
Bayer cède une participation minoritaire dans son unité de contraceptifs à Apollo pour 3 milliards d'euros afin d'alléger sa dette liée aux litiges
Le groupe pharmaceutique allemand conservera la majorité et le contrôle opérationnel total de son activité de contraceptifs réversibles à action prolongée, en pleine croissance, et utilisera les liquidités pour renforcer un bilan fragilisé par les litiges liés au Roundup.
Bayer a fait entrer Apollo Global Management comme investisseur minoritaire dans son activité de contraceptifs réversibles à action prolongée (LARC), une transaction qui injecte 3 milliards d'euros de fonds propres dans le groupe basé à Leverkusen. L'accord, annoncé vendredi, crée une nouvelle entité abritant les marques de dispositifs intra-utérins Mirena, Kyleena et Jaydess. Bayer conserve une participation majoritaire, garde le contrôle opérationnel total et continuera de consolider l'unité dans ses états financiers.
Nous augmentons notre flexibilité financière compte tenu des besoins de liquidités accrus cette année en raison des échéances obligataires et des litiges, tout en continuant à mettre en œuvre nos priorités stratégiques à long terme.
Pourquoi Bayer a besoin de liquidités
L'investissement d'Apollo est la dernière étape des efforts de Bayer pour réparer un bilan malmené par des années de litiges aux États-Unis concernant son désherbant Roundup. L'entreprise a déjà dépensé plus de 10 milliards de dollars pour des réclamations alléguant que le glyphosate, le principe actif de l'herbicide, provoque le cancer. Bayer nie ces allégations, invoquant les conclusions des autorités réglementaires selon lesquelles le produit est sûr lorsqu'il est utilisé conformément aux instructions.
En février, Bayer a annoncé un accord de class action de 7,25 milliards de dollars visant à résoudre les futures réclamations liées au Roundup. Le financement immédiat de cet accord, ainsi que les prochaines échéances obligataires, devait être couvert par une facilité de prêt bancaire de 8 milliards de dollars avant d'être refinancé par de la dette et des instruments de capital hybrides. Le mois dernier, la Cour suprême des États-Unis a donné un coup de pouce significatif à Bayer en statuant que l'entreprise ne peut pas être poursuivie pour ne pas avoir inclus d'avertissement sur le risque de cancer sur l'emballage de son désherbant, une décision qui devrait affaiblir des milliers de poursuites en cours.
L'activité de contraceptifs
La franchise LARC est l'une des unités pharmaceutiques les plus dynamiques de Bayer. Les ventes de cette famille de produits ont augmenté de 12,5 % en base ajustée des effets de change et de portefeuille, pour atteindre 1,37 milliard d'euros en 2025, portées par une forte demande aux États-Unis. L'activité reste intégrée à la division pharmaceutique principale de Bayer et la société a refusé de divulguer la taille exacte de la participation cédée ou les détails financiers de la nouvelle entité.
Un capital structuré, pas un rachat
Cette transaction reflète une tendance plus large des fonds de capital-investissement à privilégier les opérations de capital structuré plutôt que les acquisitions complètes. Apollo a présenté cet investissement comme une opération emblématique de sa plateforme High Grade Capital Solutions.
Cette transaction reflète l'objectif principal de notre plateforme 'High Grade Capital Solutions' — à savoir fournir aux entreprises de premier ordre des capitaux importants, flexibles et sur mesure.
La transaction devrait être finalisée au troisième trimestre 2026. Une audience judiciaire finale sur l'accord de class action de 7,25 milliards de dollars relatif au Roundup est prévue le 19 août.
La restructuration du portefeuille se poursuit
Plus tôt ce mois-ci, Bayer a transféré son activité américaine de glyphosate dans une filiale à part entière, une démarche qui sépare davantage l'héritage du Roundup du reste du groupe. L'accord avec Apollo et la restructuration du glyphosate montrent ensemble une entreprise qui tente d'isoler le risque contentieux tout en préservant des moteurs de croissance comme la franchise de contraceptifs.
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- Bayer transfère son activité américaine de glyphosate dans une filiale à part entière
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- Audience judiciaire finale sur l'accord de class action de 7,25 milliards de dollars sur le Roundup


