
Les États-Unis refusent de renouveler l'ACEUM, optent pour des examens annuels avec le Mexique et le Canada
Les États-Unis ont refusé de renouveler l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (ACEUM) sous sa forme actuelle, contraignant l'accord à des examens annuels plutôt qu'à une extension de 16 ans, ce qui a introduit une nouvelle incertitude dans les échanges trilatéraux annuels de 1,9 billion de dollars.
Décision américaine
Le 1er juillet 2026, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a annoncé, après une réunion virtuelle de la Commission du libre-échange, que les États-Unis avaient refusé de renouveler l'ACEUM sous sa forme actuelle. L'accord, entré en vigueur le 1er juillet 2020 sous le premier mandat de Donald Trump, devait faire l'objet d'un réexamen de six ans qui aurait pu déclencher une extension de 16 ans. Washington a plutôt choisi de maintenir l'accord en vie, mais en le soumettant à un examen annuel, invoquant des déficits commerciaux persistants et des différends non résolus concernant les règles d'origine dans le secteur automobile, l'accès au marché laitier et l'exploitation de l'accord par des tiers, notamment la Chine.
Les États-Unis n'ont pas accepté de renouveler l'ACEUM sous sa forme actuelle. Par conséquent, l'ACEUM n'est pas renouvelé.
Réactions politiques
Marcelo Ebrard, le ministre mexicain de l'Économie, a déclaré que son gouvernement répondrait aux préoccupations des États-Unis concernant la dépendance vis-à-vis du commerce extérieur. La présidente Claudia Sheinbaum a minimisé l'échéance, déclarant aux journalistes que « ce n'était pas aujourd'hui une date limite » et que la coopération se poursuivrait. Dominic LeBlanc, le ministre canadien du Commerce, a affirmé que l'accord reste en vigueur jusqu'en 2036 et qu'Ottawa continuerait à chercher des solutions aux tarifs douaniers imposés par Trump sur l'acier, l'aluminium, les voitures et le bois d'œuvre. Trump lui-même avait déclaré en juin que les États-Unis « n'ont besoin de rien de ce que le Canada ou le Mexique possèdent », tout en qualifiant plus tôt l'accord de 2020 de « meilleur et plus important accord commercial jamais signé ».
Nous n'avons besoin de rien de ce que le Canada ou le Mexique possèdent.
Le meilleur et le plus important accord commercial jamais signé.
Implications économiques
Le passage à des examens annuels injecte de l'incertitude dans les chaînes d'approvisionnement du continent, frappant particulièrement durement les secteurs de l'automobile, de l'agroalimentaire et de l'énergie. La Chambre de commerce américaine a averti que l'industrie manufacturière et l'agriculture dépendent fortement de la stabilité transfrontalière. En revanche, des groupes sidérurgiques nationaux, dont l'American Iron and Steel Institute, ont salué cette décision, arguant que les examens annuels donnent aux négociateurs américains plus de marge de manœuvre pour corriger certaines parties de l'accord. Les États-Unis ont déjà imposé des droits de douane de 25 % sur les importations automobiles en provenance du Mexique et du Canada, et de 50 % sur les métaux, ce qui aggrave les frictions commerciales. L'accord sous-tend environ 2 billions de dollars d'échanges chaque année, soit l'équivalent d'environ 5 milliards de dollars par jour.
- Entrée en vigueur de l'ACEUM, remplaçant l'ALENA
- Les États-Unis refusent de renouveler l'ACEUM sous sa forme actuelle ; examens annuels déclenchés
- Troisième cycle de négociations bilatérales avec le Mexique prévu
- Expiration de l'ACEUM si aucun renouvellement unanime n'est trouvé
Prochaines étapes
Les trois pays se réuniront désormais chaque année pour examiner et potentiellement renégocier les termes. Un troisième cycle de pourparlers bilatéraux entre les États-Unis et le Mexique est prévu pour la semaine du 20 juillet 2026. Selon les termes originaux de l'ACEUM, l'absence de renouvellement unanime déclenche un compte à rebours de dix ans avant l'expiration, avec une date d'échéance fixée au 1er juillet 2036 si aucun accord n'est trouvé. La décennie à venir sera une période de négociations quasi continues sur les règles qui régissent l'une des plus grandes relations commerciales au monde.


