
La Banque européenne d'investissement accorde à Airbus un prêt record de 3 milliards d'euros pour stimuler l'innovation aérospatiale et la compétitivité industrielle
La Banque européenne d'investissement a signé une première tranche d'un milliard d'euros d'un ensemble de financement inédit de 3 milliards d'euros pour Airbus, visant à soutenir la recherche, le développement et l'innovation du constructeur aéronautique jusqu'en 2030, alors que l'UE affine sa stratégie industrielle.
L'accord
La Banque européenne d'investissement (BEI) a engagé 3 milliards d'euros (3,42 milliards de dollars) en faveur d'Airbus, ce que les deux parties ont décrit comme le plus important prêt d'entreprise jamais autorisé par le bras financier de l'UE. Une première tranche d'un milliard d'euros a été signée lundi à Bruxelles, le reste devant être versé ultérieurement dans le cadre du même dispositif.
Ce financement renforce la profondeur de notre partenariat stratégique avec la BEI, en soutenant la recherche commerciale et de défense qui alimente la compétitivité industrielle européenne. Des conditions extrêmement compétitives et une flexibilité étendue nous offrent la marge de manœuvre maximale pour gérer notre bilan, minimiser le coût de portage et soutenir nos investissements à long terme dans l'innovation aérospatiale.
Contexte stratégique
Ce financement s'inscrit dans le cadre de l'initiative TechEU de la BEI, conçue pour canaliser les capitaux vers les technologies critiques et renforcer la souveraineté technologique de l'UE face à l'intensification de la concurrence des États-Unis et de la Chine. Il fait suite à une récente initiative d'Airbus, Thales et Leonardo visant à regrouper leurs activités satellitaires pour créer un rival européen à Starlink d'Elon Musk.
Le groupe BEI mobilise tout son potentiel pour renforcer l'autonomie technologique, la base industrielle et la compétitivité économique de l'Europe.
Modalités et périmètre d'investissement
Airbus utilisera les prêts pour financer jusqu'en 2030 des investissements dans les technologies avancées pour l'aviation commerciale, ainsi que dans les systèmes de sécurité et de défense. Les projets seront réalisés en France, en Allemagne et en Espagne, renforçant les écosystèmes aérospatiaux et de défense du continent. La BEI a souligné les longues échéances et la structure de financement prévisible de l'ensemble, qui offrent une flexibilité à Airbus sans constituer le type d'aide directe au lancement ayant déclenché les précédents litiges de l'OMC avec les États-Unis au sujet des subventions à Boeing.
Ce nouveau financement, d'un montant sans précédent dans l'histoire de la BEI, vise à donner à Airbus non seulement la capacité mais aussi la flexibilité nécessaires pour investir à long terme dans la recherche, le développement et l'innovation, tant dans le domaine de l'aviation commerciale que dans celui de la sécurité et de la défense.
Cérémonie de signature
La signature à Bruxelles s'est déroulée en présence de la présidente de la BEI, Nádia Calviño, du directeur général d'Airbus, Guillaume Faury, du directeur financier, Thomas Toepfer, et de plusieurs vice-présidents de la BEI, dont Robert de Groot, Ambroise Fayolle et Nicola Beer. Calviño a présenté l'accord comme une réponse directe aux appels des États membres en faveur d'un investissement accru de la BEI dans la défense et la compétitivité, allant au-delà des financements traditionnels de la recherche et des infrastructures.


