Affrontements entre jeunes et policiers à la gare de Bruxelles-Midi, incendies et véhicules endommagés
Plusieurs centaines de jeunes se sont affrontés avec la police près de la gare de Bruxelles-Midi lundi 12 octobre, allumant un feu de camp, lançant des feux d'artifice et endommageant des véhicules. Les forces de l'ordre ont riposté avec du gaz lacrymogène et un canon à eau, alors que la mobilisation des jeunes contre les coupes dans l'enseignement se poursuivait.
Affrontements près de la gare de Bruxelles-Midi
Plusieurs centaines de jeunes se sont rassemblés sur l'esplanade de l'Europe, devant la gare de Bruxelles-Midi, la principale gare de Bruxelles, lundi 12 octobre, pendant une grève du secteur public. Selon l'ANSA, certains ont allumé un feu de camp à quelques pas de l'entrée de la gare tandis que d'autres lançaient des feux d'artifice sur les policiers, qui ont riposté avec du gaz lacrymogène pour disperser la foule. De Standaard a rapporté que vers midi, plusieurs groupes ont endommagé des véhicules à Bruxelles-Midi, incendié une voiture et mis le feu à des trottinettes électriques et des vélos en libre-service, avant un jeu du chat et de la souris avec la police. Les forces de l'ordre ont utilisé un canon à eau et du gaz lacrymogène, et De Standaard indiquait qu'on ne savait pas encore si des personnes avaient été interpellées. Le Soir, citant Het Laatste Nieuws, a fait état d'un incendie à proximité de la gare, de plusieurs voitures endommagées et de fumée visible.
- Une manifestation syndicale à Bruxelles rassemble plus de 30 000 personnes, selon De Standaard, tandis que de nombreux jeunes protestent contre les économies dans l'enseignement
- La police contrôle et fouille des jeunes à Bruxelles-Central et disperse un rassemblement non autorisé à la gare Centrale
- Des groupes endommagent des véhicules et incendient une voiture, des trottinettes électriques et des vélos près de Bruxelles-Midi ; la police utilise un canon à eau et du gaz lacrymogène
Journée de grève et dispositif policier
Le rassemblement coïncidait avec une grève dans les services publics lancée par le syndicat socialiste ACOD, alors qu'une protestation scolaire avait également été appelée, selon De Standaard. L'appel à descendre dans la rue avait circulé sur les réseaux sociaux dans les jours précédents, selon l'ANSA. Tôt lundi, un rassemblement spontané et non autorisé devant la gare Centrale a été dispersé par la police. De Standaard a rapporté que la police bruxelloise était visiblement présente à Bruxelles-Central dès le matin, contrôlant et fouillant plusieurs jeunes, et que la situation y était calme. Le Soir, citant BX1, a rapporté une importante présence policière à la gare Centrale et des contrôles préventifs aux abords de la gare pour prévenir de nouveaux désordres.
Protestations contre les économies dans l'enseignement
Les troubles font suite à une semaine de manifestations à travers la Belgique, principalement dans l'enseignement. De Standaard a rapporté qu'une manifestation syndicale à Bruxelles le vendredi 9 octobre a rassemblé plus de 30 000 personnes. De nombreux jeunes sont également descendus dans la rue ce jour-là pour protester contre les économies dans l'enseignement francophone. Si le défilé syndical s'est déroulé calmement, des affrontements ont éclaté entre jeunes émeutiers et policiers, selon De Standaard.
Réactions politiques au parlement
Lors de la séance plénière du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans la semaine du 5 octobre, la mobilisation des jeunes a provoqué des échanges tendus, selon 7sur7. Des députés de l'opposition PS, PTB et Ecolo ont critiqué les mesures à l'origine du mécontentement et la réponse du gouvernement. Christie Morreale du PS, ancienne ministre, a accusé le gouvernement d'avoir rompu sa promesse de septembre de revenir au dialogue.
Vos mesures sont perçues par nos jeunes comme injustes et violentes.
Amandine Pavet du PTB a déclaré qu'il était logique que les jeunes descendent dans la rue et a opposé les coupes dans l'enseignement et les transports publics aux dépenses de défense.
Vous leur dites qu'il n'y a pas d'argent pour leur éducation, pour les transports publics... mais vous dilapidez des milliards pour un avenir de guerre et de violence !
Barbara Trachte d'Ecolo a qualifié la réponse du gouvernement de condescendante et a estimé que mépriser les jeunes était contre-productif. Au sein de la majorité, Diana Nikolic du MR a condamné la violence tout en appelant à respecter le choix des élèves qui veulent suivre les cours. Sophie Fafchamps des Engagés a également condamné la violence mais a demandé que la protestation ne soit pas réduite à des débordements de jeunes, affirmant que leurs inquiétudes pour l'avenir sont réelles.

