banderoles affirmant qu'être LGBTQ+ et s'organiser n'est pas un crime, scandant des slogans avant que les forces de l'ordre ne déclarent le rassemblement illégal au mégaphone. Les estimations du nombre d'arrestations varient selon les sources : entre 80 et 90 selon l'Association des avocats progressistes et le journal Cumhuriyet, 91 d'après des médias turcs cités par des organes allemands, et au moins 150 selon des témoins cités par Reuters. Parmi les personnes interpellées figurent au moins deux journalistes, dont un reporter du quotidien BirGun et un employé turc du radiodiffuseur public allemand ARD. Le Syndicat des journalistes de Turquie a dénoncé ce qu'il a qualifié de criminalisation du journalisme suite à ces arrestations.
Étendue de l'opération Ma famille est en sécurité
La manifestation de mardi faisait suite à des descentes de police coordonnées le week-end dernier dans le cadre d'une opération baptisée « Ma famille est en sécurité ». Le ministre de la Justice, Akin Gürlek, a déclaré que l'opération visait 162 suspects, neuf associations et 13 entreprises dans 15 provinces, coordonnée par les parquets généraux d'Istanbul, Ankara, Izmir, Aydin et Mersin. Les responsables gouvernementaux ont affirmé que les mesures visaient à protéger les enfants, l'ordre public et l'institution familiale. Les actions policières du week-end ont inclus des descentes dans des locaux associatifs, des résidences privées et des établissements commerciaux, entraînant environ 70 interpellations, Amnesty International en recensant au moins 60. Lundi, un tribunal de la province occidentale d'Izmir a ordonné le placement en détention provisoire de 16 personnes.
- Istanbul
- 26 personnes
- Ankara
- 21 personnes
- Izmir
- 18 personnes
Données tirées du texte de l’article
Restrictions numériques et contexte politique
Parallèlement aux interpellations physiques, les autorités turques ont bloqué des plateformes numériques, dont le site web de KAOS GL, l'une des plus anciennes organisations de défense des droits LGBTQ+ du pays, et environ 20 comptes sur le réseau social X. Les comptes restreints comprenaient le fil officiel de la branche turque d'Amnesty International, ainsi que des pages appartenant à des groupes féministes et de défense des droits humains. Un journaliste arrêté dimanche soir pour avoir couvert le mouvement LGBTQ+ en Géorgie devait être entendu par le parquet mardi. Le gouvernement a inscrit cette répression dans le cadre de l'initiative « Décennie de la famille et de la population », une politique nationale annoncée en mai 2025 pour lutter contre la baisse du taux de natalité et promouvoir les structures familiales traditionnelles. Les autorités turques interdisent la marche des fiertés d'Istanbul depuis 2015, et à l'été 2026, les autorités ont refusé l'autorisation d'accoster à un navire de croisière LGBTQ+ en Méditerranée.
Réactions de la société civile et de la communauté internationale
Cette répression a suscité les condamnations des instances européennes des droits de l'homme et des organisations de la société civile turque. Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a appelé à la libération immédiate des personnes détenues pour leur engagement dans la société civile.
« De simples références aux « valeurs familiales » ou à la « protection des enfants » ne peuvent servir de justification juridique à des restrictions des droits de l'homme. »
En Turquie, 120 organisations de défense des droits des femmes ont signé une déclaration commune s'opposant à l'opération gouvernementale, arguant que ces mesures constituent une tentative de réprimer l'organisation citoyenne. Yildiz Taghizade, du groupe Femmes pour les droits des femmes, a déclaré que cette politique vise à exclure les citoyens LGBTQ+ de la sphère publique.
« L'objectif n'est pas seulement de cibler les personnes LGBTQ+, mais d'interdire de fait à la communauté LGBTQ+ de s'engager en politique, de s'organiser, de revendiquer des droits et d'être présente dans la sphère publique. »
Les manifestants devant le tribunal ont repris ces objections, notant la rhétorique officielle croissante contre les minorités sexuelles.
« Nous traversons une période où le pouvoir au pouvoir tente de présenter les personnes LGBT+ comme la cause de tous les problèmes de cette société. »
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Sources et contexte
- Akin Gurlek
- Ministre turc de la Justice, il a annoncé l'opération « Ma famille est en sécurité »
- Michael O'Flaherty
- Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe
- Recep Tayyip Erdogan
- Président de la Turquie
- Yildiz Taghizade
- Représentante de l'organisation Femmes pour les droits des femmes
- Banu Aslan
- Manifestante ayant pris la parole lors de la protestation devant le tribunal d'Istanbul
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