François Bayrou propose un calendrier de primaire centriste avant l'élection présidentielle de 2027
Le président du MoDem François Bayrou a présenté les règles d'une primaire centriste en ligne pour désigner un candidat unique à la présidentielle d'ici février, appelant ses rivaux à s'unir pour éviter un second tour entre les extrêmes.
La proposition de primaire
Lors du congrès du MoDem à L'Isle-sur-la-Sorgue dans le Vaucluse le 20 septembre 2026, le président du parti François Bayrou a présenté une proposition visant à organiser une primaire pour ce qu'il a appelé le fleuve central. Le leader du MoDem a soutenu que les forces modérées, des sociaux-démocrates aux gaullistes, doivent s'unir derrière une seule bannière pour l'élection présidentielle de 2027. Bayrou a prévenu que diviser le vote modéré au premier tour aboutirait à un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qualifiant un tel résultat de menace mortelle pour la France.
Si nous ne sommes pas ensemble, ces forces qui se sont opposées pendant longtemps, des sociaux-démocrates aux gaullistes, y compris bien sûr tous ceux qui sont engagés au centre, il n'y a aucune chance que nous gagnions.
Règles et calendrier de sélection
Bayrou a détaillé des conditions spécifiques pour déterminer un candidat unique. Les candidats potentiels devraient passer un filtre de qualification exigeant le parrainage de dix parlementaires avant la fin octobre. La proposition prévoit deux mois jusqu'à fin décembre pour des débats télévisés et des réunions de campagne entre les candidats. Le premier tour de vote aurait lieu en ligne vers le 15 janvier, suivi quinze jours plus tard d'un second tour. Ce calendrier vise à produire un candidat convenu d'ici début février pour éviter la fragmentation politique.
- Les candidats soumettent les parrainages de dix parlementaires pour se qualifier
- Les candidats organisent des rassemblements de campagne et participent à des débats télévisés
- Les électeurs votent lors du premier tour en ligne
- Le second tour a lieu quinze jours après le premier tour
- Le bloc centriste confirme un candidat unique pour l'élection présidentielle
Appels directs aux figures rivales
Lors de son discours de clôture, Bayrou a adressé des remarques spécifiques aux anciens Premiers ministres Édouard Philippe et Gabriel Attal. Philippe a rejeté à plusieurs reprises le concept de primaire, tandis qu'Attal ne l'a pas formellement exclu. Bayrou, qui a confirmé qu'il ne se présentera pas personnellement à la présidentielle, a soutenu qu'une victoire à la primaire conférerait une plus grande autorité à celui qui représentera le bloc modéré. Il a mis les deux dirigeants au défi de soumettre leurs candidatures aux électeurs français plutôt que d'éviter la concurrence.
De quoi avez-vous peur ? Où est le problème ? Vous serez choisis par le peuple français. Et vous aurez une légitimité supplémentaire.
Positionnement du parti et résistance politique
Le MoDem évalue son avenir après dix ans au gouvernement aux côtés d'Emmanuel Macron, suite à l'alliance établie en 2017. Les responsables du parti ont souligné l'objectif de préparer une succession ordonnée à la fin du second mandat de Macron. Durant le week-end, Bayrou a invité plusieurs personnalités politiques extérieures à la conférence, dont l'ancien Premier ministre de centre-gauche Bernard Cazeneuve, l'ancien ministre Jean-Louis Borloo et Xavier Bertrand, tout en citant l'ancien commissaire européen Thierry Breton comme candidat potentiel.
Malgré l'appel de Bayrou, aucun des invités n'a approuvé le mécanisme de primaire. Xavier Bertrand, le président du conseil régional des Hauts-de-France qui entend poursuivre sa propre candidature présidentielle, a exprimé son opposition à la compétition. Des résistances sont également venues d'Hervé Marseille, le leader des sénateurs centristes au Sénat français. Marseille a soutenu que les débats interpartis étaient inappropriés pendant les négociations budgétaires parlementaires, les prix élevés du carburant et les tensions internationales.
Je ne crois pas, et c'est une différence que je peux avoir avec François, à ce mécanisme de second tour. Ce n'est pas le moment d'être insulaire et de parler de nos petits problèmes.


