
Un tribunal portugais acquitte l'ancien maire de Gaia Eduardo Vítor Rodrigues dans l'affaire des dépenses de matchs de football
Un tribunal de Vila Nova de Gaia a acquitté l'ancien maire Eduardo Vítor Rodrigues et deux collaborateurs municipaux des accusations de détournement de fonds et de prévarication liées à des billets et des déplacements pour des matchs du FC Porto.
La justice relaxe l'ancienne direction municipale
Le tribunal de Vila Nova de Gaia a acquitté le 4 septembre 2026 l'ancien maire Eduardo Vítor Rodrigues de prévarication, détournement de fonds et falsification de documents. Le jugement a également blanchi l'ancien vice-président municipal Patrocínio Azevedo, précédemment condamné dans l'affaire Babel, ainsi que l'ancien secrétaire de la présidence municipale. La chambre judiciaire a déclaré l'acte d'accusation du parquet contre les trois prévenus totalement infondé. Le verdict devait initialement être rendu le 7 juillet 2026 avant d'être reporté à septembre. Lors de la lecture du jugement, le président du tribunal a déclaré que le témoignage de Rodrigues était corroboré par des éléments de preuve démontrant un partenariat municipal formel avec le club de football FC Porto.
Appréciation judiciaire des décisions de déplacement
Le procès portait sur les autorisations municipales couvrant les déplacements et les billets pour les matchs du FC Porto en Ligue des champions de l'UEFA. Le tribunal a conclu que l'envoi de délégations à l'étranger constituait des choix politiques soumis au contrôle public des électeurs plutôt que des infractions pénales. Le président du tribunal a noté que, bien que les décisions de dépenses puissent être considérées comme critiquables et moralement répréhensibles, elles relevaient des limites du pouvoir discrétionnaire de l'exécutif. Les juges ont déterminé qu'Azevedo et l'ancien secrétaire avaient simplement suivi les directives administratives de Rodrigues pour traiter les frais de déplacement de la délégation sans commettre de faute.
Arguments du parquet et demandes de peine
Le ministère public a soutenu que Rodrigues avait autorisé des fonds municipaux à deux reprises, en 2015 et 2016, pour des voyages à l'étranger qui étaient récréatifs plutôt qu'institutionnels. L'accusation a affirmé que ces dépenses avaient causé un préjudice financier de plus de 15 800 euros aux caisses municipales. Lors des plaidoiries finales le 23 juin 2026, les procureurs ont requis une peine de prison de quatre à six ans pour Rodrigues. Le parquet a également demandé des peines d'emprisonnement avec sursis de trois à quatre ans pour Azevedo et l'ancien secrétaire de la présidence.
- Une première délégation municipale assiste à un match de Ligue des champions du FC Porto à l'étranger
- Une deuxième délégation municipale se rend à un match de football international
- Eduardo Vítor Rodrigues démissionne de son poste de maire après une décision de justice pour usage abusif d'un véhicule électrique
- Le ministère public requiert de quatre à six ans de prison lors des plaidoiries finales
- Le tribunal de Vila Nova de Gaia acquitte les trois prévenus de toutes les accusations pénales
Contexte politique et démission antérieure
Rodrigues a dirigé la municipalité de Vila Nova de Gaia pour le Parti socialiste pendant 12 ans, de 2013 à 2025. Il a démissionné de son poste de maire en juin 2025 après qu'un tribunal a prononcé une peine de perte de mandat pour son usage personnel d'un véhicule électrique municipal. Lors du procès des matchs de football, Rodrigues a assumé l'entière responsabilité de l'autorisation des voyages, affirmant que les décisions étaient claires, publiques et prises dans le cadre des compétences légales municipales. La défense a soutenu que la procédure n'avait pas prouvé l'intention de nuire aux deniers publics ou d'accorder des avantages personnels illicites aux participants.
Réactions à l'acquittement
Après le verdict du 4 septembre 2026, Rodrigues a exprimé sa frustration face à la procédure judiciaire longue d'une décennie malgré l'acquittement. Il a réitéré que les participants étaient des personnes exerçant des fonctions institutionnelles qui représentaient la municipalité.
Le ministère public est le garant de la légalité, mais parfois il ressemble à une sorte d'agent hostile animé de haine envers les politiciens. Les politiciens ne méritent pas cela, et il n'est pas bon non plus pour le ministère public que cela se produise, car ensuite la vérité est démontrée, même si les marques ne quittent jamais le corps de ceux qui, comme moi, se sentent victimes.
Rodrigues a attribué l'enquête à des plaintes anonymes générées par l'opposition à ses politiques en matière de transports et d'investissements dans l'aire métropolitaine de Porto. Il a déclaré que la décennie de suspicion lui avait imposé de lourds coûts personnels alors qu'il avait agi de bonne foi tout au long de sa carrière politique.


