
Le PS et le PSD trouvent un accord sur la prestation sociale unique, mais des divergences persistent sur le travail obligatoire
Le gouvernement de centre-droit du PSD et l'opposition de centre-gauche du PS se sont mis d'accord pour fusionner 13 prestations sociales en un paiement unique, une étape du Plan de relance et de résilience du Portugal, mais des déclarations contradictoires ont immédiatement émergé sur le maintien ou non d'une obligation de travail hebdomadaire de 15 heures pour les bénéficiaires.
Le 24 juin 2026, le Parti socialiste portugais (PS) et le Parti social-démocrate (PSD) au pouvoir sont parvenus à un accord pour approuver la Prestation sociale unique (Prestação Social Única, PSU), une réforme qui regroupe 13 allocations existantes en une seule prestation sous condition de ressources. L'accord garantit des centaines de millions d'euros de fonds européens de relance liés à cette étape, initialement fixée par un précédent gouvernement PS.
Ce que comprend l'accord
Les deux partis ont confirmé que la PSU sera mise en œuvre, le chef de file parlementaire du PS, Eurico Brilhante Dias, déclarant que la composante de travail social sera intégrée dans un plan d'insertion individualisé plutôt que présentée comme obligatoire. Le controversé canal de dénonciation anonyme, qui aurait permis aux citoyens de signaler des soupçons de fraude aux prestations, est supprimé. Le secrétaire général du PS, José Luís Carneiro, a souligné que l'obligation d'activité de 15 heures par semaine a été supprimée et que le contrôle sera désormais confié à l'Assemblée de la République par décret-loi, et non par arrêté ministériel.
Pour nous, dès la première heure, notre priorité a été de suivre les préoccupations des plus vulnérables, des plus fragiles de notre société, et nous n'avons donc jamais envisagé ces options politiques en termes de calcul partisan.
Obligatoire ou flexible? Récits contradictoires
Le chef de file parlementaire du PSD, Hugo Soares, a immédiatement contredit la version du PS, insistant sur le fait que l'« activité de solidarité sociale » reste obligatoire pour ceux qui sont en mesure de l'exercer, à raison de trois heures par jour, 15 heures par semaine, mais désormais intégrée dans un plan d'insertion personnalisé qui tient compte de la situation familiale de l'individu. Soares a qualifié la différence de « question rhétorique » et a donné des exemples tels que l'aide apportée à un conseil paroissial, l'accompagnement d'une personne âgée à un rendez-vous médical ou l'assistance dans une maison de retraite. La divergence laisse incertaine la possibilité de sanctions pour les bénéficiaires qui refuseraient de participer.
L'activité de solidarité sociale ne tombe pas et ne cesse pas d'être obligatoire.
Chega dénonce un accord qui abandonne la lutte contre la fraude
Le leader de Chega, André Ventura, a condamné l'accord PS-PSD, arguant qu'il démontre que le gouvernement a renoncé à la lutte contre la fraude aux prestations et à la dépendance aux subventions. Ventura a réitéré que son parti n'a jamais accepté un mécanisme permettant aux immigrants n'ayant jamais cotisé au système de sécurité sociale portugais d'accéder à la PSU, une position qu'il a qualifiée d'« irrévocable » et de principe fondamental. Il a accusé les deux grands partis de former un « bloc » intéressé, déclarant sur les réseaux sociaux qu'ainsi s'envole la volonté d'empêcher les personnes venant de l'étranger de vivre de subventions.
Quelle honte. Ainsi s'envole la volonté de lutter contre la fraude et la dépendance aux subventions. Ainsi s'envole la volonté d'empêcher ceux qui n'ont jamais cotisé de venir de l'extérieur pour vivre de subventions.
Réactions sur l'ensemble de l'échiquier politique
Le porte-parole de Livre, Rui Tavares, a salué le choix du gouvernement de négocier avec le PS plutôt qu'avec Chega, le qualifiant de « nouvelle importante et initialement bonne » et pressant le Premier ministre de clarifier sa position sur les futures négociations avant le débat sur l'état de la nation prévu le 16 juillet. Le Parti communiste portugais (PCP), par l'intermédiaire du député Alfredo Maia, a accusé le PSD d'une « tentative désespérée de trouver des alliés » pour imposer ce qu'il a qualifié de « nouvelle attaque contre les plus pauvres d'entre les pauvres ». Le député du Bloc de gauche, Fabian Figueiredo, a accusé le PSD de manquer de cap et a critiqué la tentative de négocier avec Chega pour durcir la proposition. Tous les partis de gauche ont signalé qu'ils examineraient le texte final.


