
Aznar appelle Feijóo à bâtir une « majorité nationale » contre Sánchez, estimant que les prochaines élections décideront d’un « changement de système »
L’ancien Premier ministre espagnol José María Aznar a exhorté Alberto Núñez Feijóo à rassembler une majorité large et centriste, de gauche comme de droite, arguant que les prochaines élections générales sont une bataille pour l’ordre constitutionnel, et non un simple changement de gouvernement.
Discours au Nueva Economía Fórum
José María Aznar, ancien Premier ministre espagnol et président de la fondation FAES, a prononcé un discours vigoureux mercredi lors d’un petit-déjeuner du Nueva Economía Fórum à Madrid. Lors de cet événement, où il a présenté la porte-parole du PP au Congrès, Ester Muñoz, Aznar a lancé un appel à l’action pour les prochaines élections générales, actuellement prévues en 2027. Il a déclaré que le moment du scrutin est secondaire ; ce qui importe est que les électeurs comprennent l’enjeu.
Ce qui importe dans les prochaines élections générales, ce n’est pas quand elles seront convoquées, mais de bien comprendre ce qu’elles décideront.
Le concept de « majorité nationale »
Aznar a exhorté le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, à constituer une « majorité nationale » qu’il a définie comme une « majorité large, centriste, capable d’attirer à la fois la droite et la gauche autour d’un projet historiquement reconstructeur ». Il a insisté sur le fait que « cette majorité sera nationale ou ne sera pas », et a appelé à un programme capable de susciter une adhésion massive. L’ancien dirigeant a souligné que l’unité ne signifie pas penser de la même manière, mais « agir ensemble » pour résoudre des problèmes communs à partir d’une position de désaccord et de respect institutionnel.
Critique du gouvernement Sánchez
Aznar a dépeint l’exécutif actuel comme un « otage volontaire de ses partenaires » ayant signé un « pacte faustien » avec des minorités radicales, livrant « l’âme de l’État » en échange d’un « pouvoir médiatisé ». Il a accusé la majorité gouvernementale d’être « purement négative », unie uniquement pour bloquer l’alternance et mener un « pillage de l’État ». L’ancien Premier ministre a présenté la prochaine compétition électorale comme un choix entre « la survie ou la liquidation » de la nation constitutionnelle et de l’égalité devant la loi.
Je n’hésite pas à dire que ce seront les élections les plus importantes de toute notre histoire démocratique récente. Parce que nous ne jouons pas un changement de gouvernement, mais un changement de système.
Blocage parlementaire et ouvertures
Aznar a décrit une pathologie parlementaire : le gouvernement ne dissout ni les chambres ni ne provoque un vote de confiance, tandis que le Congrès ne peut pas assembler une motion de censure constructive. Il a reconnu que Junts, le parti de Carles Puigdemont, avait évoqué la « voie Starmer » appelant Sánchez à démissionner, mais il a interprété la position du groupe indépendantiste comme ne voulant que le respect des accords existants sur l’amnistie et la plurinationalité. Aznar a néanmoins laissé la porte ouverte à compter sur Junts dans une future motion de censure, déclarant que si des majorités existent déjà pour exiger la démission de Sánchez, la tâche est d’en construire une qui puisse abattre son mur.
Ester Muñoz, pour sa part, a remis en question la précipitation et l’externalisation dans la gestion par le gouvernement de la « loi des petits-enfants » pour la nationalité, tout en réaffirmant que le PP a toujours soutenu les droits à la nationalité des Espagnols exilés.


