Les Houthis annoncent un blocus en mer Rouge contre les navires saoudiens après la frappe sur l'aéroport de Sanaa, suscitant des craintes pour le transport pétrolier
Les rebelles houthis du Yémen annoncent la fermeture du détroit de Bab el-Mandeb aux navires saoudiens, une semaine après l'escalade la plus significative depuis la trêve de 2022, alors que le gouvernement yéménite soutenu par Riyad confirme avoir frappé l'aéroport de Sanaa pour bloquer un avion iranien.
Escalade après la trêve
L'annonce du 20 juillet fait suite à l'escalade la plus significative entre les Houthis et l'Arabie saoudite depuis l'entrée en vigueur d'une trêve informelle en 2022. La mer Rouge est devenue une artère essentielle pour les cargaisons pétrolières saoudiennes après que la guerre américano-israélienne avec l'Iran a conduit à la fermeture effective du détroit d'Ormuz dans le Golfe. Le Yémen est dévasté par une guerre civile qui a débuté en 2014, lorsque les Houthis ont chassé le gouvernement reconnu internationalement de Sanaa. Une coalition menée par l'Arabie saoudite est intervenue en 2015, et le conflit a fait plus de 150 000 morts, selon les chiffres de l'ONU.
Frappe sur l'aéroport de Sanaa
Le déclencheur immédiat a été une frappe aérienne sur l'aéroport de Sanaa. Le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite a confirmé avoir attaqué le terminal pour empêcher un avion iranien d'atterrir sans autorisation. L'appareil transportait, selon les informations, une délégation houthie en route vers Téhéran pour une cérémonie à la mémoire du guide suprême iranien Ali Khamenei. Les Houthis ont imputé la frappe à l'Arabie saoudite, accusant le royaume d'avoir bombardé l'aéroport.
Représailles des Houthis et embargo
En réponse, les Houthis ont affirmé avoir tiré des missiles sur l'aéroport d'Abha, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite. Plus tard dans la journée de lundi, le porte-parole militaire houthi, Yahya Sarea, a annoncé un embargo maritime contre l'Arabie saoudite, le présentant comme une représailles à ce qu'il a appelé un « siège injuste et oppressif contre notre cher peuple depuis près de 12 ans ».
Tout acte insensé commis par l'ennemi saoudien imprudent à travers toute escalade sera accueilli par une escalade globale et décisive.
Nasruddin Amer, chef adjoint du bureau des médias houthi, a déclaré sur X :
fermeture de Bab el-Mandeb aux navires de l'ennemi saoudien
Le détroit de Bab el-Mandeb est un goulet d'étranglement entre la mer Rouge et le golfe d'Aden, par lequel transite un volume important du commerce maritime mondial.
- Escalade la plus significative entre les Houthis et l'Arabie saoudite depuis la trêve de 2022.
- Le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite frappe l'aéroport de Sanaa pour empêcher un avion iranien d'atterrir.
- Les Houthis tirent des missiles sur l'aéroport d'Abha, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, en représailles.
- Le porte-parole militaire houthi Yahya Sarea déclare un embargo maritime contre l'Arabie saoudite, fermant Bab el-Mandeb aux navires saoudiens.
Réponse saoudienne
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que le royaume prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires conformément au droit international. Le ministère n'a pas donné de précisions, mais cette déclaration suggère que Riyad est prêt à recourir à la force militaire pour maintenir la voie navigable ouverte. La coalition dirigée par l'Arabie saoudite avait auparavant imposé un blocus naval sur les zones contrôlées par les Houthis pendant la guerre.
Le transport pétrolier menacé
La route de la mer Rouge a acquis une importance démesurée pour les exportations de pétrole brut saoudien car le détroit d'Ormuz, le passage habituel pour le pétrole du Golfe, est effectivement fermé en raison du conflit américano-israélien avec l'Iran. Toute perturbation à Bab el-Mandeb pourrait aggraver les tensions sur les marchés pétroliers mondiaux déjà affectés par la fermeture d'Ormuz. Les Houthis n'ont pas précisé comment ils entendent appliquer l'embargo, mais leur arsenal comprend des missiles antinavires et des mines marines.
Contexte humanitaire
Les hostilités renouvelées menacent d'aggraver ce que l'ONU décrit comme l'une des pires crises humanitaires au monde. Plus de 22 millions de personnes au Yémen ont besoin d'une aide. La trêve de 2022 avait apporté un calme fragile, mais la dernière escalade risque de replonger le pays dans un conflit à grande échelle.


