- 2025–2026Les autorités françaises mènent des auditions de témoins et de suspects
- 19 aoûtLe parquet de Bruxelles gèle plus de 65 millions d'euros d'actifs
- 4 sept.Les procureurs français et belges annoncent publiquement la saisie de 65,2 millions d'euros
Les autorités judiciaires belges et françaises ont saisi 65 244 757,07 euros auprès du cabinet de conseil McKinsey & Company dans le cadre d'une enquête pour fraude fiscale aggravée et blanchiment d'argent présumés. Le gel a été exécuté le 19 août 2026 par la Direction des Affaires internationales et européennes du parquet de Bruxelles suite à une demande d'entraide judiciaire du Parquet National Financier (PNF) français. Le procureur national financier français Pascal Prache et le procureur du Roi à Bruxelles Julien Moinil ont annoncé la mesure dans un communiqué conjoint le 4 septembre 2026. Les autorités ont déclaré que les fonds saisis représentent 96 % du préjudice fiscal estimé pour l'État français.
Origines de l'enquête fiscale
La procédure pénale remonte à mars 2022, suite à une commission d'enquête du Sénat français qui a examiné l'influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis 2017. L'enquête s'est concentrée sur un montage fiscal des entités françaises de McKinsey qui aurait permis au cabinet de ne payer aucun impôt sur les sociétés en France entre 2011 et 2020. Les enquêteurs français du Service d'Enquête Judiciaire des Finances (SEJF), réorganisé depuis en Office National Anti-Fraude (ONAF), ont effectué des perquisitions initiales dans les bureaux parisiens de McKinsey & Company Inc. France en mai 2022.
L'affaire a progressé en 2025 et 2026 avec des auditions formelles de témoins et de suspects. Suite à ces étapes, le PNF a demandé une assistance transfrontalière aux procureurs belges pour geler les actifs de l'entreprise. Les procureurs des deux pays ont noté que l'opération reflète la nécessité d'une stratégie judiciaire mondiale pour tracer, geler, saisir et confisquer les avoirs lors d'enquêtes financières complexes.
Réponse de McKinsey et position juridique
McKinsey a qualifié la saisie d'actifs d'étape procédurale standard dans le cadre d'une enquête préliminaire active, plutôt que d'une détermination définitive de responsabilité.
« Nous continuons à coopérer avec les autorités françaises et contestons toute faute de notre part. Nous réaffirmons notre engagement à remplir nos obligations fiscales en France et dans tous les pays où nous opérons. »
Dans des déclarations transmises à l'Agence France-Presse, l'entreprise a souligné que le gel conservatoire ne représente pas une décision judiciaire finale. L'enquête préliminaire menée par l'ONAF se poursuit, tandis que les procureurs déterminent s'il convient de renvoyer l'affaire au tribunal.
Séparation d'avec les enquêtes sur le financement des campagnes
Les responsables judiciaires français ont précisé que la saisie d'actifs de 65 millions d'euros est strictement confinée à l'affaire préliminaire de fraude fiscale des sociétés et ne s'étend pas aux enquêtes parallèles concernant les campagnes politiques. Les magistrats français mènent des enquêtes judiciaires distinctes sur les irrégularités des comptes de campagne et les soupçons de favoritisme liés au travail de conseil effectué lors des campagnes présidentielles d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022, ainsi qu'aux activités politiques de 2015 et 2016.
Ces enquêtes distinctes ont donné lieu à des perquisitions aux domiciles privés de dirigeants actuels et anciens de McKinsey, au siège parisien du cabinet de conseil et au ministère français de la Santé. Les enquêteurs dans les affaires de financement de campagne ont également perquisitionné les bureaux du parti Renaissance d'Emmanuel Macron et de son association de financement de campagne. Le PNF a souligné que l'action de recouvrement fiscal reste distincte des enquêtes sur les campagnes électorales.