La cérémonie
Javier Bardem a reçu le prix d'honneur du 21e Festival du film de Rome le 17 octobre 2026, remis par le réalisateur Paolo Sorrentino dans la Sala Sinopoli de l'Auditorium Parco della Musica. La remise coïncidait avec la projection au festival d'El ser querido, réalisé par Rodrigo Sorogoyen, déjà présenté en compétition à Cannes. Avant d'entrer, Bardem a passé du temps sur le tapis rouge à signer des autographes et à prendre des selfies avec des fans derrière les barrières. Il a ensuite posé pour les photographes, est revenu sur ses pas et s'est assis parmi eux, un moment qu'Adnkronos a qualifié parmi les plus marquants du festival. Dans la salle, un montage de deux minutes retraçant quatre décennies de ses films a été diffusé, d'Almodóvar à Mare dentro, selon La Repubblica.
Mises en garde sur le pouvoir et les droits
Sur le tapis rouge, le propos de Bardem est passé du poids culturel de Rome à la politique du XXe siècle. Il a cité les poètes, écrivains, peintres et musiciens qui ont décrit la ville, avant de rappeler que l'Italie avait aussi produit Mussolini. Lorsque les citoyens renoncent à leurs responsabilités et confient le pouvoir à des gens opposés aux droits humains fondamentaux, a-t-il soutenu, des dirigeants de ce type peuvent suivre, et il a cité Franco, Hitler et Netanyahu dans la même phrase. Il a résumé son propos en une ligne :
« Mais c'est aussi Franco, et c'est Hitler, et c'est Netanyahu. »
Il a également décrit le cinéma comme un remède à ce qu'il appelle une époque de déconnexion, où les gens se sentent en contact tout en s'éloignant les uns des autres et en construisant des bunkers autour d'eux. Dans une salle obscure, a-t-il dit, on s'assoit à côté de ses amis et de ses ennemis et l'on vit un parcours émotionnel plutôt que de simplement regarder. Il a cité Huit et demi comme son film italien préféré, qu'il revoit chaque année, y trouvant à chaque fois quelque chose de nouveau.
Mobilisations de la jeunesse en Europe
Bardem a profité du tapis rouge pour soutenir les jeunes descendus dans la rue, qualifiant leurs manifestations de signe de vitalité et d'espoir. Il a estimé que les adultes devaient rester proches d'eux par leur présence, personnelle comme professionnelle. Selon lui, le mouvement né en Espagne s'est étendu à la France et à l'Italie, et une manifestation importante avait eu lieu à Rome le jour même. Il a dit avoir vu de nombreux jeunes sur le tapis et avoir été frappé par leur envie de voir des films consistants, loin du streaming et de l'algorithme. Victoria Luengo, sa partenaire dans El ser querido, a déclaré à RTVE que les gens sont très fatigués et en colère parce que la situation est devenue insoutenable, reliant cette colère aux politiques gouvernementales et à la montée du fascisme dans le monde.
Sorrentino et le prix
Sorrentino a présenté Bardem au public en saluant un acteur formidable et s'est dit heureux de lui remettre le prix. Il a plaisanté en disant que Bardem lui répète qu'ils devraient tourner un film ensemble, une affirmation qu'il jugeait probablement fausse mais formulée avec tant de passion qu'il avait choisi d'y croire. Interrogé par des journalistes sur son envie de travailler avec un réalisateur italien, Bardem a souri et répondu « bien sûr, qui ne le voudrait pas ? ».
« Je suis très heureux de remettre ce prix à un acteur formidable. »
En recevant son prix, Bardem a remercié le festival, s'est excusé pour son « italien épouvantable » et a déclaré que les prix devaient être reçus, remerciés et célébrés, puis oubliés.
« Je crois qu'ils doivent être reçus, remerciés et célébrés, puis oubliés, afin de pouvoir continuer à avancer et à grandir. »
Il a dit espérer continuer à mériter cet honneur par son travail à venir. Movies Inspired sortira El ser querido dans les salles italiennes le 12 novembre.