
Le procureur de la Cour suprême grecque classe l'affaire des écoutes Predator pour la troisième fois malgré de nouvelles preuves et une condamnation
Le procureur de la Cour suprême grecque, Evangelos Bakelas, a rejeté le 7 août 2026 les quatre demandes de réouverture de l'enquête sur le logiciel espion Predator, classant l'affaire pour la troisième fois consécutive, malgré une condamnation en février et de nouvelles preuves en provenance d'Israël.
Troisième classement de l'affaire des écoutes
Le procureur de l'Aréopage (Cour suprême), Evangelos Bakelas, a rejeté les quatre demandes de réouverture de l'enquête sur le scandale du logiciel espion Predator en Grèce, maintenant le dossier classé pour la troisième fois consécutive. La décision, rendue par des actes séparés le 7 août 2026, a estimé qu'aucun élément nouveau substantiel n'avait été soumis pour justifier la réouverture de l'enquête. Les quatre demandes avaient été déposées par l'ancien Premier ministre Antonis Samaras, l'ancien ministre Christos Spirtzis, le journaliste Thanasis Koukakis et l'avocat Zacharias Kesses, qui représente les victimes de la surveillance et avait soumis des éléments judiciaires en provenance d'Israël concernant Tal Dilian.
La condamnation de février et les nouvelles preuves
En février 2026, le tribunal correctionnel à juge unique d'Athènes a condamné quatre accusés dans l'affaire Predator : Tal Dilian, Felix Bitziou, Yiannis Lavranos et Sara Alexandra Chamou. Le tribunal a prononcé des peines totales de 126 ans et huit mois, dont huit ans ferme, et a ordonné la transmission de la procédure judiciaire pour enquêter sur les responsabilités potentielles d'autres personnes. Dilian a déclaré à plusieurs reprises publiquement que sa société Intellexa n'avait coopéré qu'avec des agences gouvernementales et que des documents existent prouvant que la société a vendu le logiciel de surveillance illégal aux services de sécurité grecs. Malgré ces développements, Bakelas a estimé que les conclusions du procès n'étaient pas suffisantes pour justifier la réouverture du dossier et que, pour des raisons juridiques, les personnes impliquées comme Dilian ne peuvent pas être interrogées en tant que témoins.
Réactions du représentant légal
L'avocat Zacharias Kesses, représentant les victimes de la surveillance, a lancé une attaque virulente contre la décision, accusant le procureur de dissimulation délibérée.
Il ne mène aucune enquête sur l'affaire, il n'a appelé aucun témoin, il n'a examiné aucun téléphone portable, il n'a pas demandé les documents par le biais de la coopération judiciaire avec Israël qui ont été soumis par M. Dilian et avec lesquels il prétend avoir démontré qu'il a fourni l'État grec. Vous comprenez qu'ici le choix est la dissimulation.
Kesses a également déclaré que Bakelas avait « depuis longtemps prouvé qu'il faisait partie du problème » et avait choisi de servir un « relais de dissimulation » dans l'affaire des écoutes, l'accusant de construire des arguments juridiques qui fonctionnent comme des barrières procédurales à la révélation de la vérité.
Réactions politiques
La décision a suscité de vives réactions de la part des partis d'opposition. SYRIZA a accusé le gouvernement du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis de tenter d'enterrer le scandale, déclarant que l'affaire provenait du Maximos Mansion, le bureau du Premier ministre. Le parti a demandé qui avait donné les ordres, quel était le centre de surveillance unifié et quelle était la relation entre Predator et le Service national de renseignement (EYP).
Ils n'ont aucune honte. Mais la démocratie ne se classe pas.
Le parti ELAS, dirigé par Alexis Tsipras, a parlé d'une « osmose flagrante entre le gouvernement et la justice » qui expose la Grèce au niveau international en matière d'état de droit. PASOK-Kinema Allagis a également publié une déclaration critiquant la décision.
L'ampleur de la surveillance
Les articles notent que les personnes surveillées comprenaient des ministres, des officiers militaires supérieurs, des juges traitant d'affaires sensibles et des responsables des services de l'État. Les communications de ces personnes contenaient fréquemment des informations classifiées concernant le fonctionnement de l'État, la politique étrangère et la planification de la défense. L'enquête initiale a été menée par le procureur adjoint Achilleas Zisis il y a environ deux ans, aboutissant à des poursuites pénales contre seulement quatre personnes privées pour des délits, sans aucune conclusion liant l'EYP ou des responsables de l'État au logiciel illégal.
- Premières révélations sur le scandale des écoutes téléphoniques
- Le procureur adjoint Achilleas Zisis termine l'examen préliminaire ; la procureure Georgia Adilini annonce des poursuites contre seulement quatre personnes privées
- Le tribunal correctionnel à juge unique d'Athènes condamne quatre accusés ; peines totales de 126 ans et 8 mois prononcées
- Le procureur Evangelos Bakelas rejette les quatre demandes de réouverture du dossier ; classement pour la troisième fois consécutive


