
Israël et le Liban signent un accord-cadre sous médiation américaine, mais le Hezbollah le rejette et les affrontements persistent
Un accord-cadre trilatéral signé à Washington vise à mettre fin à des décennies de guerre, mais le Hezbollah le qualifie de « nul et non avenu » et les combats se poursuivent dans le sud du Liban.
Israël et le Liban ont signé vendredi à Washington un accord-cadre négocié par les États-Unis, qui trace une voie vers une paix permanente et le désarmement du Hezbollah. En quelques heures, la milice soutenue par l’Iran a rejeté l’accord, des manifestations ont éclaté à Beyrouth et les forces israéliennes ont tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban. Dimanche, Israël a détruit un tunnel de 200 mètres rempli d’armes et un soldat israélien est mort dans des affrontements près de Deir Serjan.
L’accord-cadre
Après cinq rounds de négociations depuis avril, les ambassadeurs israélien et libanais ont signé le document en 14 points aux côtés du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Il déclare l’intention de mettre fin à l’état de guerre qui existe depuis 1948, de résoudre tous les différends et de construire des « relations de bon voisinage pacifiques ». Le texte appelle au désarmement vérifié des groupes armés non étatiques, citant le Hezbollah comme cible principale, et à la suppression des infrastructures associées. En retour, les forces israéliennes se retireraient progressivement de deux zones du sud du Liban, l’armée libanaise assumant la responsabilité sécuritaire dans des zones dites tests.
C’est le commencement du commencement. Beaucoup de travail reste à faire.
Un succès historique.
Un premier pas vers le rétablissement complet de la souveraineté de l’État sur son territoire.
Le rejet du Hezbollah
Le Hezbollah n’a pas participé aux négociations et a immédiatement dénoncé l’accord. Le chef Naim Kassem l’a qualifié d’« erreur grave » et a déclaré que la milice le considère comme « nul et non avenu ». Samedi soir, des partisans ont manifesté à Beyrouth. Kassem a ensuite décrit l’accord comme une « humiliation », une « honte » et une « capitulation de la souveraineté ». Le groupe insiste sur le fait qu’il ne désarmera pas, et l’Iran exige que toute résolution du conflit libanais soit négociée dans le cadre de l’accord-cadre américano-iranien signé à la mi-juin pour mettre fin à la guerre en Iran.
Nul et non avenu.
Les combats sur le terrain
Malgré un cessez-le-feu déclaré mais jamais mis en œuvre, la violence s’est poursuivie tout le week-end. Samedi, les troupes israéliennes ont tué plusieurs combattants du Hezbollah armés d’un missile antichar près de Nabatieh, à proximité de la zone de sécurité déclarée par Israël. Des frappes aériennes israéliennes ont visé des cibles autour de Nabatieh et des villages de Deir Serjan et Tajbeh ; le ministère libanais de la Santé a fait état d’au moins un mort et deux blessés. Dimanche, un soldat israélien de 21 ans a été tué lorsque des troupes sont entrées dans un bâtiment suspect à Deir Serjan et ont rencontré un combattant du Hezbollah. Cette mort porte les pertes militaires israéliennes à 38 depuis mars, lorsque le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre en Iran.
Destruction d’un tunnel
Le Premier ministre Netanyahu et le ministre de la Défense Israel Katz ont annoncé dimanche que l’armée avait détruit un tunnel du Hezbollah s’étendant sur plus de 200 mètres et atteignant une profondeur de plus de 25 mètres dans le sud du Liban. Il contenait des centaines d’armes et plusieurs rampes de lancement conçues pour viser des civils israéliens. Le gouvernement américain et son représentant au Liban ont été informés à l’avance. Le ministre de la Défense Katz a déclaré que les forces israéliennes avaient reçu l’ordre de se préparer à un séjour prolongé dans la zone de sécurité, qui s’étend jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.
- Israël et le Liban signent un accord-cadre trilatéral à Washington, sous médiation américaine.
- Des partisans du Hezbollah manifestent à Beyrouth ; le chef Naim Kassem rejette l’accord comme « nul et non avenu ».
- Des frappes aériennes israéliennes visent des combattants du Hezbollah près de Nabatieh, tuant au moins une personne.
- Israël détruit un tunnel du Hezbollah de 200 mètres dans le sud du Liban contenant des armes et des rampes de lancement.
- Un soldat israélien est tué lors d’affrontements avec le Hezbollah à Deir Serjan.
Perspectives
L’accord-cadre esquisse un processus fragile. Le refus du Hezbollah de désarmer et son contrôle sur certaines parties du Liban jettent le doute sur la mise en œuvre. L’armée libanaise devrait progressivement prendre en charge la sécurité, mais la structure militaire parallèle de la milice reste intacte. Des milliers de personnes ont été tuées et environ un million déplacées depuis que les forces israéliennes ont envahi le sud du Liban ce printemps. L’accord sous médiation américaine est l’effort diplomatique le plus concret depuis des années, mais la violence du week-end montre à quel point une paix durable reste lointaine.


